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Signes des Temps #233 : Coup de pinceau

 

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

Je te vois, toi, qui détourne le regard de la route au volant de ta voiture. Je te vois, toi, qui veut toujours un siège côté fenêtre dans le train. Je te vois, toi, qui décroche le nez de cet article pour jeter un œil de l’autre côté de la vitre du bus. Je te vois et je te comprends.

Quand on traverse un pont, d’un coup, le paysage s’efface. La grisaille s’estompe et la lumière jaillit. L’œil est attiré par l’eau qui coule en dessous. Un simple ruisseau, un canal, une rivière ou un fleuve : champ des possibles infini, merveilles sculptées par le temps, l’homme ou les courants. Selon l’heure, le jour, la saison… On ne sait jamais trop à quel spectacle s’attendre. Un même endroit pourra radicalement se transformer en moins de temps qu’il ne faut pour l’imaginer, et c’est pour ça que c’est si tentant de tourner la tête quelques instants.

En ce moment, le Cher n’a pas son allure habituelle. C’est l’heure d’entretenir les barrages et de faire descendre son niveau au strict minimum. Côté pile, on découvre l’affolante quantité d’objets pris dans la vase alors qu’ils seraient bien mieux dans une poubelle ou une décharge. Côté face on observe cet élégant tableau qui s’impose à nous par la magie des eaux peu profondes. Pas besoin d’aller à Bora Bora pour admirer la majestuosité des flots (de toute façon, c’est pas le moment, y’a une épidémie qui rôde).

Il faut profiter de ce spectacle qui ne durera pas, et qui peut potentiellement être sublimé par un rayon de soleil. Détourner le regard juste un instant pour admirer une œuvre naturelle même si elle se trouve au beau milieu d’un cours d’eau artificiellement canalisé. Sur cette photo, on pourrait reconnaître des traits d’Olivier Debré, et sans doute de bien d’autres artistes du passé, du présent ou en devenir. L’eau qui coule demeurera toujours un paysage inspirant.

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