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[Municipales à Tours ] Cathy Münsch-Masset : « Les habitants ne veulent plus d’élus qui décident à leur place »

Une partie du collectif En Avant Tours

Même si le dialogue n’est pas totalement rompu, la possibilité d’un rassemblement global à gauche en vue des Municipales à Tours se réduit au fur et à mesure. Si bien que chaque organisation avance désormais dans sa campagne, à l’image « d’En Avant Tours », le collectif proche du Parti Socialiste.

« Le dialogue continue c’est une bonne chose. » Au lendemain de la proposition faite par « Pour Demain, Tours 2020 » aux autres forces de gauche en vue d’un rassemblement pour le premier tour des élections municipales à Tours, Cathy Münsch-Masset, cheffe de file du collectif « En Avant Tours » préfère voir le verre à moitié plein.

Relire : A gauche, l’espoir (même mince) d’un plus large rassemblement…

Malgré tout, le compte n’y est pas pour la candidate et ses camarades qui évoquent « des problèmes de forme », avec une proposition de répartition des équilibres dans la liste qui « fait très appareils politiques avec des sortes de blocs de partis au sein de la liste commune ». Paradoxal pour Cathy Münsch-Masset, alors que « l’on a passé des semaines à échanger sur la nécessité de renouveler les pratiques politiques. » A ses côtés, Iman Manzari ne dit pas autre chose. Et pour ce membre d’En Avant Tours, non encarté au Parti Socialiste d’expliquer : « A titre personnel, je ne me retrouve pas dans la proposition des écologistes car elle ne s’adresse qu’aux socialistes et non à « En Avant Tours » qui est un mouvement dans lequel il y a une diversité de représentation avec des citoyens non encartés comme moi. »

Ce qui pose problème à ce dernier, c’est notamment le fait que le pôle citoyen proposé par « Pour Demain, Tours 2020 » soit réservé aux personnes issues des Cogitations Citoyennes. « On ne peut pas avoir une seule organisation qui se revendique comme citoyenne » affirme-t-il.

On l’aura compris, les divergences sont encore présentes entre les deux mouvements de gauche, même si tous les deux affirment ne pas « se tromper d’adversaires. » Tous le savent, un affrontement dur entre les forces de gauche pendant la campagne serait désastreux alors même que cette élection municipale s’annonce incertaine et que la possibilité de voir la Mairie rebasculer à gauche existe. Ce ne sera pas simple, d’autant plus sans accord entre les différentes organisations de gauche.

La solidarité et le quotidien comme axes majeurs

Avec ou sans union, il faudra convaincre les électeurs. Pour cela, les membres d’« En Avant Tours » avancent comme notion phare de leur programme : « la solidarité » qui sera au centre de leurs propositions. Cathy Münsch-Masset évoque notamment une politique du quotidien avec par exemple un soutien aux logements à travers la nécessaire rénovation énergétique des bâtiments mais aussi « une véritable réflexion globale, concernant les logements sociaux, les parcours résidentiels ou encore les problématiques liées au vieillissement… » Autre enjeu fort cité, la question de la santé : « Les villes doivent s’emparer du sujet avec des leviers d’action directe, comme les maisons de santé. »

Une politique du quotidien qui passera également par le tissu associatif et les acteurs des quartiers de la ville avec qui les membres « d’En Avant Tours » veulent « renouer le dialogue et le structurer », à travers notamment la mise en place d’une maison de projets et de la démocratie. « Les habitants ne veulent plus d’élus qui décident à leur place, il faut créer les conditions propices à la co-construction et donner de la liberté aux initiatives citoyennes » indiquent-ils, en prenant exemple sur ce qui est fait à la Région (où Cathy Münsch-Masset est vice-présidente) avec les lycées. Parmi les mesures concrètes, ils évoquent notamment le fléchage de « 5% des investissements annuels dans des budgets participatifs. »

Pour eux, le mandat à venir doit donc faire la part belle à la proximité et l’amélioration du cadre de vie. Cela passera également par une transition des mobilités, avec un développement des déplacements alternatifs à la voiture : réseau cyclable sécurisé, deuxième ligne de tramway transversale… mais aussi à travers la prise en compte des innovations pour faire de Tours une « smart-city » avec des applications facilitant le quotidien.

Un degré en plus : La France Insoumise soutient officiellement Emmanuel Denis

Si pour le moment toutes les organisations de gauche se gardaient de s’attaquer frontalement – malgré quelques anicroches sur les réseaux sociaux notamment -, l’annonce vendredi du soutien officiel de La France Insoumise à la liste « Pour Demain, Tours 2020 » conduite par Emmanuel Denis a conduit à des réactions agacées du côté du collectif « C’est au Tour(s) du Peuple » de Claude Bourdin. Pour ce dernier, candidat aux Législatives en 2017 sous l’étiquette insoumise, la décision de son parti ne passe pas. Il évoque même déposer un recours. Sur les réseaux sociaux, Claude Bourdin et ses soutiens ont également durci leur communication, affirmant être « la vraie gauche » contrairement aux autres listes se réclamant comme tel et notamment « Pour Demain, Tours 2020 ». Cette dernière est par ailleurs qualifiée dans un communiqué de « ligne trompeuse et sans ambition, qui s’accommode du système actuel avec des petits gestes et des mesurettes pseudo-démocratiques, pseudo-sociales et pseudo-écologiques. »  De quoi enflammer quelques conversations…

Il faut dire que le coup est rude pour « C’est au Tour(s) du Peuple » qui avait déjà vu le mouvement « Ensemble 37 ! » et les Jeunes Insoumis quitter ses rangs pour rejoindre la liste d’Emmanuel Denis. Ce dernier pourra donc en plus se prévaloir et afficher sur ses documents l’étiquette de la « France Insoumise » contrairement à Claude Bourdin, qui voit ses soutiens se réduire un peu plus…

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