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[Municipales à Tours] Le grand bilan du mandat : Ce qu’ils avaient annoncé / Ce qu’ils ont fait

Les dimanches 15 et 22 mars il y a élections municipales ! L’enjeu : élire les femmes et les hommes qui dirigeront toutes les mairies de France de 2020 à 2026. A Tours, le conseil municipal rassemble 55 personnes. Depuis 2014, la majorité est composée d’une équipe mixte allant du centre à la droite. D’abord dirigée par Serge Babary (Les Républicains), elle est désormais pilotée par Christophe Bouchet (Parti Radical) qui a pris ses fonctions à l’automne 2017.

Alors que la campagne a commencé, Info Tours et 37 degrés vous aident à y voir plus clair sur le bilan des élus en place. Dans cet article sur Info Tours, nous avons ainsi recensé 6 points faibles qui ont marqué les six dernières années. Nous avons également listé 6 points forts emblématiques dans un deuxième article accessible ici.

Sur 37 degrés, nous revenons en détails sur le mandat écoulé. Nous avons notamment décidé de comparer point par point le programme qui avait été proposé aux Tourangeaux en 2014 par la majorité et ce qu’ils ont réellement réalisé. A noter pour être complets que si tout n’a pas été mis en place, d’autres projets, non prévus au départ ont pu voir le jour également.

Pour l’analyse politique cela se passe ici.

Le programme politique de la liste Tour(s) Ensemble en 2014 (cliquez sur l’image) :

Dans son document de campagne de 2014, le rassemblement de la droite et du centre de la liste « Tours Ensemble » promettait « un programme solide, réaliste, qui répond aux attentes ». « Nous ne faisons que des promesses que nous pourrons tenir » affirmaient-ils même. A l’issue des 6 années de gestion de la ville, nous nous replongeons dans ce document qui s’articulait sur trois grands axes Dynamisme, proximité et rayonnement composés chacun de sous-items.

Dynamisme : le développement économique

 

Souvenez-vous, tout au long du programme présenté aux Tourangeaux, Serge Babary et son équipe avaient affiché des pastilles vertes « Je créé de l’emploi » pour montrer que ce thème serait une priorité du mandat. Comme nous l’expliquons sur Info Tours, il est difficile de chiffrer précisément le poids de l’action municipale, cependant on peut constater que le développement économique, bien que compétence métropolitaine, a été au cœur du mandat.

Le développement économique c’était d’ailleurs le premier sous-thème présenté dans le document de campagne. Une fois élue, la majorité a confié cette mission à Thibault Coulon, qui a également pris cette compétence au sein de Tours Métropole, après le départ de Serge Babary au Sénat à l’automne 2017.

L’équipe alors en campagne promettait notamment de l’innovation présentée comme clé des « emplois d’aujourd’hui et de demain ». Alors qu’elle affichait une volonté de s’appuyer sur les pépinières d’entreprise, l’équipe municipale s’est finalement tournée vers Mame, un projet qu’elle a porté en tant que lieu totem du label « French Tech » qu’elle n’aura finalement pas obtenu malgré une candidature commune avec Orléans. Peu importe, Mame a bien vu le jour avec 22 millions d’euros d’investissements et si dans un premier temps, le projet semblait ronronner, il a aujourd’hui trouvé pleinement sa place dans le domaine de l’innovation et de l’économie numérique notamment, d’autant plus que les travaux arrivent à leur terme.

Faire de Tours « une ville Numérique » était d’ailleurs une des grandes ambitions de la liste Tour(s) Ensemble avec la promesse d’un réseau Wifi gratuit dans les lieux publics, ce qui a été fait.

En revanche, on n’a pas vu l’outil « Touraine Développement » qui devait connecter les bassins de Tours, Loches, Chinon et Amboise avec une mutualisation des moyens économiques.

Dynamisme : le développement durable

« Tours doit devenir une ville écologique exemplaire et saisir les opportunités du développement durable » peut-on lire sur le document de 2014. Dans ce point, force est de reconnaître que les réalisations n’ont pas été à la hauteur des enjeux, ce qu’a d’ailleurs reconnu Christophe Bouchet samedi dernier, en promettant une politique ambitieuse à ce sujet en cas de réélection. Plan de rénovation énergétique des bâtiments publics n’a pas vu le jour, tandis que l’on n’a pas entendu non plus de projets concernant « l’économie verte » pourtant vantée pendant la campagne électorale de 2014.

