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La vidéo de la semaine : «Ahenobarbus» de Mopa

La musique ne démarre qu’à 0’30’’, ne vous excitez pas sur le bouton volume.

 

Mopa repeint ton salon

Une fois n’est pas coutume, le clip de la semaine n’est pas un clip, mais une vidéo. Il arrive parfois qu’une vidéo vaut bien mieux qu’un clip, surtout quand elle est la merveilleuse introduction au monde fascinant d’un tout nouveau groupe.

Ancien élève de Jazz à Tours, section MAA (Musiques Actuelles et Amplifiées), le guitariste et compositeur Valentin Pedler emmène ses compères explorer des contrées sauvages, plaines, forêts, torrents, rochers abrupts se succédant sans coup férir pendant plus de 7 minutes sans escale ni pause pipi.

Vraisemblablement tournée «chez Matthieu» à Blois, cette vidéo sobre qui se balade entre  les musiciens dans la pénombre est peut-être l’écrin idéal à cette écriture très narrative qui se passe de tout commentaire et, donc, de toute image forcément superflue : tout est conçu pour que les images apparaissent d’elles-mêmes, dans l’imaginaire de chacun.

Tout démarre dans la tension, avec une voix féminine qui évoque vaguement Björk, Sneaker Pimps ou Mulu, soutenue par cette guitare magique qui mènera de bout en bout ce morceau (et nos oreilles) par le bout du nez.

Après avoir tenté de classer un peu vite Mopa sous l’étiquette fourre-tout de progrock, force est de constater après plusieurs écoutes de la chose qu’on se balade vraiment dans plusieurs styles. Ainsi, les passages de flûte, subtilement soutenus par un vibraphone, nous ramènent dans les temps morts ou des moments d’insouciance entre deux rebondissements, d’épisodes oubliés de séries anglaises des années 60, genre The Avengers ou The Prisoner ou plus récemment dans la langueur mélancolique de certaines BO de Philippe Sarde.

Certaines parties de guitare oscillent entre Vini Reilly, une touche de bossa et un soupçon de jazz rock, le tout régulièrement perverti par un peu de distorsion et une montée en puissance de la batterie.

Jouant sur les contrastes, la déconstruction et les motifs répétitifs la musique de Mopa sait à peu près tout faire (la fugue de la 6ème minute est une pure merveille) et non seulement on envie les spectateurs présents ce soir-là, mais on a en plus une furieuse envie d’entendre le reste de ce précieux et très élaboré antidote à la barbarie ambiante.

mopa

> Bandcamp de Mopa >>> http://spacemopa.bandcamp.com/album/mopa

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