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Franck Mortier : profession fauconnier !

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Cet article est paru initialement dans 37°Mag, notre magazine papier.

Après une reconversion professionnelle, Franck Mortier est devenu fauconnier. Ce passionné d’animaux a créé, en 2006, son entreprise installée à Hommes. Il propose aujourd’hui des spectacles ainsi que des interventions pédagogiques dans les établissements scolaires et des Ehpad.

« La relation que j’ai avec mes oiseaux, c’est de la confiance et de la douceur. Ce sont mes animaux, on peut sentir notre complicité », confie Franck Mortier, fauconnier depuis plus de quinze ans. Il y a quelques années, cet homme de 53 ans, d’abord cadre commercial dans les télécommunications, décide de changer de voie. Une décision poussée par sa rencontre avec le maître fauconnier Bernard Bailly. « Je l’ai rencontré lors d’un spectacle et ça a matché. On s’est revu et j’ai appris le métier avec lui pendant deux ans, dans son entreprise », raconte-t-il.

En 2006, il monte finalement sa propre société, CRC fauconnerie, aujourd’hui installée à Hommes. Au départ, il ne fait que de l’effarouchement. Il intervient ainsi avec des rapaces dans des communes ou des entreprises afin d’éloigner les pigeons. « On est monté en compétences petit à petit », précise Franck Mortier. Il y a cinq ans, il obtient le certificat de capacité pour la présentation au public, grâce auquel il peut donner des spectacles. Il s’agit désormais de son activité principale.

Après avoir réalisé deux saisons au château de Langeais, il travaille maintenant avec le Center parcs du Bois aux daims, dans le nord de la Vienne. De juin à août, il présente deux spectacles par jour. « Il y a une partie représentation car les gens sont là pour se divertir mais aussi une partie pédagogique. Quand un oiseau vol, je le présente, j’explique ce qu’il mange, où on peut le trouver… »

Le bien-être des oiseaux en priorité

Soucieux du bien-être de ses rapaces, le natif de Sète a décidé d’intervenir dans un secteur proche de chez lui et dans une seule et même structure. « Je pourrais travailler pour un établissement le matin et pour un autre l’après-midi mais je ne veux pas les mettre à l’arrière du camion et faire des centaines de kilomètres dans la journée pour les faire voler quarante minutes. » Aussi, Franck Mortier ne propose des spectacles que le matin. « Pour le respect des animaux, on ne vole pas l’après-midi car il fait parfois trop chaud. Les gens ne comprennent pas toujours et me disent qu’à Beauval ou au Puy du Fou, ils le font. Mais, moi, je fais du spectacle itinérant et je travaille avec mes propres oiseaux. Les conditions ne sont donc pas les mêmes », explique-t-il.

Aujourd’hui, ce passionné d’animaux depuis l’enfance possède une trentaine de rapaces. « Aigles, buses, chouettes, hiboux, faucons… La panoplie du vrai fauconnier », plaisante-t-il. Pour affaiter ses oiseaux, tous nés et élevés en captivité, deux mois lui sont nécessaires. « C’est ensuite un travail quotidien. On ne laisse pas les oiseaux dans leur volière sans s’en occuper. La notion de confiance est très importante car ils doivent revenir. Ce n’est pas de la magie mais du travail et beaucoup de contact avec eux. Cela prend du temps. Je fais très attention à eux car ils ont aussi des sentiments. »

Malheureusement, Franck Mortier ne se montre pas très optimiste quant à l’avenir des spectacles de cet art classé au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2010. « Les spectacles de fauconnerie sont en train de disparaître car, aujourd’hui, on intègre tout type d’oiseaux dans les représentations, regrette-t-il. Nous, on ne fait voler que les rapaces. » Selon lui, cela vaut pour tous les spectacles animaliers itinérants, comme les numéros avec des animaux sauvages dans les cirques (ndlr, une proposition de loi contre la maltraitance animale, adoptée par l’Assemblée nationale en début d’année, sera d’ailleurs examinée par le Sénat fin septembre. Elle prévoit notamment « l’interdiction de l’exploitation d’animaux non domestiques dans les cirques ».) « Dans quinze ou vingt ans, les itinérants sont morts. On ne pourra plus pratiquer. On a encore à se battre car les spectacles peuvent faire avancer les mentalités et sensibiliser à la biodiversité. Par exemple, si on montre une chouette, cela pourra peut-être empêcher quelques personnes d’en tuer une dans leur grenier », estime le fauconnier.

Il assure par ailleurs que « les gens sont heureux de voir les oiseaux près d’eux. Il faut les faire rêver ». Il le constate notamment lors de ses interventions pédagogiques dans les établissements scolaires ou en ehpad.

Emilie Mette

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