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Le clip de la semaine : « Porte d’Orléans » de Malakit

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux et en extirpons un clip. Cette semaine découvrez Porte d’Orléans de Malakit.

C’est l’histoire d’un voyage souterrain, d’un tourbillon amoureux dans le métro. Juliette Rillard, chanteuse du projet Malakit, raconte son coup de foudre pour son « andalou », un inconnu qu’elle suit dans toute la capitale. Avec ce récit rythmé, elle nous emporte dans le tumulte des transports parisiens. Nous suivons avec amusement son parcours de station en station et du coup de foudre jusqu’à la déception.

Cette aventure est racontée avec brio dans un clip qu’elle réalise elle-même sous le pseudonyme RoulietteDeLaPampa. « Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi un pseudo, peut-être parce-que je ne me sens pas légitime à faire de la vidéo », confie-t-elle. L’artiste se définit comme une « bidouilleuse complètement à l’arrache » et c’est cet aspect autodidacte qui donne justement une âme charmante à la vidéo. Juliette avait d’ailleurs déjà officié sur un autre clip de Malakit, celui de « Shooting stars ». Déjà, elle mêlait des prises de vue réelles avec des plans construits grâce à la technique du stop motion. Celle-ci consiste à assembler des photographies d’objets fixes pour créer une animation. Cette fois-ci, Juliette est allée bien plus loin qu’elle n’avait pu le faire auparavant.

Le clip de « Porte d’Orléans » est tourné au Rexy, un ancien cinéma de quartier à Saint-Pierre-des-Corps. Aujourd’hui, le lieu est « comme une boîte noire », explique Juliette. C’est là-bas qu’elle déploie sa carte de Paris, dépose ses petites voitures et ses monuments imprimés sur du carton. Accompagnée d’Armande du groupe Jane Is Beautiful et de Pierre et d’Anthony de Malakit, elle passe 3 jours, de 9h à 23h, à déplacer minutieusement les éléments du décors pour lui donner vie. « On a passé tout le week-end à quatre pattes, à bouger les voitures centimètre par centimètre. On a eu mal au dos mais on a beaucoup rigolé. » De ces 3 jours sont issues des centaines de photos qui doivent ensuite être assemblées. Un travail titanesque. « Sur le montage je me suis arraché les cheveux, j’ai commencé en mars et j’étais encore dessus en mai, raconte la chanteuse. J’ai cru tout abandonner ». Avec un peu d’aide, Juliette vient finalement à bout d’un clip qui illustre littéralement et parfaitement un texte décalé et malicieux. Il ressort de cette vidéo l’essence de Malakit : un joyeux mélange d’irrévérence, d’humour et d’élégance.

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