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A Tours-Nord, la passion du tir à l’arc

Un mur de cibles, des stocks de flèches et un groupe prêt à tirer depuis une ligne qu’il ne faut pas dépasser. Plusieurs soirs par semaine, le gymnase Vaucanson accueille les archers du club de tir à l’arc de l’US Tours, association qui regroupe pas moins de 85 adhérentes et adhérents. Nous sommes partis à leur rencontre.

Francis Fagon pratique le tir à l’arc depuis plusieurs décennies mais il n’a jamais remporté la moindre compétition. L’homme de 75 ans a pourtant une médaille d’or à son palmarès pour ses qualités d’encadrant. « Ici je passe un peu pour le vieux ronchon qui pinaille sur la sécurité mais c’est ce qu’il y a de plus important » explique celui qui préside la section tir à l’arc de l’US Tours depuis 3 ans. Le jour de notre visite, c’est une soirée dédiée aux jeunes comme chaque mercredi de 17h à 19h, avant l’arrivée des membres plus expérimentés jusqu’à 20h30. Le club dispose également de créneaux les lundis, jeudis et vendredis à partir de 18h.

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« Le tir à l’arc c’est un mélange d’adresse, de maîtrise de soi et de fluidité du geste » résume Francis Fagon qui pratique la discipline de façon ininterrompue depuis 1997, « et auparavant j’en avais fait pendant trois ans dans le cadre d’une animation professionnelle. C’est un sport que j’ai découvert en assistant à une compétition lorsque je vivais en région parisienne. »

Une formation « à la manière des peintres impressionnistes »

Le président de l’US Tours tir à l’arc le reconnait : « Comme tous les débutants, au départ, je songeais juste à jeter des flèches. Quand je me suis aperçu qu’on ne faisait pas comme ça, j’ai repris l’apprentissage morceau par morceau. » Au gymnase Vaucanson, chaque séance commence par un échauffement. Et encore, il dure moins longtemps que la durée réellement recommandée. « Le tir à l’arc nécessite un geste qui n’est pas symétrique puisqu’un bras pousse l’autre il faut donc faire attention à la façon dont on place sa colonne vertébrale et faire tout un travail d’élongation au risque de le payer. » Cet apprentissage progressif est indispensable pour gagner en précision : « On fractionne le mouvement. Une première phase puis la deuxième, la troisième etc. On fait notre formation un peu à la manière de peintres impressionnistes » Ainsi, d’après Régis Fagon, il faut plusieurs années de pratique avant de pouvoir prétendre à une technique réellement efficace.

Pour l’US Tours, l’objectif est donc de recruter des licencié.e.s à former dans la durée. Avec 85 membres, il affiche complet et doit refuser du monde. « Il y a une dizaine d’années l’école de jeunes était plus importante puis ça s’est progressivement inversé. Nous investissons désormais sur les jeunes adultes pour avoir de meilleurs résultats. » Et quand on dit que le tir à l’arc est un sport qui se pratique longtemps, c’est vrai : le doyen du club a dépassé les 80 ans !

Acquérir c’est un investissement : au minimum 400€

Afin d’éviter les déconvenues, l’association ne demande pas aux familles d’acheter leur propre arc pour la première année de cours, « mais après on leur cause du Père Noël » (ça tombe bien, c’est la saison). En effet, les arcs sont vendus sur-mesure et coûtent en général entre 400 et 500€. Voilà pourquoi il vaut mieux être sûr de son choix. « A partir du moment où l’on a acquis un arc, on le fait à soi petit à petit » précise Francis Fagon qui a conservé son 1er arc classique mais utilise désormais un arc à poulie, vu son âge.

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Sur le terrain, face aux 12 cibles, ce sont bien des arcs classiques qui sont utilisés par les ados venus pratiquer ce jour-là. Des jeunes pas toujours très concentrés, voire carrément bavards. Voilà pourquoi le président et les coachs surveillent le respect des règles de sécurité : « Souvent on voit des personnes imprudentes. Quand on retire les flèches des cibles, personnes ne doit se trouver derrière car l’encoche peut faire aussi mal que sa pointe. » Et comme il y a régulièrement affluence sur le pas de tir, mieux vaut avoir l’œil. « Le jeudi nous avons souvent plus de 30 personnes » relève Francis Fagon, qui se sent bien à l’étroit dans ce gymnase Vaucanson, le seuil de la ville équipé pour le tir à l’arc. Et comme le club n’est pas seul à l’utiliser, il déplore le manque de sites de stockage sécurisés pour le matériel, notamment celui qui sert aux compétitions.

« On souhaiterait également un local pour faire nos cordes nous-mêmes. »

Francis Fagon, président de l’US Tours tir à l’arc.

Aux beaux jours, les licencié.e.s de l’US Tours peuvent tout de même prendre plus d’aise en extérieur… Mais là aussi ce n’est pas toujours simple car les terrains d’entraînement sont à la Vallée du Cher, ce qui fait loin pour des jeunes non véhiculés d’autant que la zone est très mal desservie par les transports en commun. La direction du club parle donc de mettre en place des cibles fixes près des terrain de Vaucanson pour que les apprentis archers puissent s’exercer par petits groupes. Un premier pas vers la compétition sachant qu’il y en a très régulièrement un peu partout en Indre-et-Loire et dans la région. Celles de Tours sont organisées en novembre en intérieur et en juin avec 36 cibles à la Chambrerie. Le président rêve aussi d’organiser un parcours de tir en forêt avec des cibles traditionnelles mais aussi en mousse ou en 3D. De quoi dynamiser une discipline dont il déplore le manque de visibilité.

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