En revanche, le développement de l’agriculture périurbaine, avec l’installation de maraîchers a été entamé (5 maraîchers), même si les opposants de la majorité, notamment les écologistes, pointent ce faible nombre.

Proximité : La sécurité

 

Les propositions en termes de sécurité s’affichaient largement sur le document et elles ont alimenté le mandat. La majorité Babary/Bouchet a notamment augmenté de façon exponentielle le nombre de caméras de vidéo-surveillance (de 60 à 300 aujourd’hui selon Christophe Bouchet) gérées depuis un Centre de Supervision Urbaine (CSU) installé près du château de Tours, dans les locaux de la Police Municipale. Une politique assumée notamment par l’adjoint à la sécurité, Olivier Lebreton pour qui ces caméras permettent de résoudre des affaires de délinquance.

Autre mesure qui était avancée, et qui a été mise en place : le recours de façon générale aux Travaux d’Intérêt Général.

Parmi les mesures qui n’ont pas vu le jour, citons le « carrefour des parents » avec des parents-relais sensés renforcer le contrôle social et parental dans les quartiers.

De façon générale, si Tours reste une ville paisible dans l’ensemble, le sentiment d’insécurité reste présent au sein d’une partie de la population, ce que n’a pas réussi à enrayer la majorité actuelle, contrairement à son intention de départ.

Proximité : Ecole, famille, sport

Dans le domaine scolaire, la nouvelle équipe municipale avait promis un diagnostic sur les rythmes scolaires. L’assouplissement de la règle des 4,5 jours d’école par Emmanuel Macron a permis à Christophe Bouchet de revoir la règle et après concertation avec les parents d’élèves et les écoles de revenir à la semaine de 4 jours.

Notons aussi l’augmentation de la part du bio et des produits locaux dans les cantines (20% des repas aujourd’hui), ainsi que la rénovation de la cuisine centrale (le projet a été validé et la nouvelle structure verra le jour à l’horizon 2023-2024 en restant en régie directe), deux engagements qui avaient été pris.

Toujours dans le secteur de l’enfance, la promesse d’ouvrir de nouvelles places en crèche ou multi-accueil a été tenue, même si sur point la majorité a été critiquée sur l’augmentation des crèches associatives ou privées au dépends de places municipales, comme à Tours-Nord suite au transfert du personnel de Monconseil dans la nouvelle crèche Leccia à Beaujardin.

Sur Tours-Nord toujours, le nouveau centre de loisirs évoqué n’a pas été lancé. Autre projet avorté : celui de la cité des sciences.

Enfin dans le domaine sportif la rénovation des gymnases, pourtant annoncée dans le projet municipal n’a pas été entamée.

Proximité : Commerces

Serge Babary avait promis de redynamiser le commerce avec l’installation notamment d’un animateur des commerces, ce qui a été fait. En revanche, le « drive des commerçants indépendants » n’a pas été mis en place. La réappropriation de la Loire afin de dynamiser le centre a bien été réfléchie dans le cadre du projet « Envies de Loire », mais les idées verront le jour dans les années futures.

Proximité : Logement, urbanisme, patrimoine

La place Coty rénovée

 

Parmi les promesses faites : la rénovation de la Place Coty a été réalisée. Celle de la gare repoussée dans l’attente des travaux de la deuxième ligne de tramway. La création de cœurs de quartiers aux Deux Lions ou à Monconseil ont bien été tentés avec des résultats différents. Si à Monconseil, l’installation de commerces est positive, aux Deux Lions, la tentative d’installation d’un marché hebdomadaire a échoué et ce dernier a rapidement disparu.

Enfin, parmi les sujets évoqués dans le projet de 2014 : le site des casernes a pris du retard, le Haut de la Tranchée également, le centre d’affaires envisagé à la gare de Tours n’a pas vu le jour pour les mêmes raisons que l’absence de rénovation de la place éponyme et l’impact immobilier le long du corridor du tramway que faiblement maîtrisé, comme en témoigne la densification de l’avenue Maginot.

Côté promesse tenue : la mise en valeur du patrimoine historique à travers le plan lumières a été fait et le PLU a bien été révisé comme Serge Babary et ses colistiers s’y étaient engagés.

