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Nouvelle saison et nombreux défis pour les footballeuses du Tours FC

C’était au printemps, contre Toulouse. Battues en barrages d’accession en D2, les joueuses du Tours Football Club terminaient leur année sur une frustration. C’est donc au niveau régional qu’elles reprennent la compétition pour la rentrée, toujours avec une forte envie et le sentiment qu’elles peuvent franchir un palier. Y compris dans la formation qui débute parfois très jeune. On en parle avec Léa Lecomte, cadre de l’équipe sénior mais aussi animatrice au sein du club pour encadrer les plus jeunes.

Qui est Léa Lecomte ?

A 25 ans, elle vit pour le foot depuis longtemps. Après le bac elle a fait un service civique au District d’Indre-et-Loire avant de rejoindre le Loir-et-Cher pour un poste d’adjointe technique. Elle est revenue sur Tours en 2017 et mixe interventions dans les écoles et les quartiers avec l’entraînement d’une équipe et son poste dans l’équipe première du TFC.

En termes d’effectifs, comment se profile cette nouvelle saison pour les féminines du Tours FC ?

Je ne sais pas trop… On ignore quelles seront réellement les retombées de la Coupe du Monde de cet été. De 12 ans aux séniors, nos équipes sont déjà calées : les effectifs sont clairs, même si on attend encore quelques joueuses en U12 et U13. Après pour les plus petites, on verra. L’impact populaire du Mondial peut nous apporter pas mal de nouvelles licenciées. Déjà la Coupe du Monde des garçons avait eu un bel effet l’an dernier : on avait 32 licenciées chez les 5-10 ans ce qui était énorme pour nous. On ne s’y attendait pas. Cela prouve aussi que le travail dans les écoles porte ses fruits.

Une Coupe du Monde c’est donc un vrai coup de projecteur pour votre sport ?

Oui même si le parcours des françaises aurait pu être meilleur. Je crois qu’elles avaient les capacités d’aller au bout. A mon avis, il nous manque encore quelques éléments, et il nous reste des progrès à faire sur ce que l’on propose au niveau des instances en France. Par exemple on passe directement du 1er niveau régional à la D2 : le fossé est important, et je pense qu’on pourrait proposer un football de bien meilleure qualité si l’offre de pratique était adaptée à toutes les joueuses.

« Aux inscriptions on a à la fois des mordues du foot et des jeunes filles qui ont envie de s’identifier à ce qu’elles voient à la télé. »

Les filles qui arrivent au Tours FC le font avec un vrai intérêt pour le foot, ou attirées par le côté médiatique ?

Généralement chez les plus petites c’est un intérêt car pour les filles, ce n’est pas forcément inné de venir au football dès 5-6 ans. Après pour les jeunes de 12-15 ans c’est vrai qu’on a des joueuses qui s’inscrivent pour être avec les copines, ou parce qu’après avoir vu les matchs à la télé elles se disent « Pourquoi pas moi ? ». C’est du 50-50. A la fois des mordues du foot et des jeunes filles qui ont envie de s’identifier à ce qu’elles voient.

Sur le terrain, est-ce qu’on fait vite la différence entre ces deux profils ?

Au début c’est possible. Ensuite, tout est une question de volonté et de travail : une fille qui vient pour essayer et s’identifier a vite fait de se dire « Si je travaille je peux monter plus haut. » Souvent, celles qui se présentent jouent déjà dans la cour d’école, leur papa est au foot ou leur maman aime bien ça… Parce qu’on n’est pas encore dans un contexte où tout le monde accepte que les jeunes filles aillent pratiquer le football. Les mœurs ne sont pas encore assez évoluées. Même après la Coupe du Monde : il reste énormément de clichés. Quand je vois que les joueuses portent encore beaucoup de préjugés c’est dommage. Les gens font trop d’amalgames alors que ça reste un sport mixte : ce n’est pas parce qu’une fille fait du foot qu’elle n’est pas féminine ! Il faut les respecter.

L’équipe Sénior du TFC avant son match retour des barrages au printemps 2019 – (c) Tours FC

Les nouvelles joueuses du TFC, vous les initiez très vite à la compétition ou vous accentuez vos séances sur la pratique du sport en tant que loisir ?

De 5 à 13 ans, on essaie petit à petit de leur inculquer une culture du travail et de la compétition mais on reste sur du loisir. Il ne faut pas oublier qu’elles sont jeunes : elles viennent avant tout pour s’amuser, pratiquer leur passion. Notre défi, c’est d’abord de les fidéliser. On n’en est pas à un point où on a suffisamment de licenciées pour se passer de cet objectif. Si derrière on veut de la qualité pour les compétitions, il faut s’attacher à garder ces filles.

« On a vraiment très envie d’aller au bout. »

Aujourd’hui, on peut clairement avancer que le Tours FC est un club avec des ambitions ?

Oui. Déjà l’an dernier on sentait qu’il y avait quelque chose à faire… Pour l’équipe première ce n’est pas passé pendant les barrages mais j’espère qu’on réitérera ce parcours cette saison, et que cette fois on y arrivera. Ça passera par beaucoup de travail, et beaucoup de croyances car il faut avoir confiance en ce que l’on met en place. Cela fait 5 ans qu’on travaille sur ce projet donc on a vraiment très envie d’aller au bout. Chaque année on rajoute des éléments pour atteindre ces barrages interrégionaux et aller au-delà. Donc au bout d’un moment il va vraiment falloir mettre les bouchées doubles, être ambitieuses et foncer.

Accéder au niveau supérieur, qu’est-ce que ça pourrait apporter au club ?

Sans doute plus de licenciées, et une fidélisation des jeunes. Aujourd’hui en jouant en R1 on forme des joueuses qui, au bout d’un moment, sont tentées de partir. Et c’est normal. Donc atteindre la D2 nous permettrait d’assurer un suivi, de garder nos joueuses, accueillir d’autres footballeuses de qualité de l’extérieur. Enfin cela nous garantira une image forte sur le département, la région et au niveau national.


Un degré en plus :

Le Tours FC sera à Sport’Ouvertes dimanche au Centre Aquatique du Lac et organise aussi une session découverte ce mercredi 4 septembre de 14h à 15h30 à la Vallée du Cher pour les filles nées entre 2009 et 2014.

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