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Réforme des retraites : Edouard Philippe ne les a pas convaincus

Au lendemain des déclarations du Premier Ministre Edouard Philippe sur la réforme des retraites, les organisations syndicales engagées dans le mouvement de contestation du projet du gouvernement sont de nouveau descendues dans les rues de Tours ce jeudi 12 décembre pour scander leur opposition à la réforme annoncée.

Nouvelle journée de mobilisation pour les opposants à la réforme des retraites du gouvernement en ce jeudi 12 décembre. A Tours, les syndicats avaient appelé à une nouvelle manifestation, cette fois en partance du point zéro sous l’A10, à proximité du technicentre ferroviaire de Saint-Pierre-des-Corps. Un point de départ pas anodin donc, sachant que les cheminots sont particulièrement engagés dans la mobilisation. Dans le cortège qui s’est élancé en direction de la rue Edouard Vaillant, on retrouvait d’ailleurs pas mal d’agents de la SNCF, des personnels roulants, mais aussi des employés au guichet. « Quand je suis entré à la SNCF, ma retraite était à 57 ans, aujourd’hui elle passe à 64 ans. On va perdre beaucoup, surtout avec les salaires qui sont gelés depuis des années. Et je ne parle même pas de la casse de la SNCF avec son passage en société au premier janvier, dont on ne sait toujours pas comment cela va se passer pour nous » explique Romain.

Pour ce dernier comme ses collègues, cette réforme des retraites est une réforme de plus qui vient bousculer le statut professionnel et social dans lequel il s’était engagé en débutant sa carrière. Le son de cloche est similaire chez les enseignants croisés, tous évoquent des situations au quotidien de plus en plus difficiles mais aussi le sentiment fort d’être méprisés. « Regardez l’image que l’on véhicule de nous, on est des fainéants, des privilégiés… pourtant je n’ai vraiment pas l’impression d’être tout cela. On parle des fonctionnaires mais il faut rappeler qu’on est mal payés et que les salaires n’évoluent pas. Avec le calcul sur l’intégralité de la carrière, la perte sera énorme à la fin. J’ai décidé d’être prof par passion, mais regardez aujourd’hui il n’y a plus de candidats, c’est certainement parce qu’il y a une raison à cela. Quelle société voulons-nous, c’est cela qu’il faut se demander » nous raconte Elise, enseignante en collège depuis une dizaine d’années. Et quand on lui demande son sentiment sur les déclarations du Premier Ministre la veille, cette dernière de répondre avec un simple haussement d’épaules et un « pfff ».

Dire qu’Edouard Philippe n’a pas convaincu relève de la litote : Pour ce manifestant la réponse est ainsi claire : « la poudre aux yeux, on a déjà connu, ça ne prend plus. » Les avis sont unanimes dans le cortège, il faut dire que les manifestants n’attendaient pas grand-chose. « J’ai fini de croire au Père Noël » plaisante même un cheminot.

La manifestation en cette journée de mobilisation qui faisait un peu figure de transition entre les deux grands appels nationaux de mardi dernier et de mardi prochain, a ainsi montré que la mobilisation restait importante, bien loin d’être calmée par les annonces officielles. Avec 1500 manifestants revendiqués, la CGT, par le biais de son secrétaire départemental Stéphane Deplobin, se montrait satisfaite de ce chiffre et de la mobilisation en général « surtout avec des appels faits au jour le jour. » Ce dernier ne se disait « pas surpris » non plus par le Premier Ministre : « Les annonces ont confirmé que nous allions vers une régression sociale, nous appelons tout le monde à discuter des actions à mener, entre collègues, amis, voisins… » De leur côté les syndicats appellent à une nouvelle grosse journée de mobilisation nationale mardi 17 décembre. D’ici là, ils comptent maintenir la pression comme ce jeudi à travers différentes actions dont une manifestation samedi à partir de 14h à Tours.

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