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On vous a retrouvé ! Olivier ancien porte-parole des salariés Michelin

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Ce mois-ci on a retrouvé Olivier, ancien secrétaire du CE de Michelin Joué-lès-Tours qui fut l’un des porte-paroles des ouvriers, à l’automne 2013 lors du conflit autour du plan social de l’usine jocondienne.

Depuis l’automne 2013, la vie d’Olivier a changé. L’ancien délégué syndical a en effet quitté Michelin, faisant parti des 700 employés qui ont perdu leur poste dans le cadre du plan social qui a touché Joué-lès-Tours. Une situation qui a eu du mal à se décanter pour lui : « J’ai d’abord voulu trouver un emploi par moi-même, j’ai eu plusieurs pistes avec des entreprises industrielles, mais la médiatisation que j’avais eu lors du conflit m’a desservi ». Voyant le chemin du retour à l’emploi se compliquer, Olivier opte alors pour la mobilisation interne. « Michelin m’a proposé un poste très inférieur à ce que je faisais à Joué, j’ai compris qu’ils ne voulaient plus de moi », nous raconte-t-il.

Des moments émotionnellement difficiles

La médiatisation et sa mise en avant lors du mouvement social, ont fait d’Olivier un leader charismatique, une ligne sur le CV généralement peu appréciée des dirigeants. Pourtant quand on revient sur l’action de l’automne 2013, Olivier ne regrette rien « j’ai été mis en avant en tant que porte-parole des salariés, je ne me suis pas préservé. Si je l’avais fait, si j’avais pensé à ma situation, je n’aurai pas été honnête dans les négociations vis-à-vis des collègues. On a pensé collectif. Mon seul regret c’est que la cohésion des organisations syndicales n’ait pas tenu jusqu’au bout ». Une fonction de porte-parole qui l’a conduit à vivre une période intense, entre négociations, réunions avec le personnel, la tenue du piquet de grève (ndlr : Les salariés avaient bloqué l’usine pendant une dizaine de jours lors des négociations du plan social), les demandes des médias… Aujourd’hui Olivier  reconnaît que c’était une période « intense mais émotionnellement difficile avec une grosse pression », et aussi avec le doute permanent sur les décisions prises : « On n’est jamais certain que ce qu’on a négocié va convenir aux collègues ».

S’en suit un besoin de recul avec plusieurs semaines de vacances et le retour compliqué dans le quotidien : « Le retour de vacances début janvier fut compliqué parce que d’un coup le téléphone ne sonne plus, les médias ont tourné la page, les politiques ne s’intéressent plus au sort des salariés. C’est dur à vivre parce qu’on tombe dans l’oubli et on ressent comme un vide, ça fait bizarre. J’ai mis trois mois environ à refaire surface ».

 

« Je serai toujours quelqu’un qui aide les gens »

Plutôt que de s’attarder sur son cas personnel, Olivier recentre dans la foulée ses propos sur l’ensemble des salariés « maltraités » par Michelin selon lui. Une entreprise à qui il en veut aujourd’hui : « J’en veux surtout à Jean-Dominique Sénart, le PDG, parce que je l’avais rencontré en janvier 2013 et il m’avait certifié qu’il n’y avait aucune inquiétude à avoir pour le site de Tours. J’en veux également à Michelin parce que le suivi n’est pas fait, parce qu’ils ne s’occupent pas des 200 qui restent. Pourtant ils ont également subi un traumatisme, c’est ce qu’on appelle le syndrome du survivant ». Au fil de notre discussion on ressent ainsi le rôle de délégué syndical ressortir peu à peu de sa personnalité. Et quand on le lui fait remarquer, il se justifie : « Je serai toujours quelqu’un qui aide les gens ».

Pour autant, même si il reste attaché au sort de ses anciens collègues, Olivier évoque la nécessité de couper le cordon avec son ancien employeur : « Il faut mettre Michelin derrière soi, c’est une rupture nécessaire pour aller de l’avant ». Cet « avant » va arriver rapidement pour lui. Début octobre il part en effet en formation pour devenir encadrant technique en insertion : « L’industrie pour moi c’est fini, l’action syndicale aussi. J’ai envie de travailler dans le social, d’aider les gens d’une façon différente ». Une façon de se recentrer sur soi et sa propre vie tout en restant au service des autres.

Crédits photos : Mathieu Giua pour 37°

A lire également notre article Grand format : Un an après, que deviennent les « Michelin » ?

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