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Un conseil municipal inédit à Tours

 

Le conseil municipal de la ville de Tours qui s’est tenu ce mardi 05 mai fera date. A l’image de la période inédite que nous vivons actuellement, ce dernier était unique à plus d’un titre.

Unique d’abord parce que crise sanitaire oblige, il s’est tenu en assemblée réduite dans la salle du Conseil. 23 élus présents sur les 55 habituels, quelques personnels administratifs, des journalistes, mais pas de public, le confinement étant encore de rigueur.

Pour tenir ce Conseil Municipal, le maire de Tours et les présidents des différents groupes politiques s’étaient mis préalablement d’accord sur le nombre d’élus présents, chaque force politique devant être représentée proportionnellement à son poids. Ils sont donc 23 à être autorisés à y assister : 13 de la majorité, 10 des différents groupes d’opposition. Tous se tiennent à une ou deux places les uns des autres et ont à disposition des masques. Les autres élus y participent à distance, via la retransmission vidéo en direct et peuvent intervenir à tout moment en visio.

Un conseil municipal qui débute une fois n’est pas coutume par un appel pour noter les présents, avec parfois des difficultés de connexions avec les élus à distance… Aléas de la technologie et du télétravail pas encore tout à fait dans les mœurs de tout le monde, malgré son boom depuis le début du confinement.

Echanges électoraux sur fonds de déconfinement

Installation inédite donc pour un conseil qui l’est d’autant plus que ses représentants pensaient en avoir fini avec le mandat en février dernier. Oui mais entre-temps, le coronavirus a stoppé l’échéance électorale de mars dernier au soir du premier tour et le mandat a été prolongé.

Pour combien de temps ? L’automne au mieux, mars 2021 au pire vraisemblablement, l’idée d’un report du 2e tour au mois de juin semblant s’éloigner la situation d’entre-deux va se poursuivre d’autant.

Cette situation d’entre-deux s’est clairement fait sentir entre les membres de la majorité dirigée par Christophe Bouchet, arrivé en 2e place le 15 mars dernier et l’élu écologiste Emmanuel Denis, arrivé en tête le soir de ce même premier tour. Accusations de décisions électoralistes d’un côté, de propos démagogiques de l’autre, attaques directes sur la personne…, les deux parties se sont affrontées verbalement. Un débat musclé et animé et une façon d’occuper l’espace et la place en renvoyant l’autre dans les cordes. Si la campagne électorale est officiellement en pause, elle reste ainsi malgré tout présente.

Les collectivités locales, premières actrices de la relance…

Mais ce conseil municipal ne se résume pas qu’à cela, pendant les 7h de débats les élus ont eu à traiter de sujets majeurs au regard de la crise actuelle. La question des écoles d’abord, épineuse à quelques jours seulement de la reprise scolaire pour une partie des élèves tourangeaux.

Lire notre article sur Info Tours sur la reprise scolaire à Tours

La question du « plan étincelle » a aussi occupé une grande partie des débats avec en toile de fonds le rôle d’une collectivité comme la ville de Tours dans le soutien au tissu commerçant. Loin d’être anodin alors que les commerces représentent 10 000 emplois dans la ville. C’est sur ce point que les échanges ont été les plus houleux entre Emmanuel Denis et la majorité municipale. L’élu écologiste reprochant « un plan paillettes » pensé selon lui comme un élément de communication pour le maire-candidat Christophe Bouchet.

Des accusations indignes selon le maire de Tours qui met en avant son action pour les commerçants « qui en ont besoin », mais aussi le volet social avec l’émission de 30 000 bons d’achat de 50 euros, qui seront en partie fléchés vers le CCAS, les personnels soignants et ceux qui étaient en première ligne pendant la crise.

Pour en savoir plus relire : Une gestion municipale forcément singulière

Derrière ces questions liées à la politique locale, il y a aussi la question du rôle des collectivités locales pendant la relance économique. Les collectivités locales vont jouer un rôle central et certains comme Pierre Commandeur et David Chollet du groupe Les Démocrates souhaiteraient même que la ville de Tours s’engage d’avantage, à hauteur de 4 millions d’euros, au lieu des 1,5 millions d’euros proposés par la ville de Tours. D’autres comme Xavier Dateu (divers droite) souhaiterait de son côté flécher l’action municipale vers les petits artisans et commerçants.

Quoiqu’il en soit, tous s’accordent sur le fait que l’intervention de la force publique est primordiale pour relancer l’économie, alors même que cela aurait été certainement mal perçu et vu comme une ingérence il y a encore peu… Un Signe des temps et surtout un signe du changement qui s’est opéré depuis deux mois dans une société qui ne s’est pas totalement effondrée et qui ne pourra sortir la tête de l’eau qu’avec un soutien fort et appuyé des pouvoirs publics, à commencer par les collectivités locales au poids renforcé.

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