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Le clip de la semaine : « Astroboyz » de Saan feat. Yung Frozone

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux et en extirpons un clip. Cette semaine découvrez Astroboyz de Saan feat. Yung Frozone.

Atterrissage sur une autre planète. Au sol, deux « astroboyz » se baladent nonchalamment. Saan et Yung Frozone jouent les cosmonautes dans des décors qu’on connait bien : les alentours du Mame, le lit de la Loire encore asséché… Des lieux auxquels ils donnent un souffle inédit, à coups de nombreux effets spéciaux. Couleurs vives, glitchs, grain lo-fi… Ces codes, les jeunes rappeurs les ont sans doutes puisé chez certains artistes américains comme Future ou Travis Scott. Ils les assimilent avec dextérité, surtout au niveau du son. Astroboyz est un « banger » au refrain imparable.

Saan
Yung Frozone

Une fois la vague trap passée, on glisse sur d’autres vidéos de Saan et on comprend vite qu’il peut nous emmener où il veut. Sa discographie offre toute une palette de sons, certains titres étant plus pops (énorme coup de cœur pour High) ou bien chanson (avec Acétone et une voix superbement déployée). On prend beaucoup de plaisir à se perdre entre les morceaux du jeune tourangeau. En vérité, on y a passé énormément de temps.

En effet, Saan (Nassim de son prénom) est très productif. Comment a-t-on pu passer à côté de ses 2 albums et 9 clips ? De son propre aveu, le jeune rappeur de 23 ans a produit pas moins de 280 instrumentaux en deux ans. « Je ne peux pas refréner ce besoin de créer », confie-t-il. C’est lui qui compose, écrit, produit, mixe et masterise ses propres morceaux. Si ces termes ne vous disent rien vous pouvez néanmoins nous croire sur parole : le travail qu’il est capable d’accomplir est gigantesque. Surréaliste.

Autour de lui, toute une équipe gravite. Qui fait quoi ? Difficile de s’y retrouver. C’est justement ce joli bordel qui constitue un terrain fertile à la création. On ne s’arrête jamais de bosser, de tenter des choses. Les jeunes garçons de l’équipe illustrent parfaitement une nouvelle génération d’artistes : celle qui manie les réseaux sociaux comme un second langage, qui apprend à utiliser les logiciels en autodidacte, à l’aide de tutoriels sur You Tube. Saan s’entoure de gens de confiance, une équipe qui peut tout assurer.

« C’est toujours quelqu’un de différent qui tient la cam’, s’amuse-t-il. C’est souvent moi qui monte les clips. Là j’ai aussi travaillé avec Lil Depak. » C’est ce jeune étudiant en design de 17 ans qui s’occupe des effets, des incrustations. À la réalisation, en partenariat avec Nassim, on trouve Bastien Martinez. Le jeune homme est qualifié à la fois de manageur, de directeur artistique et de bras droit par le rappeur.

Astroboyz est un avant-goût

Parmi toute cette équipe, les MC sont légions. Saan n’en est pas à son premier featuring avec un pote. « On s’est toujours dit qu’il fallait qu’on fasse un truc avec Yung Frozone ». Les deux artistes se rencontrent il y a 3 ans via des amis communs. À l’époque, Yung Frozone cherche un studio et Nassim commence à peine la musique sur ordinateur. « Je venais d’acheter mon matériel, raconte-t-il. Je voulais juste faire des voix. » Puis très vite il se prend au jeu de la composition. « J’étais en train d’enregistrer et sans le vouloir j’ai cliqué sur un sample de grosse-caisse. Je ne savais pas qu’il y avait des sons directement dans mon logiciel. J’ai maté un tuto’ et j’ai vu toutes les possibilités qui existaient. Alors j’ai produit, produit, produit… »

Et Saan ne s’arrête pas. Un troisième album devrait paraître en avril. Le troisième en 3 ans. « Astroboyz est un avant-goût », précise-t-il. Et si Nassim parle « d’avant-goût » – et non pas d’extrait – c’est parce-que le morceau ne devrait même pas y figurer ! « Ce son c’est pour dire : les gars je suis là, quelque-chose de très gros arrive. » Alors on prend notre mal en patience et on coche le 13 décembre dans l’agenda. À cette date, le jeune tourangeau sera au Temps Machine avec ses potes du Bordeliksound pour la première partie de Di-meh. Il y interpréta un seul morceau : Astroboyz. C’est peut-être pour vous l’occasion de le voir sur scène avant qu’il ne s’envole définitivement pour une autre planète : celle d’un succès qui dépassera largement les frontières de notre ville.

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