Investissements, dette et taxe foncière… au cœur des débats sur le budget de la ville de Tours

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Ce lundi 14 mars, le Conseil Municipal de Tours a voté le budget de la ville pour 2022. Entre investissements et dette, éléments habituels, le débat s’est aussi largement tourné sur la question de la taxe foncière que la majorité a décidé d’augmenter cette année…

C’est un acte politique important, la majorité du maire de Tours, Emmanuel Denis a voté une augmentation de la taxe foncière sur la ville, lors de celui sur le vote du budget 2022. L’augmentation votée est conséquente puisqu’elle s’élève à 11,5%, en ajoutant la hausse automatique des bases fiscales nationales, elle monte même à 14,95%. C’est la première augmentation des impôts locaux votée par la ville depuis 2015.

Un gain de 8,4 millions d’euros par an pour la ville

Une « nécessité » pour la majorité du maire et son adjoint aux finances Frédéric Miniou. Cette augmentation est en effet un levier retenu pour financer son plan pluriannuel d’investissements prévu par la majorité d’Emmanuel Denis. Sur les 10 prochaines années, la Municipalité envisage en effet 450 millions d’euros d’investissements, notamment pour rénover les bâtiments publics et rattraper ainsi un sous-investissement chronique. « Depuis des décennies, la ville de Tours investit 30% de moins soit 7 à 10 millions d’euros de moins que les autres villes de la même taille » poursuit Frédéric Miniou qui évoque « une dette grise » comme conséquence principale, c’est-à-dire la détérioration des bâtiments de la ville à l’instar des écoles.

Les retombées financières pour la ville de cette augmentation seront de 8,4 millions d’euros selon l’adjoint aux finances. Pas insignifiant quand on sait qu’en 2021, la ville a réalisé 21 millions d’euros de dépenses d’équipements (investissements réels) et remboursé 14,8 millions d’euros de dette.

Les deux chiffres ne sont pas sans relation, le sous-investissement chronique de la ville venant principalement des problèmes de dette que la collectivité traîne depuis plusieurs décennies et qui l’empêche de dégager des marges suffisantes pour investir. Pour la première fois depuis longtemps, cette dette est tombée sous les 200 millions d’euros (196 millions d’euros fin 2021). La majorité d’Emmanuel Denis a décidé de réemprunter l’an passé 55 millions d’euros sur 3 ans, au regard des faibles taux d’intérêts en vigueur, mais dans le même temps elle va rembourser 59 millions d’euros affirme encore Frédéric Miniou qui fixe donc comme priorité d’investir plus massivement d’ici la fin du mandat.

« Un acharnement fiscal » pour l’opposition

La ville en aura-t-elle les moyens ? C’est la question que pose l’opposition au regard du taux de réalisation d’investissements faits en 2021. Sur les 35 millions d’euros annoncés l’an passé, seuls 63%, soit 21,8 millions d’euros ont été réalisés. Ce qui fait dire à Thibaut Coulon du groupe « Tours Nous Rassemble » : Les investissements que vous annoncez à plus de 40 millions d’euros, pour les réaliser il faudrait doubler de ce que vous faites chaque année, vous nous avez déjà fait le coup l’an dernier, je n’y crois pas. »

Et au sujet de la taxe foncière, l’élu d’opposition d’alerter : « Vous faites preuve d’un acharnement fiscal. Rien pour moi ne justifie la hausse des impôts. Il faut faire preuve de prudence par rapport à la situation globale et éviter toute ponction supplémentaire dans le budget des ménages. Entre le débat des orientations il y a six semaines et aujourd’hui il y a une crise internationale qui a débuté avec la guerre en Ukraine, que vous ne prenez pas en compte. »

Cette augmentation de taxe foncière est critiquée également par sa collègue du groupe « Tours Nous Rassemble » Marion Cabanne qui voit de son côté un mauvais signal pour les ménages, mais aussi une augmentation due à une gestion dépensière de la majorité : « Cette augmentation des impôts vient couvrir vos hausses de dépenses de fonctionnement et la création d’une quarantaine de postes. Depuis le début du mandat c’est six millions d’euros de plus par an de coûts pour la ville. »

Le groupe « Les Progressistes » n’est pas en reste et s’inquiète également. Pour Benoist Pierre, cette hausse fiscale pourrait ne pas être la dernière du mandat. « Vous ne pourrez pas tenir votre plan pluriannuel d’investissements sans de nouvelles hausses à l’avenir » alerte-t-il… Réponse l’an prochain.   

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