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Sciences en Marche fait une halte à Tours

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Samedi, le comité local tourangeau de l’association Sciences en Marche accueillait les cyclistes de l’association partis de Nantes, Toulouse ou Bordeaux qui faisaient une halte à Tours avant de repartir ensemble vers Paris via Blois et Orléans. Une mobilisation à travers laquelle le personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) manifeste ses inquiétudes sur l’avenir de la recherche en France.

sciences en marche
Samedi la place Anatole France à Tours était le point de convergence de enseignants-chercheurs de l’ouest de la France avant le regroupement final prévu à Paris le 17 octobre. L’idée de Sciences en Marche est ainsi de faire converger vers Paris les enseignants-chercheurs des quatre coins de la France. Mais qu’est-ce qui pousse le personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) à marcher sur Paris ?

Les baisses des financements

La première inquiétude que l’on relève à écouter les chercheurs concerne le financement. Un enseignant-chercheur nous explique ainsi « On dépend de l’ANR (agence nationale de la recherche) qui ne finance seulement que 8% des projets qui lui sont présentés ». Plus que le montant, c’est l’absence de budgets récurrents qui est pointée unanimement. « Le système de recherche fondamentale universitaire est remis en cause parce que l’ANR pointe des thèmes prioritaires à financer. Pleins de laboratoires ne peuvent plus fonctionner, il y a un véritable risque pour certaines filières ». Pour étayer leurs propos, l’exemple de la découverte du VIH, responsable du SIDA est plusieurs fois cité : « Aujourd’hui, le professeur Montagnier, ne pourrait plus découvrir le VIH parce qu’on est sur des financements ciblés et sur des périodes courtes. Or dans la recherche pour que ça marche il faut des budgets récurrents ». Un membre de l’INRA de Nouzilly (Institut national de la recherche agronomique) confirme ces propos : « Chez nous il y a une baisse de recrutement et des budgets. Du coup on laisse tomber un certain nombre de thèmes de recherche et on fait moins d’expériences. Cette instabilité est causée par des logiques de court terme qui nous sont imposées ».

Une inquiétude pour l’avenir y compris au niveau local. Pascal, chercheur et Maître de Conférences en Sciences à la faculté de Grandmont évoque le problème des superstructures : « Il y a un effet entonnoir parce que des superstructures se mettent en place et absorbent le gros des financements. Pour bien paraître dans le classement de Shanghai, on fait grossir artificiellement les universités sans se rendre compte que ça remet en cause l’égalité territoriale et donc le modèle français. A Tours par exemple, on est une petite structure, donc on a moins de financements », nous explique-t-il.

Une précarisation de l’emploi

Un problème de financements qui, lien de cause à effet oblige, entraine une précarisation de l’emploi scientifique avec une hausse continue des CDD. Des CDD qui sont limités à 6 années, au bout desquels les enseignants se voient sortis du système. « Cela contribue à la fuite des cerveaux » nous explique Pascal, « les doctorants n’ont pas d’emploi stable et dans le privé leurs diplômes sont mal reconnus ».

Pourtant à écouter ces enseignants-chercheurs des solutions existent, à commencer par la remise en cause du Crédit Impôt Recherche (CIR), qui permet à des entreprises d’être exonérées d’une partie des impôts en cas de financement interne de projets de Recherche et Développement. Un système critiqué par la cour des comptes nous raconte-t-on, et qui coûte six milliards d’euros à l’Etat par an. « Nous proposons d’en récupérer deux milliards par an pour la recherche publique. Une partie de cet argent suffirait à créer des milliers d’emplois «  note-t-on parmi leurs revendications.
Pour Pascal, leur mobilisation est importante parce que « ce qui fait un pays développé c’est aussi le fait d’avoir une recherche et une production scientifique élevée ».

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