Société

Un campement pour les demandeurs d’asile au Sanitas

Depuis vendredi, trente-trois personnes dorment dans des tentes dans un square au Sanitas. Des familles entières avec enfants en bas âge parfois, sont ainsi « accueillies » dans ce camp de fortune dressé par l’association Chrétiens Migrants depuis trois jours.

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Sur place, les militants de l’association expliquent que les demandeurs d’asile viennent d’Arménie, d’Angola ou encore de Géorgie. Des familles présentes en France depuis quelques mois souvent et qui soir après soir se retrouvent à la rue malgré les appels au 115 (numéro d’hébergement d’urgence). « Tout cela se fait au mépris de la loi » nous explique-t-on : « La législation française et européenne garantit à tout demandeur d’asile un droit au logement, à de la nourriture et à l’hygiène élémentaire. Elle n’est pas respectée ».

Un problème structurel qui n’est pas nouveau à en croire nos interlocuteurs. Chaque soir, selon eux, c’est environ une centaine de personnes que le 115 ne peut héberger à Tours, tout en chiffrant un manque de 300 places d’hébergement d’urgence dans le département. Une situation que les associations connaissent bien et sur laquelle elles ont alerté les autorités depuis plusieurs mois. « Chaque jour nous avons une trentaine de personnes qui viennent au local parce qu’elles sont à la rue. On les aide comme on peut, mais c’est à la mairie de leur trouver un hébergement » raconte une bénévole.

Avec ce campement, l’objectif est ainsi de rendre visible ce problème et le sort de ces familles mais aussi et « surtout d’alerter les autorités pour que celles-ci leur trouvent un logement ». Hier après-midi, les militants de Chrétiens Migrants et du DAL (Droit au Logement) présents sur le camp affirmaient n’avoir aucune nouvelle de la mairie, ni de la préfecture depuis l’installation des tentes. « Seule la police est passée samedi. Avec la mairie depuis l’histoire des subventions nous n’avons plus aucun contact », nous précise-t-on (ndlr : Pour rappel l’association Chrétiens Migrants avait perdu cette année la subvention municipale qu’elle touchait jusque-là).

Pour le moment, le campement se situant juste derrière le local de Chrétiens Migrants, l’association permet aux demandeurs d’asile hébergés dans les tentes de s’y laver, tandis que les repas sont assurés également grâce à l’aide spontanée qui s’est mise en place. Une situation tourangelle qui n’est malheureusement pas exceptionnelle en France concluait une militante, en faisant un parallèle avec l’évacuation récente de campements de migrants à Paris.

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