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Signes des Temps #100 Tours-Villeperdue aller simple

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées par notre journaliste Laurent Geneix dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

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Qui a dit «partir, c’est mourir un peu» ? Se payer un aller simple pour Villeperdue est une belle illustration de la chose… Sans doute le cauchemar de beaucoup, peut-être le fantasme de quelques-uns et très vraisemblablement le bonheur de quelques rares connaisseurs aux mœurs obscures.

«Se perdre pour mieux se retrouver», «Ce qui compte c’est le chemin, pas la destination»… Et si le Saint Graal se trouvait quelque part par là, dans cette destination pleine de promesses («Surtout pour ceux qui vont en boîte de nuit» précise avec malice le connaisseur terre-à-terre des lieux) ?

Villeperdue existe vraiment et personne n’a jamais songé à la débaptiser (pour la rebaptiser en quoi d’ailleurs, en Villeretrouvée ?), ce qui fait et fera encore longtemps sans doute le bonheur des romantiques ténébreux de tout poil : «J’ai acheté un aller-simple pour Villeperdue, mais je ne suis pas monté dans le train, c’était juste pour la beauté du geste !». Ou alors en acheter deux pour séduire une belle. «Partons nous perdre tous les deux !», invitation qui se termine souvent sur un canapé et ne nécessite nullement l’intervention d’une compagnie de chemins de fer. La beauté du geste, on vous dit.

Enfin voilà, une nouvelle lubie à élever d’urgence au rang d’art majeur : l’achat de billets de train aux destinations improbables et poétiques pour se payer le luxe inouï de voyages imaginaires, tant qu’à faire à imaginer assis à une table de café dans la gare de départ, immobile et rêveur.

Puis redescendre sur Terre à défaut de grimper dans un TER.

Un degré en plus

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