Société

Signes des Temps #78 Ecumoires & passoires au Lycée Albert Bayet

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées par notre journaliste Laurent Geneix dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

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Parfois cette chronique quitte les rues de la ville et s’immisce dans les bâtisses, surtout quand le thermomètre s’éloigne dangereusement des 37 degrés. Elle est frileuse, la chronique, et fuit le rhume chronique qui saisit tant d’urbains dénudés qui oublient d’accumuler les épaisseurs sous prétexte qu’à l’extérieur ils ne font que passer.

Bref, au hasard de nos pérégrinations automnales, nous sommes tombés sur cette belle collection d’ustensiles pendouillant au milieu d’élèves cuisiniers en pleine action (à moins que ce ne soit l’inverse), un jour comme un autre au restaurant d’application du Lycée Albert Bayet sur les bords de Loire. Pour celles et ceux qui ne savent pas où c’est, on est environ à mi-chemin entre la bibliothèque municipale et le prieuré de Saint-Cosme. Pour celles et ceux qui ne voient toujours pas, on n’a plus trop de solution à part leur rappeler qu’il existe autre chose que les boutiques de la rue Nationale et le Starbucks de la place Jean Jaurès dans notre bonne vieille bourgade.

Alors, «écumoire» ou «passoire» ? Telle est la question de cette fin d’année que nous soumettons à nos lecteurs, histoire d’oublier leurs vrais problèmes et leurs insoutenables dilemmes quand il leur reste quelques heures pour acheter leurs cadeaux de Noël (les Syriens ont d’autres préoccupations, mais on n’est pas là pour casser l’ambiance non plus).

Les Shadoks avaient en leur temps compliqué la chose en prétendant qu’il existait trois sortes de passoires («celles qui ne laissent passer ni les nouilles, ni l’eau ; celles qui laissent passer les nouilles et l’eau ; et celles qui laissent quelquefois passer l’un ou l’autre et quelquefois pas»). On trouve aussi une jolie variante du proverbe – lui aussi culinaire – «c’est la poële qui se moque du chaudron», avec un énigmatique «la passoire reproche à l’écumoire d’avoir des trous.»

Toutes considérations sur lesquelles les élèves du lycée Albert Bayet ne peuvent se permettre de méditer pendant des heures, quand on voit tout ce qu’ils ont déjà à apprendre, à ranger, à nettoyer, à préparer… dans ces cuisines. Il faut vraiment être journaliste pour ne rien avoir d’autre à faire qu’à rester contemplatif face à cet assemblage métallique au repos et à l’imaginer s’activer d’un coup, et passer de mains en mains, au gré des menus et des recettes du moment.

Sur ce, Bonnes Fêtes au pluriel, à toutes celles et tous ceux qui ont des doubles prénoms bien sûr.

Un degré en plus

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