C’est la plus grande fête foraine de la région Centre-Val de Loire. Et même l’une des plus imposantes hors région parisienne. Avec 120 stands, la Fête Foraine de Tours s’apprête à ouvrir ses portes ce vendredi 24 avril, et pour 3 semaines jusqu’au dimanche 17 mai. 37 degrés s’est rendu sur le montage.

Il y a des gros camions partout dans les allées, des bruits de perceuses ou des marteaux qui claquent. Ambiance de chantier ce mercredi après-midi sur le site de Rochepinard, face au Parc Expo de Tours. Déjà 6 jours que les forains s’activent pour préparer le lancement de la Fête Foraine 2026, « il faut bien ça pour monter les plus gros manèges » explique William Piedon, le coordinateur de l’événement aux 120 métiers.

A moins de 48h de l’ouverture, le site a quasiment sa configuration définitive. Un stand de confiseries a déjà tout installé : « Nos sucettes sont maison, c’est mon oncle qui les réalise dans son atelier en Normandie » nous assure un jeune homme dans le rush. A côté, les peluches Stitch sont déjà bien en place dans les machines à pince, et les jetons dans celles des casinos. Les rails du grand 8 n’attendent que leurs wagons, et les autos tamponneuses leurs pilotes.

« Moi j’arrive de Nantes, il me faut un jour pour monter la structure et une autre journée pour installer le stand » nous explique Louis Stoll, à la tête de deux stands (tir sur ballons et tirage de ficelles). « Je viens ici depuis plus de 50 ans. Tours ça fait partie des grosses foires avec un gros déplacement de population. On attend une grosse fréquentation » nous dit l’homme au milieu des cadeaux à l’effigie de Pikachu, de princesses Disney ou des Minions. « C’est ce qui marche le mieux, les enfants nous aiguillent sur ce qu’on doit acheter comme ils sont beaucoup sur les réseaux sociaux » glisse l’habitué.

L’enjeu est bien d’attirer la foule, estimée à 700 000 voire 800 000 personnes sur 3 semaines (selon le calendrier des jours fériés et la météo, espérée la plus ensoleillée possible). « Y’a des moments avec, et des moments sans. En ce moment, ça ne se passe pas très bien. On est du loisir, on passe après beaucoup de choses et on comprend les gens. Avec tout ce qui se passe en ce moment, ils ont moins de pouvoir d’achat » nous raconte Louis Stoll. « Ce n’est pas de leur faute, on ne leur en veut pas » relance-t-il.

« Le contexte économique est comme celui du commerce : très compliqué » abonde William Piedon qui cite les pertes de revenus disponibles, la hausse des coûts de l’énergie ou les errements gouvernementaux pour expliquer les baises de fréquentation ou les budgets en berne. De quoi impacter les projets d’investissements des responsables de manèges, sachant que les nouveautés à sensations peuvent se négocier pour plusieurs millions d’€. Mais dans tous les cas, pas question de rogner sur la sécurité avec des contrôles annuels revendiqués pour chaque machine + des vérifications à chaque montage.
Objectif : rassurer la population et attirer un public toujours aussi large. « On draine énormément de Tourangeaux, de Tourangelles, et même des départements limitrophes. L’avantage c’est que l’entrée est gratuite. Le parking aussi. Et chacun vient avec son budget. Cela permet d’en profiter et donc de rester un événement populaire » nous dit le forain, préoccupé mais optimiste.

Ouverte tous les jours dès 14h face au Parc Expo, même quand c’est férié, la Fête Foraine de Tours proposera plusieurs journées à prix promo, dont celle de l’inauguration avec tous les manèges à 2 ou 3€ – quand, en temps normal, on peut atteindre 5 ou 7€.
Surtout, en guise de nouveauté, l’événement programme deux feux d’artifice en 2026 : l’un le 16 mai avant la clôture, et l’autre dès ce samedi 25 avril pour célébrer le lancement des festivités. « On avait le budget pour le faire et on a reçu les autorisations de la mairie donc on en profite » nous glisse William Piedon.
Photos : Pascal Montagne









