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Rénovation du Sanitas : « le coup de semonce » de la région Centre-Val de Loire

Vendredi dernier dans la salle Jean Germain de Tours Métropole, élus locaux et Nicolas Grivel ont signé la convention actant le projet de rénovation du quartier du Sanitas à Tours la convention actant le projet de rénovation du quartier du Sanitas à Tours. Autour de la table, élus de la ville de Tours, de la Métropole mais un absent de marque : la région Centre-Val de Loire, pourtant annoncée comme partenaire du projet.

Le projet de rénovation urbaine du Sanitas, cela fait maintenant trois ans qu’il est annoncé. Dans les grandes lignes, ce projet prévoit la démolition de 472 logements, la reconstruction de 400 autres, avec une volonté de diversification et une baisse du taux de logements sociaux de 93% aujourd’hui à 80% demain.

Un projet d’ampleur, à 125,8 millions d’euros mais qui subit des critiques, certains dénonçant un manque de concertation, d’autres un projet au détriment des habitants actuels… Si Tours Métropole a tenté de rassurer depuis la première annonce du projet en 2016, en mettant notamment en place des réunions aux pieds des immeubles, en rencontrant les associations du secteur ou encore en installant une maison de projet, le doute persiste néanmoins chez certains acteurs du quartier.

Un projet qui ne convainc pas non plus toutes les collectivités. Le Département est notamment absent de ce projet, même si le maire de Tours Christophe Bouchet n’est pas résigné à l’idée de convaincre l’instance départementale de s’y associer et de mettre de l’argent selon ses déclarations vendredi dernier.

La « politique de la chaise vide » de la Région

Plus étonnant, alors que l’élu régional Jean-Patrick Gille était annoncé parmi les signataires vendredi, pour le compte de la Région, ce dernier était finalement absent. Une politique de la chaise vide qui n’est pas passée inaperçue.

Interrogé par 37 degrés, l’élu régional assume pleinement son absence et l’explique par plusieurs différends avec la Métropole. « Nous avons été prévenus au dernier moment » raconte-t-il ainsi, tout en évoquant « une absence de discussion de fond sur un projet qui ne fait pas l’unanimité ». Jean-Patrick Gille d’expliquer ainsi un manque de concertations entre les différentes collectivités mais aussi avec les habitants : « Il y a eu des choses de faites ces derniers mois mais cela reste timide. »

Et ce dernier de voir dans cette rénovation du quartier, un projet « tourné vers l’extérieur, » et « une logique de gentrification au détriment des habitants actuels. » Parmi les griefs énoncés, il y a notamment la rénovation du Palais des Sports en une Arena sous couvert de cette rénovation urbaine. « Un tiers-lieu à la Rotonde aurait eu du sens, il aurait fallu également en profiter pour doter le quartier d’un centre social de dimension supérieure correspondant aux besoin d’une population de 9000 habitants » pointe l’ancien député de Tours en exemples d’actions manquantes qu’il aurait jugé plus opportunes.

En clair, Jean-Patrick Gille et avec lui la Région, reproche un projet essentiellement centré sur de l’immobilier, qui ne permettra pas selon lui à rattraper le retard pris en matière de politique de la ville. « On se félicite des 47 millions d’euros apportés par l’ANRU, mais à Orléans et Angers c’est beaucoup plus » poursuit l’élu régional pour dénoncer ce manque d’ambitions selon lui. A Orléans c’est en effet 60,6 millions qui seront financés par l’agence nationale (sur un projet global de 254 millions d’euros), tandis qu’à Angers le financement de l’ANRU avoisine les 100 millions d’euros sur un coût total de 500 millions d’euros.

Un épisode de plus dans les relations distantes entre la Métropole et la Région

Comment comprendre dès lors cette politique de la chaise vide ? Jean-Patrick Gille l’assure, cette absence était « un coup de semonce » et la Région ne compte pas retirer son apport de 11 millions d’euros.

Cela ressemble donc à un avertissement de la part de la collectivité régionale, qui finance par ailleurs plusieurs projets locaux. Un avertissement qui témoigne néanmoins de relations plus ou moins distantes entre la Métropole et la Région Centre-Val de Loire depuis des mois, voire depuis ces dernières années. Ce nouvel épisode fait suite en effet au refus de signature du Sraddet (Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable des Territoires) de la part de la Métropole au printemps, ou encore à des discussions à la peine au niveau du Contrat de Solidarité Territoriale, mais aussi à une incompréhension de part et d’autres sur les financements régionaux d’un côté et à leur sous utilisation de l’autre.

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