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Conseil Départemental : Un budget forcément impacté par la crise

Malgré la crise du Covid-19, le Département veut maintenir un budget ambitieux pour 2021, avec notamment 82 millions d’euros d’investissements prévus. Pour autant, son président se veut également vigilant…

9,3 millions d’euros de dépenses en 2020, près de 12 millions de prévues en 2021, la crise du Covid-19 n’a pas épargné les finances du Conseil Départemental d’Indre-et-Loire. C’est ce qui ressort en tout cas du rapport d’orientations budgétaires présenté par le Président Jean-Gérard Paumier qui fera voter le dernier budget du mandat le mois prochain par les 38 conseillers départementaux.

Le Département reste une collectivité singulière dans le mille-feuille territorial, encore plus depuis cette année où il s’est vu retirer ses leviers fiscaux avec le transfert de la taxe sur le foncier bâti. Dans ces conditions, l’élaboration des orientations budgétaires relève d’autant plus d’un casse-tête pour une collectivité dont les principales compétences pourraient se résumer aux collèges et surtout au social, dont il a la charge notamment via le volet insertion et le financement du RSA. Cette année, sur un budget de fonctionnement prévu à 525 millions d’euros, le volet social englobe 337 millions d’euros du total, dont 103 millions d’euros pour l’insertion détaille Jean-Gérard Paumier. Et sur cette dernière somme, 94,5 millions devrait être consacré aux versements des RSA. « Nous avons prévu une hausse de 8 millions d’euros par rapport à ce que nous avons versé en 2020, car la crise se fait sentir » note le président du Conseil Départemental qui rappelle qu’en janvier 2020 les prévisions sur l’année n’étaient « que » de 80 millions d’euros pour le RSA. A ce titre, l’élu local ne cache pas son mécontentement envers l’Etat et le fait régulièrement savoir. « Nous n’avons aucune compensation de l’Etat face à cette hausse » nous dit-il encore en ce début d’année.

Un volet social qui peut se montrer explosif avec régulièrement des critiques d’associations ou de salariés. Ce fut le cas encore récemment (comme nous l’écrivions sur Info Tours) avec les salariés de la Fondation Verdier qui dénonçaient, suite au licenciement de 3 de leurs collègues, une logique comptable du secteur de la protection de l’enfance, critiquant notamment la mise en place d’appels à projets, responsables selon eux de prix tirés vers le bas et donc d’une impossibilité derrière de mener à bien leurs missions auprès des enfants. « Les appels à projets ont été fait parce que c’était imposé par l’Etat » répond aujourd’hui Jean-Gérard Paumier « nous les avons mis en place en étant très précautionneux. » Et sur la Fondation Verdier, de répondre : « J’ai reçu la direction et des représentants des salariés, j’ai donné à tout le monde les mêmes informations et les mêmes documents. Après, le Département ne peut pas se mêler de ce qui se passe au sein des structures qui sont indépendantes. Le mariage entre Verdier et la Croix Rouge ne concerne qu’elles deux, nous n’avons pas à y interférer. »

« Cette année nous prévoyons 77 millions d’euros sur le secteur de la protection de l’enfance et nous avons augmenté les crédits de 15 millions d’euros en 3 ans, avec 115 nouvelles places de créées. »

Malgré un budget forcément contraint, Jean-Gérard Paumier réaffirme par ailleurs le soutien du Département aux sports et à la culture : « Le rôle des collectivités est d’être un amortisseur » affirme-t-il en expliquant maintenir des subventions égales à celles de 2020 pour les associations, ; clubs sportifs ou événements qu’elle est habituée à soutenir… même en cas d’annulation de festivités.

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Le maintien des investissements

A côté du fonctionnement, l’autre grand volet de tout budget public ce sont les investissements. En 2020, le Département a réalisé 80% de ceux prévus au départ, un score honorable vu le contexte. Cette année, le Département va engager 82 millions d’euros, dont 22 millions pour la rénovation de collèges, prévu dans le plan pluriannuel d’investissements validé en 2019. Parmi les trois plus gros chantiers attendus cette année : la réfection de la demi-pension pour les collèges de Sainte-Maure de Touraine et de Château-Renault, ainsi que la rénovation du collège de Savigné-sur-Lathan. Ce dernier projet a récemment été dénoncé par le maire de cette commune qui aurait préféré une reconstruction totale, plutôt qu’une rénovation/agrandissement des bâtiments existants. « On investit 5 millions d’euros sur ce collège et 8 des 9 maires des communes concernées sont d’accord avec ce projet. A chacun de prendre ses responsabilités, mais si jamais le projet est bloqué, il n’y aura rien de fait avant 10 ans, alors que là tout est prêt à démarrer. » prévient Jean-Gérard Paumier.

Parmi les autres postes d’investissement on retient 20 millions d’euros pour les routes, 11 millions d’euros pour les fonds alloués aux communes « et on sait qu’ils ont un effet levier de 4 sur l’économie locale » avance Jean-Gérard Paumier, ainsi que la poursuite du contrat performance énergétique (18 millions d’euros sur 6 ans) avec la poursuite de la chaufferie Biomasse de Parçay-Meslay mais aussi le lancement de la rénovation des bâtiments du Champ Girault.

Parmi les investissements envisagés, le Département en a fléché certains, qu’il estime dans les clous du Plan de Relance de l’Etat dont il espère recevoir 8 millions d’euros. Et le Président du Département de se montrer confiant : « Nous avons fléché 20 millions euros d’investissements, c’est précis mais nous avons fait en sorte que cela rentre pleinement dans les cases. »


Un degré en plus :

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