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[Municipales à Tours] 2014-2020 : le résumé de 6 ans de politique à la mairie

Les dimanches 15 et 22 mars il y a élections municipales ! L’enjeu : élire les femmes et les hommes qui dirigeront toutes les mairies de France de 2020 à 2026. A Tours, le conseil municipal rassemble 55 personnes. Depuis 2014, la majorité est composée d’une équipe mixte allant du centre à la droite. D’abord dirigée par Serge Babary (Les Républicains), elle est désormais pilotée par Christophe Bouchet (Parti Radical) qui a pris ses fonctions à l’automne 2017.

Alors que la campagne a commencé, Info Tours et 37 degrés vous aident à y voir plus clair sur le bilan des élus en place. Dans cet article sur Info Tours, nous avons ainsi recensé 6 points faibles qui ont marqué les six dernières années. Nous avons également listé 6 points forts emblématiques dans un deuxième article accessible ici.

Sur 37 degrés, nous revenons en analyse sur le mandat écoulé, d’un point de vue politique ici et dans cet autre article vous pourrez retrouver point par point, l’action municipale réalisée depuis 2014 en comparaison avec le programme qui avait été présenté aux Tourangeaux.

Une transition de six années

Reprendre une ville qui a connu une même majorité pendant plusieurs mandats n’est jamais simple et le premier exercice de Jean Germain (1995-2001) avait été peu ou prou similaire à celui que nous venons de connaître avec une remise à plat de certains projets comme le basculement du quartier du technopôle en quartier mixte des 2 Lions, une politique centrée essentiellement sur la dette de la ville (déjà) et l’émergence malgré tout de quelques projets structurants qui ont marqué la ville comme le passage de la rue Nationale sans voitures. Un mandat de transition avant les suivants plus ambitieux pour la ville (2001 et 2008).

Ce mandat 2014-2020 ressemble également à un mandat de transition entre les 19 années de « Germanisme » à Tours et l’avenir. C’est le lot de la vie démocratique, à chaque alternance la majorité nouvellement élue doit imposer sa vision, son fonctionnement mais aussi composer avec l’héritage de la précédente, suivi républicain oblige. Un « héritage » que les nouvelles majorités analysent souvent dès leur arrivée avant de poursuivre les dossiers déjà enclenchés ou de remettre en cause certains contraires à leurs visions quand cela est possible. C’est ce que Serge Babary et son équipe ont fait en arrivant au pouvoir en 2014. Parmi les projets portés par l’ancienne municipalité et remis en cause, il y a eu notamment le Haut de la Tranchée (Jean Germain voulait un signal urbain) et l’Îlot Vinci (et sa fameuse tour de 54m de haut) …

Oui mais malgré quelques dossiers qu’elle a portés (ouverture de l’école aux Deux Lions par exemple), les projets ont peiné à voir le jour, donnant à ce mandat une impression de lenteur. Et si des projets sortent de terre aujourd’hui (Maison des Associations, Maison de quartier des Fontaines, poste de police des Fontaines…) et que d’autres sont annoncés et lancés, l’impression générale reste mitigée.

Tours une ville à l’arrêt se plaisent à répéter les opposants de la majorité actuelle. Si cela reste un raccourci, les difficultés qu’il y a eu dans des projets phares et symboliques ne plaident pas dans le sens de la majorité, l’exemple principal étant le chantier du Haut de la Rue Nationale qui aura agité toute la mandature et qui sera inauguré sous la prochaine. Nous pourrions citer également le projet de rénovation des Halles qui a conduit à une opposition frontale des commerçants du quartier ou encore celui du Haut de la Tranchée, revu sous la pression des riverains…

Un manque de ligne directrice claire

Derrière ces faits généraux, il y a aussi le manque de lisibilité de ce mandat qui n’a pas eu de ligne directrice claire et connu son lot de polémiques.

Forcément, le départ du maire Serge Babary en septembre 2017 pour le Sénat n’a pas aidé. Un départ incompris par les Tourangeaux, alors même que l’élu avait promis en 2014 d’être « 100% maire », l’affichant même comme slogan.

Un départ du maire, suivi de son remplacement par Christophe Bouchet en octobre 2017, au terme d’une élection interne à la majorité rocambolesque (il a été départagé face à Xavier Dateu à la faveur de l’âge) qui n’aura pas été sans conséquences puisqu’il a été suivi de défections de plusieurs élus de la majorité : Xavier Dateu, Stéphanie Lepron, Céline Ballesteros, Pierre-Henri Moreau, Monique Delagarde, Chérifa Zazoua-Khames et Barbara Darnet-Malaquin qui a accusé le nouveau maire de Tours de l’avoir insultée en plein Conseil Municipal.

Des problèmes au sein de la majorité qui existaient déjà sous Serge Babary mais qui ont éclaté au grand jour avec le nouveau maire. Paradoxalement, ces départs ont pu ressouder la majorité restante et l’épisode de l’automne 2017 a sans doute évité à la droite de se déchirer à l’approche des élections de mars prochain, quand il aurait fallu désigner un candidat.

Un cap politique de droite

Mais ce changement de maire a pu donner le sentiment aux Tourangeaux qui avaient élu Serge Babary et son projet, d’être lésés. Une fois dans le fauteuil de maire, Christophe Bouchet s’en est en effet un peu affranchi, portant sur le devant ses idées et sa propre méthode de gestion. Pour cela, il a d’abord procédé à des changements dans des directions de services de la ville (cabinet du maire, direction générale des services…) ou dans des satellites (Tours Evénements, SET…), avec l’arrivée de personnes proches de sa vision des affaires de la ville. Une politique interventionniste de ce côté-ci qui tranche néanmoins avec l’aspect plus libéral que celui affiché par Serge Babary, notamment en ce qui concerne les projets d’urbanisme pour lesquels Christophe Bouchet privilégie les partenariats avec des promoteurs privés afin que ceux-ci financent les projets publics, en contrepartie d’y adosser leurs propres projets (et ainsi être rentables). De quoi faire dire à l’opposition que le maire « vend la ville au privé » comme nous l’avons entendu plusieurs fois lors des débats municipaux.

Dès lors, que faut-il retenir de la politique menée depuis 2014 ? Que celle-ci a bel et bien été marquée à droite. Au premier rang des sujets mis en avant au long des six ans, il y a notamment eu les questions liées à la sécurité avec notamment une hausse plus que conséquente du nombre de caméras de vidéo-surveillance (elles ont plus que doublé). Le travail de réduction de la dette est également un grand sujet, avec dès l’arrivée au pouvoir en 2014, la commande d’un audit sur les finances de la ville. Celles-ci se sont révélées alors mal en point, entre emprunts toxiques et endettement à long terme. Et cela a joué sur la politique mise en place, la majorité s’attachant dès lors, que ce soit sous Serge Babary ou Christophe Bouchet depuis, à faire de la baisse de la dette la priorité de son action municipale, quitte à se priver à court terme de marges de manœuvres pour lancer des projets. Citons encore les questions de voirie ou de propreté urbaine. Des sujets de proximité auxquels se sont attachés les élus de la majorité. Moins visible que des grands projets, mais marquants pour la population au quotidien. C’est ce bilan là que Christophe Bouchet défendra dans les prochaines semaines.

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