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Signes des Temps #228 : Fashion perron

 

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

Avez-vous remarqué qu’il y a très souvent la pub d’une marque hyper fashion en dernière page des magazines ? Et quand ce n’est pas le cas, c’est qu’on essaie de vous vendre une bière (même s’il est à l’origine du début de pas mal d’histoires d’amour, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et le sommeil des voisins. A consommer avec Maud et Ration).

Avec le temps et la prise en compte des arguments féministes, les réclames s’avèrent moins stéréotypées, et il a fallu réduire le budget Photoshop. Ça n’a pas tué le commerce : on achète toujours des parfums, des robes, des t-shirts… Enfin, peut-être que progressivement on réduit l’ampleur de nos dressings parce que notre compte en banque n’est plus à la fête ou qu’on veut tenter un geste pour la planète. La preuve ? Le week-end dernier à Tours, le 1er dimanche des soldes semblait se dérouler dans une quasi indifférence, avec des boutiques ouvertes Rue Nationale mais bien peu de monde pour s’y aventurer.

Pourtant la mode et son industrie n’ont pas dit leur dernier mot. Aujourd’hui on ferait son shopping en ligne depuis son lit, le hamac de son jardin ou sur le chemin du retour du travail, en attendant le bus. On repère dans la rue ou sur Insta, on swipe, on clique. C’est facile, le numéro de la carte bancaire est déjà enregistré dans la matrice du site. Acheter c’est facile, en tout cas toujours plus que prendre le temps de se demander si on en a vraiment besoin. On essaie sans cesse de stimuler notre appétit de nouveauté. La fièvre acheteuse est au moins aussi contagieuse qu’un coronavirus.

Ainsi, les visages respirant la perfection et imprimés sur papier glacé ont encore de beaux jours devant eux dans les salles d’attente des médecins, dans la pochette à l’arrière d’un siège d’avion ou sur ce perron près de la préfecture d’Indre-et-Loire. Un sourire qui s’invite sans crier gare dans votre routine et qui capte le regard encore plus rapidement qu’un Messmer prendrait le contrôle de votre esprit.


Un degré en plus :

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