Le Plessis fait sa mue artistique et joue l’ouverture

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Nouveau nom, nouvelle identité visuelle, nouveau site internet, nouvelle gouvernance, nouveau projet artistique… les annonces faites par José-Manuel Cano Lopez mardi doivent porter de nouvelles ambitions pour le Plessis-théâtre, renommé entre-temps « château du Plessis » comme pour mieux accentuer l’importance du lieu dans le projet artistique dévoilé et nommé de son côté « ouvertures ».

Pendant longtemps, le Plessis-théâtre s’est résumé pour le grand public (et beaucoup d’élus) à la Compagnie Cano-Lopez, du nom du directeur des lieux, José-Manuel Cano Lopez. Depuis deux ans et le conflit qui l’a opposé à la mairie de Tours, soucieuse de vendre le château du Plessis, ce dernier ne cesse cependant de mettre en avant les passerelles artistiques créées en ce lieu et de citer les nombreux artistes et compagnies en résidence à l’année, afin de montrer que le Plessis ne se résume pas qu’aux activités de sa propre compagnie.

Relire le paragraphe « Le Plessis c’est quoi ? » dans cet article de mai 2015

Lieu d’accueil pour beaucoup d’artistes locaux, le Plessis est devenu en effet au fil des ans une pépinière artistique ; un lieu de partage entre artistes de différents domaines (danse, théâtre, musique, arts plastiques…). Le projet « Ouvertures » présenté ce mardi vient affirmer et accentuer un peu plus cette particularité. Ce nouveau projet artistique pour l’année 2017 (« une première étape avant la suivante en 2018 » annonce déjà José-Manuel Cano Lopez), s’inscrit ainsi dans un projet global imaginé comme une « nouvelle quête en direction des cultures communes et partagées » et dont le but avoué est de faire « tomber les barrières » entre artistes et disciplines artistiques mais aussi avec les publics appelés à devenir de véritables usagers des lieux (voir plus bas).

Un projet artistique qui reposera sur plusieurs axes : les résidences, le travail de formation, les manifestations publiques et qui sera centré autour d’une thématique commune par année. Pour 2017, le choix est porté sur le thème de l’altérité, c’est à dire de l’autre.

Un projet artistique basé sur le partage

Partage, un mot largement utilisé en Touraine ces derniers temps, que le Plessis s’approprie et veut mettre en œuvre à travers des axes concrets. Le premier sera le partage des lieux avec des résidents permanents regroupés au sein d’un collectif, le GRAP comme Groupe de Recherche Artistique Permanente. Un groupe qui constitue le cœur de ce projet artistique et qui est composé de 17 artistes et compagnies musicaux, de théâtre, des arts plastiques et visuels, de danse… (Groupe K., Cie Rag Bag, Madera Em, Beat Matazz, Nep, Cie Elan pour la vie…). Pour ancrer ce changement et ce nouveau virage, mais aussi pour mieux se fondre dans ce nouvel ensemble, la Compagnie Cano Lopez change de nom elle-aussi en devenant le Groupe K.

Un groupe de résidents permanents appelés à épauler des résidents plus ponctuels, pour l’essentiel des jeunes artistes en voie de professionnalisation. Ces résidences 2017 sont au nombre de 19 nous fait-on savoir (Ephèbe, Les Pompiers – Collectif Capsul, Compagnie Veiculo Longo, Marie Cherrier, Malakit, les Arpents d’Art…).

Le deuxième axe est donc le partage avec le public. Et pour se faire et confronter les travaux artistiques au public, trois types de manifestations ont été pensées :

  • Les parcours Inspire-Expire : Des rencontres avec le public en début de recherche (Inspire) ou des représentations en sortie de résidence (Expire). .

  • Les week-ends multiples : Temps forts pendant lesquels la programmation voulue comme innovante et pluridisciplinaire sera issue de travaux communs des artistes et collectifs en résidences.

  • Le Kabinet Havel : Des rendez-vous de réflexion animés par des sociologues, philosophes, écrivains ou encore cinéastes.

Toute la programmation est à retrouver sur le site du Plessis

La volonté de transformer le public en usager des lieux

La notion de partage allant dans les deux sens, l’un des enjeux est de réussir à ce que le public s’approprie les lieux et la démarche proposée. Pour cela des parcours-usagers permettant des temps conviviaux (dégustations, échange avec les équipes artistiques…) sont mis en place. Notons également la création d’un « Collège des Usagers » permettant à ses membres de participer et faire des propositions sur le projet artistique.

Pour aller jusqu’au bout de la démarche d’intégration du public dans le projet, la grille tarifaire se veut la plus transparente possible. Ainsi pour chaque spectacle, le public aura connaissance de son coût réel avec l’inscription à l’entrée des coûts de production, de cession, de plateau mais aussi des subventions reçues. José-Manuel Cano Lopez explique cela par la volonté de responsabilisation du public. « Avec la connaissance des coûts d’un spectacle, ils pourront selon leurs ressources choisir leur tarif et participer s’ils le souhaitent à la prise en charge de billets pour les citoyens les plus démunis».

Trois tarifs ont été ainsi réfléchis : Pour les spectacles au coût X, les entrées seront à prix libre. Pour ceux au coût XL (plus chers donc), chaque spectateur choisira entre deux tarifs différents en fonction de ses revenus et de son engagement, tandis qu’un tarif spécial pour les bénéficiaires des minima sociaux sera mis en place également. Enfin, un supplément solidaire de 3 euros sera également proposé en aide à une association soutenue le jour de la représentation.


Un degré en plus :

> La convention qui lie la ville de Tours à la Compagnie Cano Lopez pour l’occupation du château du Plessis court jusqu’au mois d’août 2016. Pour la suite, c’est toujours l’incertitude, la ville de Tours cherchant toujours à vendre les lieux, tandis que la Compagnie Cano Lopez souhaite y porter un projet de Centre Culturel de Rencontres avec le soutien de l’ancien sénateur Yves Dauge, dorénavant président de l’Association des Centres Culturels de Rencontre (ACCR). Rappelons que les CCR sont des labels octroyés par le Ministère de la Culture pour donner une nouvelle vie, culturelle, artistique, intellectuelle, à des monuments historiques ayant perdu leur vocation d’origine.

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