Proximité : action solidaire

La Maison de la Réussite, ouverte dès 2016 au sein du quartier du Sanitas, dans les locaux de l’ancien collège Pasteur, est le projet phare annoncé et réalisé dans le domaine de l’action solidaire.

Autre engagement qui a vu le jour : les cycles de conférences sur la santé (Les jeudis Santé) qui sont une réussite même si à l’origine ils étaient prévus en itinérance dans les quartiers de la ville.

En revanche les volets dédiés aux associations (pourtant mentionnées dans le programme comme « l’oxygène de la ville ») et aux seniors n’ont pas marqué le mandat. On note même des difficultés avec le tissu associatif en début de mandat lié à la location payante des salles de la ville.

Proximité : transport, mobilité, circulation

Installer des panneaux lumineux fléchant les parkings, développement de parkings relais, aménagement de carrefours jugés dangereux (Français Libres, Verdun…), étude d’une durée de stationnement gratuit, redonner un espace sécurisé aux cyclistes… les propositions en terme de déplacements étaient nombreuses dans le programme de campagne de 2014. Six ans après, le bilan apparaît maigre cependant. Les panneaux fléchant les parkings ont été plusieurs fois mentionnés mais pas mis en place sur fond de réticences de l’Architecte des Bâtiments de France. Le stationnement a été un sujet épineux avec le passage au FPS (Forfait Post Stationnement) et la délégation à une société privée du contrôle et pv. Du côté des cyclistes, ces derniers, notamment par la voix du Collectif Cycliste 37, ne cessent de pointer le manque d’ambitions dans les réalisations faites.

Autres annonces concernant les mobilités non réalisées : la création d’une passerelle piétons-vélos pont de la Motte (une autre est prévue dans le plan vélos annoncé dans les 10 prochaines années), la modernisation de la navette ferroviaire entre les gares de Saint-Pierre-des-Corps et de Tours faute d’accord avec la SNCF. Le renforcement de l’étoile ferroviaire et le bouclage du périphérique sont également dans ce cas de figure…

Rayonnement : Enseignement supérieur

L’office de promotion de l’enseignement supérieur qui devait être intégré dans l’agence Touraine Développement n’a comme cette dernière pas été créé.

Rayonnement : métropole

Alors que l’intercommunalité s’appelait encore communauté d’agglomération Tour(s) Plus, Serge Babary parlait déjà de métropole appelant à « l’émergence d’une vraie métropole ligérienne ». Vœu exaucé en janvier 2017, grâce au soutien unanime de toute la classe politique locale, gauche et droite compris.

Rayonnement : relations internationales – culture

La Renaissance devait être au centre d’un vaste projet promotionnel de Tours avec l’ouverture d’une Espace Renaissance au château de Tours. Des « Vinci de la Création » auraient dû voir le jour également pour « encourager la création scientifique et technologique, artisanale et artistique ». Il était envisagé également des « fêtes royales » à destination des touristes. Il n’y a eu finalement aucun de ces trois projets.

D’autres ont évolué, en lieu et place de la saison de musiques anciennes, la majorité a privilégié le festival « Concerts d’Automne » qui est une réussite, même si des critiques sur l’intégration des ensembles locaux ont été faites.

Autre axe privilégié à l’époque pour « dynamiser la culture patrimoniale et historique » : l’installation d’un événement autour de Saint-Martin. Cela a été fait, même si le bilan reste mitigé. Le développement d’événements sur le site de Marmoutier a également été mené.

La mise en valeur de la ville et son patrimoine à travers les technologies de l’image a vu le jour en cette fin de mandat avec la préfiguration du CIAP (Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine), installé place Châteauneuf, au sein de l’Hôtel des Ducs de Touraine.

L’idée de plateforme web pour les 15-25 ans afin de présenter leurs créations d’art numérique a été en revanche abandonnée.

Dans les choses réalisées : notons l’ouverture de la bibliothèque centrale un dimanche par mois (au départ c’était prévu tous les dimanches après-midi).

Concernant la Loire, le « Festival Loire et Lumières » a changé pour devenir les illuminations de la cathédrale puis du musée des Beaux-Arts l’été. Quant aux aménagements pensés (bateau restaurant, aménagement de l’île Simon…), ils ont été intégrés dans la réflexion « Envies de Loire. »

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