Tours : Un premier conseil municipal court mais aux échanges fournis sur les indemnités des élus

Facebook
Twitter
Email

41 minutes, c’est le temps qu’aura duré le premier conseil municipal de Tours du mandat  (si on excepte celui d’installation). Un cas rare qui nécessite d’être signalé, tant l’habitude est d’ordinaire aux longues heures de débat parfois (voire souvent) stériles. Faut-il y voir un signe du changement de l’assemblée suite aux dernières élections municipales ? Pas si sûr, car ce faible temps de présence n’a pas empêché des premiers échanges musclés entre élus d’opposition et de la majorité.

La courte durée de la séance tient plus en effet à son faible ordre du jour. Seules 6 délibérations étaient au programme du jour, portant essentiellement sur le vote des indemnités des élus pour le mandat qui débute. La véritable entrée en matière, se fera le 28 avril avec le premier conseil municipal ordinaire du mandat Emmanuel Denis II. Pour celui de ce 14 avril, il a ainsi été surtout question des indemnités à voter, ce qui a fait dire à Thibault Coulon, élu d’opposition de droite (groupe Tours Alternative) : « Vous avez convoqué ce conseil par précipitation alors qu’il y en a un autre le 28 avril, afin de ne pas perdre deux semaines d’indemnités. » Une sortie qui donne le ton des débats des prochaines années ? Possible, d’autant plus que Thibault Coulon a poursuivi sa prise de parole pendant plusieurs minutes pour dénoncer la proposition des indemnités faites par la majorité du maire écologiste Emmanuel Denis.

Celles-ci sont pourtant identiques à celle du mandat précédent, à savoir 4033 euros pour le maire de Tours, 3422 euros pour la première adjointe, 2332 euros pour les adjoints au maire, 1303 euros pour les conseillers délégués auprès du maire, 904 euros pour les conseillers délégués simples et 246 euros pour les simples conseillers municipaux.

Ce qui a fait réagir Thibault Coulon, c’est justement les écarts. L’élu d’opposition a notamment attaqué sur le fait qu’hors-mis Sarada Loock (empêchée par la loi car de nationalité allemande), tous les conseillers de la majorité ont reçu une délibération, de quoi augmenter de facto leurs indemnités. « La majorité se partage 947 000 euros d’indemnités annuelles, tandis que l’opposition n’en a que 41 000 » s’est-il attaché à démontrer chiffres à l’appui, tout en dénonçant ultérieurement aux côtés de Marion Cabanne et Romain Brutineau, membres du même groupe « Tours Alternative », le cumul des fonctions entre celles à la Ville et celles à la Métropole. Romain Brutineau est même allé plus loin, en citant particulièrement Betsabée Haas, par ailleurs élue à la Région. « Pourtant votre parti Les Ecologistes indique dans ses statuts être contre le cumul. Je vous demande donc afin de vous y conformer de démissionner de votre poste à la Région dans les 3 mois à venir ». Autres élus cités dans cette saillie de l’opposition de droite : Les socialistes Jean-Patrick Gille ou Franck Gagnaire… pour les mêmes motifs de cumuls.

Les réponses de la majorité auront été plus laconiques, l’adjoint aux finances Frédéric Miniou, indiquant simplement que la ville de Tours se base sur le code des collectivités territoriales pour fixer les indemnités et que celles-ci n’étaient pas au plafond de ce qui pouvait être. Réponse plus politique de la part du maire de Tours, Emmanuel Denis : « Je rappelle qu’en 2020 on a baissé de 1000 euros l’indemnité du maire, mais gardé la même grille pour les autres indemnités que celle que vous aviez mise en place précédemment. Or à votre arrivée en 2014 vous aviez augmenté les indemnités de 25% avant de les baisser de 10% en cours de mandat. Je comprends que la défaite électorale soit dure à digérer, mais les leçons vous les gardez pour vous. »

Un degré en plus : Autre groupe d’opposition siégeant désormais au conseil municipal de Tours, celui du RN « A Notre Tours » composé de deux membres et représenté uniquement par Aleksandar Nikolic ce mardi soir qui a demandé symboliquement « au regard des difficultés de pouvoir d’achat de nos concitoyens en lien avec la crise énergétique », une baisse générale de 10 % des indemnités, non sans rappeler qu’Emmanuel Denis avait augmenté la taxe foncière de 11% lors du mandat précédent.  

Facebook
Twitter
Email

La météo présentée par

TOURS Météo

Inscription à la newsletter