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Profiter de l’été pour (re)découvrir Langeais

L’été a filé à toute vitesse, mais la météo de cette arrière saison permet de prolonger le plaisir en allant découvrir les joyaux de notre région. A quelques jours des Journées Européennes du Patrimoine, une petite envie de prendre le large. Quelques kilomètres sur la levée de la Loire et nous voici à Alingavia, l’un des plus anciens villages de Touraine. Ce nom ne vous dit rien ? Il apparaît sous la plume de Grégoire de Tours au Xe siècle et deviendra par la suite Langeais.

Cette commune incontournable des bords de Loire est nichée entre 4 000 hectares de forêt et le fleuve royal. Riche de patrimoine architectural, d’histoire de France, et située sur la route des Vignobles, Langeais ne manque pas d’atouts touristiques et patrimoniaux.

Après avoir longé le coteau de la commune percé d’habitats troglodytiques et garé notre véhicule sur la place du marché, vide aujourd’hui, les ventres gargouillent. La Maison Rabelais propose une petite salade aux saveurs régionales, rillons et chèvre Sainte-Maure de Touraine pour le plaisir des papilles. A noter qu’il y a de nombreux petits restaurants dans le bourg de la ville et qu’il y a eu de l’hésitation avant de choisir celui-ci. Brochure à la main, on établit le programme de la journée : balade dans les ruelles de la cité historique, découverte de l’église romane et visite du château.

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Une fois passé les pavés (attention aux voitures !), des jardinières fleuries (c’est très agréable de voir de telles couleurs dans les rues) et les différents commerces, vient le pont sous lequel coule la Roumer. Cet affluent de la Loire jonché de nénuphars fanés et traversant la commune se jette aussitôt après dans le fleuve en rive droite. Une petite plaque sur le mur d’un bâtiment fait sourire… Ils ont de l’humour ces Langeaisiens et Langeaisiennes !

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Une cité historique fleurie

Un peu plus loin, et après quelques roucoulements de pigeons, la flèche de l’église Saint-Jean Baptiste fait son apparition. A l’intérieur, le calme règne et les gestes barrières sont de mise. « Je ne serre pas la main mais il y a plein d’autres manières de se saluer fraternellement à distance » indique une petite affichette. Une douce lumière filtre à travers les vitraux, illuminant tout juste le logo de l’année Saint-Martin (en 2016). Ce panneau fait référence à Saint-Martin qui ordonna vers 380 la construction de la première église rurale de la Touraine, à Langeais.

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Fini la fraicheur, sous un soleil de plomb, direction le paradis. Plus précisément, le chemin du paradis qui offre un point de vue remarquable sur la commune. Flèche de l’église, mâchicoulis du château royal, donjon et pont suspendu, monter les marches en vaut la chandelle. Quid du nombre de marches ? Vous n’avez plus qu’à les compter.*

Deux châteaux à Langeais

Le Château Royal fut bâti à partir de 1465 sur ordre de Louis XI. Façade fortifiée d’un côté, grandes fenêtres sculptées et cour de l’autre, la transition entre le Moyen-Âge et la Renaissance se fait ressentir. L’édifice est en partie connu pour l’union de deux figures de l’époque. C’est Jacques Siegfried, un industriel Alsacien qui a souhaité perpétuer le souvenir du mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne (union dans le plus grand secret le 6 décembre 1491).

A l’intérieur, vous trouverez de majestueuses tapisseries du XVe siècle, une reconstitution du mariage et diverses chambres – de parement, de retrait, de la dame et des enfants – « Si le seigneur occupe le premier étage, la dame quant à elle loge au second avec les enfants » explique le fascicule. Toutes les 15 minutes, la reconstitution du mariage est expliquée en son et lumière.

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Image d'archives
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Pour ressortir du château, il faut emprunter le chemin de ronde. Un moyen d’admirer la commune vue du (presque) ciel. Les murs en pierre de tuffeau laissent apparaître quelques graffitis historiques. Avant de descendre, il est même possible de laisser son propre Graff !

On en a un petit peu plein les pattes mais continuons vers le plus vieux donjon de France, bâti par le Comte d’Anjou Foulques Nerra en 994. A l’origine, c’était une forteresse mais elle a été en partie rasée en 1428 à la demande de Charles VII. La tranche d’âge est un peu plus jeune mais on s’est amusé à grimper dans la cabane perchée du cèdre bicentenaire.

4 personnes ont croisé notre chemin durant la visite du château, ce qui est plutôt agréable mais espérons que le lieu a fait carton plein cet été. Une visite sous le soleil qui se termine par l’achat d’un poulet grillé au marché. Ah non ! C’est tous les dimanches matin le marché et nous vous le conseillons vivement ! Il y avait aussi la possibilité de faire une dégustation de vin dans ce caviste à la devanture comique mais nous reprenions la route… En repartant, le Pont de Langeais domine l’étendue de cette Loire sauvage s’accordant parfaitement avec l’architecture de la ville.

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Ce fut un plaisir de (re)découvrir Langeais. Si vous aussi vous souhaitez faire les curieux l’espace d’une journée, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, deux visites « Longez Langeais, en long, en large et en plein air » seront proposées par une guide-conférencière.

*Pour celles et ceux qui n’iront pas jusqu’en haut, il y a 111 marches !

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