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Signes des Temps, #205 : La saison des plaids a commencé

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

Au moment où j’écris cette chronique cela fait déjà un mois que la guinguette de Tours a fermé. Quand je prends ma douche je peux encore apercevoir la marque du maillot de bain mais ce n’est plus qu’une question de jours avant que mon bronzage se doit définitivement évaporé. Quand je fais les courses, je n’imagine pas une seconde acheter un sorbet au citron et l’autre jour à la piscine je n’ai même pas essayé d’aller m’allonger sur les transats installés à l’extérieur, la phobie du rhume étant plus forte que le goût du risque.

Mais voilà, c’est vendredi et j’ai rendez-vous dans un bar Place de la Résistance. Avec des gens qui n’ont pas peu du froid : les dirigeants du club de patinage artistique de la ville de Tours. Question rituelle pour amorcer la conversation :

  • « On s’installe où ? » 
  • « Bah dehors ! »

Comme une évidence, donc. Une averse pourrait arriver à tout moment mais, non, tant qu’il y a un petit rayon de soleil il faut en profiter et se poser en terrasse. Même pas pour fumer, juste le plaisir d’être dehors et de faire un petit pied de nez aux jours qui raccourcissent et au thermomètre qui grimpe de moins en moins haut.

Les patronnes et patrons de bar connaissent bien ce sentiment. Et ils ont même trouvé des solutions pour l’encourager. La combine pas du tout écolo consiste à accrocher un chauffage d’appoint sous le auvent de sa terrasse. Plus artisanal, et plus subtil, on peut aussi laisser nonchalamment traîner des plaids sur ses chaises. Les mêmes qui accompagnent tes dimanches séries ou protègent ton canapé des poils de chat. Avec eux si vraiment tu as froid, tu sais que tu peux t’emmitoufler dedans. C’est un peu comme le doudou de ton enfance : tu n’en as pas forcément besoin pour t’endormir à 29 ans, mais savoir qu’il n’est pas loin te rassure parce que tu sais qu’il sera là en cas de coup dur. Et tant pis pour le ridicule.

Et petit détail qui compte : en plus de tenir chaud, le plaid peut aussi servir de rempart supplémentaire en cas de renversement inopiné de boisson.


Un degré en plus :

Pour découvrir toute la collection des Signes des Temps cliquez ici. Et si vous aimez cette chronique, retrouvez une compilation des plus belles proses de ses 3 premières années dans un livre paru chez les Éditions Sutton. En vente dans toutes les bonnes libraires 😉

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