Société

Statu quo et manifestation pour le foyer Albert Thomas

Alors qu’une manifestation de soutien au foyer Albert Thomas est prévu ce soir à 18h, la Mairie de Tours et la Préfecture ont fait un point presse commun hier.

Ce jeudi soir, les résidents du foyer Albert Thomas et leur comité de soutien, composé essentiellement de militants associatifs, syndicaux et politiques, vont de nouveau se rassembler devant l’Hôtel de Ville de Tours, place Jean Jaurès. Pour eux, les revendications n’ont pas changé : maintien des résidents au sein du foyer, au 12 rue Albert Thomas, jusqu’à une reprise des activités du foyer et des salariés par une nouvelle association.

Un repreneur pour le foyer d’ici un mois-et-demi

De l’autre côté du dossier, les pouvoirs publics, Ville de Tours et Préfecture, après une première phase où ils se sont montrés plutôt silencieux, ont tenu une conférence de presse hier. Rappelant ce qui avait été dit en début de semaine par communiqué, le préfet Louis le Franc a indiqué qu’un appel d’offres pour la reprise du foyer Albert Thomas allait être publié, sur la base d’un nouveau cahier des charges. Le préfet pointant au passage des manquements, de la précédente association dans ses missions. L’association repreneuse devrait être connue d’ici un mois et demi maximum.

Sur la situation actuelle et l’occupation du foyer par les résidents, le préfet d’Indre-et-Loire se veut « ferme mais humain » répète-t-il, argumentant sur le vide juridique de l’occupation suite à la liquidation de l’association gérant le foyer. Expliquant que ses services se sont vus refuser l’entrée du foyer ce mercredi, Louis le Franc demande à ce qu’ils puissent y entrer pour connaître le nombre exact d’occupants ainsi que leurs situations, afin qu’ils soient orientés vers les dispositifs correspondants, tout en précisant : « ce n’est pas un collectif qui fait la loi »…

Des propos qui font échos à ceux du maire de Tours la veille. Lors de sa cérémonie de vœux au quartier du Sanitas, un échange vif avait eu lieu entre Serge Babary et des militants.  Le maire avait alors accusé les associations derrière le comité de soutien, d’instrumentaliser à des fins politiques ou militantes, le sort des résidents du foyer (ndlr : une vidéo de l’intervention est visible ici). Serge Babary avait également avancé que les demandeurs d’asile occupant le foyer devaient être orientés vers des CADA (Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) et que le foyer d’hébergement d’urgence n’avait pas vocation à devenir un lieu d’hébergement pérenne. Des propos que le maire a répété ce mercredi aux côtés du préfet.  Rappelons que la situation des résidents du Foyer Albert Thomas est en effet diverse : certains ont le statut de réfugié, d’autres ont fait une demande d’asile… A la veille de la liquidation de l’association, les salariés indiquaient que 2/3 des places étaient occupés par des migrants et 1/3 par des SDF dits « communs ».

Les résidents invoquent la loi DALO

On comprend que la situation du foyer Albert Thomas touche à la problématique plus générale de l’hébergement d’urgence. Au départ Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU), le foyer  accueillait des SDF « communs » pour reprendre les propos de certains salariés, avant que  la population ne soit plus mixée ces dernières années, avec l’arrivée régulière de migrants, (demandeurs d’asile ou réfugiés). Des migrants au statuts légaux différents donc que les pouvoirs publics veulent aujourd’hui aiguiller au cas par cas selon leur situation individuelle.

A l’inverse, pour les militants du Comité de soutien, le sort des migrants ne doit pas être isolé du reste des résidents. Pour faire valoir leur bon droit ils avancent de leur côté la loi DALO (droit au logement opposable), « qui reconnaît à la personne bénéficiant d’un hébergement d’urgence un « droit au maintien dans les lieux » selon le principe dit de continuité » écrivent-ils. Un comité de soutien et des résidents qui regrettent par ailleurs que leurs demandes de rendez-vous auprès de la Préfecture et de la Mairie de Tours soient restées sans réponses et qui ne souhaitent pas quitter le foyer et prendre la direction du gymnase Racault, réquisitionné jusqu’au 31 janvier. Une occupation que le préfet ne souhaite pas faire évacuer pour le moment par les forces de l’ordre dit-il, espérant une solution plus pacifique. Mais si la situation au foyer devait se dégrader,  Serge Babary et Louis le Franc préviennent, il seraient dans l’obligation de « passer par la voie judiciaire » et d’ordonner l’expulsion.

AR et MG

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