Société

Universités : le couple Orléans-Tours va se retrouver à l’hôtel… Dupanloup

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Les universités d’Orléans et de Tours fusionneront-elles un jour ? Ce n’est pas gagné. Flirter pourquoi pas, et plus si affinité avec des rapports étroits rien n’est tabou, mais quant à convoler en juste noce, il ne faut pas rêver. Pas encore.

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Cette métaphore maritale, c’est le président de l’université d’Orléans lui-même qui l’a utilisée jeudi soir lors de ses vœux devant une petite chambrée d’élus et d’universitaires. La nouvelle rectrice d’académie n’avait pas cru bon de faire le déplacement ce qui illustre bien que l’affaire Youssoufi Touré a du mal à passer, y compris chez les représentants d un rectorat qui auraient pu se montrer plus vigilants. L’ombre de l’ancien président a plané sur cette sauterie universitaire au cœur de Dupanloup et de son mobilier de luxe design, fief du nouveau président.

Ary Bruand, son successeur, qui aimerait bien maintenant que l’on passe à la suite sait par chance manier l’humour. Ainsi lorsqu’il explique que « la situation financière n’est pas un élément qui nous favorise, c’est plutôt un frein, je comprends que le marié s’inquiète d’avoir à assumer un passif ». Et si l’on admet que l’université d’Orléans serait la promise et celle de Tours le soupirant, il dit comprendre que « la dote serait plutôt la dette », comme l’avait dit le président de Région François Bonneau ! Tout est dit car l’on sait que le président de l’université de Tours, Philippe Vendrix, ne tient pas à une fusion plombée par le trou de douze millions d’euros laissé par l’ancienne présidence d’Orléans.

“L’université François Rabelais ne voit pas l’intérêt de fusionner”

« De toutes façons », explique un universitaire sous couvert d’anonymat, « trou ou pas, l’université François-Rabelais ne voit pas l’intérêt de fusionner, elle veut garder son rayonnement à travers la Touraine et ne s’est jamais intéressée aux antennes régionales à Bourges, Chartres, Blois… ». Maintenant qu’est rangée aux rayons des oubliettes, la COMUE (Communauté d’Universités et d’établissements) avec les universités de Poitiers et Limoges qui remontent à l’avant redécoupage régional, François Bonneau lui, et c’est son job, milite pour des rapprochements sérieux entre Orléans et Tours. Si l’on en croit Ary Bryand, une fois l’étonnement passé du changement de cap, tout le monde, le préfet, la rectrice, le maire d’Orléans, le président de Région, milite au nom de la cohérence de la région Centre-Val de Loire pour une COMUE Orléans-Tours.

« Orléans a gagné 1.500 à 1.600 étudiants de plus en 2016 », plaide Ary Bruand, passant la jauge de 18.000, une « croissance supérieure à celle de Tours » qui montre « la vitalité du territoire ». Mais seule une fusion avec Tours permettrait à l’université du Val de Loire d’atteindre la jauge décisive des 50.000. S’agissant des projets 2017, Ary Bruand confirme malicieusement que l’université d’Orléans qui doit serrer les boulons, ne bénéficiera pas “d’un niveau de dépenses élevé”. Pour autant, Orléans continuera d’ouvrir les bras aux nouveaux étudiants, un effort sera fait sur les handicapés et l’on continuera aussi d’accueillir des “étudiants étrangers de tous horizons car c’est une richesse pour nos étudiants de se confronter aux cultures étrangères”. Ary Bruand a aussi insisté sur les efforts à faire en matière de numérique, un secteur où Orléans est plutôt à la traîne.

Alors fusion ou pas entre Tours et Orléans, à partir d’une COMUE “en cohérence avec la région Centre-Val de Loire”. Fin février, une réunion au ministère jettera les bases de cette “belle alliance” qui pour l’instant se limitera à des “convergences”. Et pour abriter les préliminaires de ces fiançailles Tours-Orléans, le couple se retrouvera à l’hôtel, siège de la COMUE, à l’hôtel Dupanloup. Un bon début.

Ch.B.

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