A Loches, Madame Augustine fait revivre la mode du passé

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A partir de ce mois d’octobre, la Cité Royale de Loches va s’enrichir d’une nouvelle pièce de choix : la reconstitution d’une robe portée par Agnès Sorel, qui était favorite du roi Charles VII au XVe siècle et dont l’histoire est liée à celle de la Touraine. Son vêtement a été créé sur commande par une couturière et styliste de la Rue Picois, spécialisée dans la reproduction de tenues d’époque ou la création de nouvelles pièces inspirées des siècles précédents.

Madame Augustine a 29 ans et n’achète jamais de vêtements. La jeune femme ne porte que ses créations, et pas n’importe quel type : des robes qui semblent sorties d’une époque que nous n’avons pas vécue mais qui forment son style. « J’ai toujours été intéressée par les pièces du XVIIIe ou du XIXe siècle » nous explique cette Belfortaine d’origine, arrivée en Touraine dans ses études et qui ne veut plus en repartir, « parce que c’est le seul endroit de France où on trouve un château à chaque coin de rue. »

Son atelier est donc installé au premier étage d’une petite maison du centre historique de Loches avec bel escalier en pierres fatiguées et poutres massives au plafond. Dans une pièce elle travaille, dans l’autre elle reçoit, expose ou fignole. « J’ai ma boutique physique depuis 4 ans et j’ai déménagé ici depuis mars » nous dit Madame Augustine qui reçoit exclusivement sur rendez-vous. Et pour cause : ce qu’elle fait ce n’est pas de la grande échelle mais de la minutie. Des robes ou costumes qui peuvent lui prendre jusqu’à 3 mois de travail pour les projets les plus complexes, et quelques semaines au minimum. « J’ai un an de délai pour les livraisons » précise-t-elle, celles-ci allant e la Touraine aux Etats-Unis en passant par l’Allemagne.

L’activité de Madame Augustine se divise en deux : une partie création où elle imagine des robes de mariée, vêtements pour tous les jours, robes de demoiselles d’honneur ou costumes festifs inspirés du style des siècles précédents. Et une activité de reconstitution pure et dure où elle travaille à partir de tableaux ou autres documents historiques pour réaliser des copies les plus conformes possibles.

Des vêtements sur-mesure

« Je suis couturière depuis plus de 12 ans » souligne la professionnelle qui « dessine depuis gamine », A entrepris un cursus d’études manuelles dès ses 15 ans et voit aujourd’hui les deux branches de son entreprise comme complémentaires. « Dans la création on recherche vraiment l’aspect esthétique final alors que pour les costumes il faut rechercher la coupe de l’époque, les coutures de l’époque ou même le style des fils de l’époque. » Madame Augustine travaille avec des matières premières quasi exclusivement européennes, hormis la soie venue d’Inde faute de fournisseur existant à une distance moins lointaine. Elle utilise le coton, le drap de laine, le lin… Des matières nobles qui, conjuguées à la technicité des réalisations, font que les produits finis s’approchent souvent du millier d’euros (mais on peut aussi acquérir un veston autour de 250€).

« Il n’y a pas de profil type dans ma clientèle » pose Madame Augustine, qui travaille tout de même beaucoup pour mariages et baptêmes mais fait donc aussi des pièces destinées au quotidien. L’une de ses spécialités, c’est le corset : « J’adore travailler dessus… et j’adore les porter. Il a une mauvaise image à cause des baleines en métal du XIXe siècle et ses coupes affreuses mais en vérité on peut en faire de très agréables avec des baleines plastique et dans lesquels on peut bouger. Au final c’est un sous-vêtement et à chaque fois je fais en sorte qu’il s’adapte à la personne, et non l’inverse. »

120h de travail pour une couronne

D’ailleurs, toutes les créations de la Lochoise sont sur-mesure. « En général on me soumet une idée, je fais un croquis, je prends les mesures, on m’envoie des photos… Certains projets sont réfléchis depuis des années » explique la créatrice-costumière.

Son dernier défi : recréer une robe d’Agnès Sorel, passée par la Cité Royale de Loches et à qui le monument consacre une exposition jusqu’au 6 novembre, en écho aux 600 ans de sa naissance. Ce défi a demandé 3 semaines de travail à raisons de journées de 12h non-stop, dont 120h rien que pour la couronne en métal, velours, perles de verre et feuilles d’or. Un projet pensé par le studio Grain d’Image et inspiré d’un tableau et qui sera officiellement livré ce mercredi 19 octobre, dans le cadre d’une action pour Octobre Rose, mois de lutte contre le cancer du sein. Le vêtement restera ensuite exposé en permanence à Loches. Ce sera le 2e projet de Madame Augustine à prendre place dans un décor historique, le premier étant au Château d’Amboise.

Olivier Collet / Photo : Mathieu Giua

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