A la unePolitique

Les maires d’Indre-et-Loire tiennent leur congrès dans une ambiance peu optimiste.

Une semaine après le Congrès des Maires de France, c’est au tour de l’association des maires d’Indre-et-Loire de tenir son congrès annuel ce mardi 27 novembre. Au Centre des Congrès de Tours, environ 1600 élus locaux vont ainsi se réunir pour échanger de leurs propres situations.

Il y a un an, lors du congrès des maires de Touraine, les élus locaux avaient fait part de leur inquiétude face à la suppression de la taxe d’habitation, des emplois aidés… Des craintes qui faisaient suite à plusieurs années de baisses de dotation de l’Etat. Depuis plusieurs années, l’ambiance est ainsi morose chez les élus locaux. Cette année 2018, c’est le protocole de Cahors qui est venu s’ajouter aux contraintes budgétaires pour les grosses collectivités (Métropole et ville de Tours dans le département) et pour les petites communes, l’impression de la part d’un nombre grandissant d’élus de ne plus pouvoir assumer leur rôle correctement. Un marasme plutôt général, pas lié à l’Indre-et-Loire. Il y a quelques jours, une enquête du Cevipof (le centre de recherches politiques de Sciences Po’) expliquait ainsi qu’un maire sur deux en France se disait résigné et envisageait de ne pas se représenter en 2020, face au manque de moyens financiers notamment. Se dirige-t-on vers une crise démocratique en local ?

Pour Cédric de Oliveira, le président des maires d’Indre-et-Loire, « il y a une véritable souffrance sur le terrain. Les élus locaux doivent gérer de véritables petites entreprises sans en avoir forcément les moyens et l’Etat ne nous facilite pas la tâche » explique-t-il en cette veille de congrès départemental.

Le blues des élus locaux

Simple coup de blues des élus locaux ou mal plus profond alors ? En tout cas les élus locaux tournent aujourd’hui leurs regards vers l’Etat, source de leurs maux pour certains qui se disent excédés des contraintes imposées de plus en plus par l’Etat. . « Les collectivités ont contribué aux efforts, l’Etat doit arrêter d’en demander plus » poursuit Cédric de Oliveira qui conduira certainement un discours dans ce sens face à ses collègues ce mardi.

Des élus locaux qui se sentent notamment incompris et méprisés, « les collectivités locales ont toujours voté nos budgets à l’équilibre, la loi l’impose, que l’Etat fasse de même » expliquait l’an passé le président des maires d’Indre-et-Loire. Aujourd’hui le discours semble ne pas avoir changé. Entre élus locaux et exécutif il apparaît nécessaire aujourd’hui de rétablir une forme de confiance. L’absence d’Emmanuel Macron la semaine passé au Congrès des maires de France fut mal prise, alors que le Président de la République avait annoncé l’an dernier s’y rendre chaque année pour échanger avec les élus locaux. Ce congrès départemental, ne sera pas non plus l’occasion d’échanger avec l’exécutif. Annoncée dans un premier temps,  Jaqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales étant finalement absente « excusée car retenue à Paris pour une réunion importante à l’Elysée » explique Cédric de Oliveira.

Ressouder les liens entre les différents territoires

Sur des thématiques plus locales, ce Congrès des Maires devrait également conduire à des échanges sur l’équilibre des territoires dans notre département, alors que le débat sur le village des Marques (et son refus par la Commission Nationale d’Aménagement du Territoire la semaine dernière), a laissé des traces notamment entre élus de la Métropole, le maire de Tours, Christophe Bouchet en tête et élus de la Communauté de Communes de la Vallée de l’Indre, et notamment Alain Esnault, le maire de Sorigny qui évoque aujourd’hui sur Info Tours, « une guerre des territoires ». Ressouder les liens entre les différents territoires du département sera ainsi un enjeu important de ce 73e congrès des maires d’Indre-et-Loire.

Photo d’archives : Congrès des maires d’Indre-et-Loire 2017

Print Friendly, PDF & Email