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Nouveaux loisirs : place à l’imaginaire

Nouveauté sur 37°, chaque mois nous vous proposerons désormais un dossier spécial sur plusieurs jours, sur une thématique précise. Pour le mois de juin, nous vous proposons un focus sur les nouveaux loisirs.

juin 20171

De la réalité à la fiction, de la fiction à la réalité… les nouveaux loisirs font tomber les frontières. Fini le football entre potes jusqu’à la tombée de la nuit, has been la planche à roulette dans les piscines vidées, au revoir la carioca. Les nouveaux passe-temps sont à aller chercher du côté du cinéma et des jeux vidéo pour se croire hors du temps, l’espace d’un instant. Enfourcher un balai à la poursuite du vif d’or, défier des maîtres Jedi aux sabres laser, ou s’échapper d’un bâtiment où tous les gardes veulent votre peau en stéréoscopie : les loisirs de demain sont issus de la pop culture dont les codes vous échapperont si vous êtes passés à côté du film de référence.

Le plus imaginatif

Quidditch

Au parc de la Gloriette, mercredi soir, le jour traîne encore, la chaleur demeure. Quelques personnes promènent leur chien. D’autres font leur footing. Et d’autres, plus intrigantes, s’évertuent à se passer un ballon, un manche entre les jambes. Pour celui qui n’a pas connaissance du Quidditch, le sport des sorciers popularisé par la saga Harry Potter de J.K.Rowling, le spectacle est quelque peu déroutant. Trois anneaux font office de cage de part et d’autre du terrain tracé à la main par Laura, du club des Magyares à Pintes de Tours. « Lors d’une édition des Geek Faëries à la Selles-sur-Cher, un rassemblement autour des cultures de l’imaginaire, j’ai pu assisté avec des amis à un match. On s’est dit qu’il fallait lancer l’aventure à Tours. » Créée il y a un an, voilà l’équipe embarquée dans les tournois des plus importants aux cotés des Titans de Paris, champions dans la catégorie. « L’esprit n’est pas à la compétition », selon le coach Florian, « mais on demande aux personnes de s’investir dans le projet. C’est indispensable si l’on veut que ça prenne forme, » précise-t-il en fronçant les sourcils vers quelques retardataires. Le club d’apprentis prévoit en effet d’obtenir le statut d’association afin de pouvoir obtenir une licence (cotisation autour de 40/60 euros) et de grossir les rangs des remplaçants. Crampons fortement recommandés et protections nécessaires (mais pas toujours autorisées selon les règles un peu tordues venues d’outre-manche), les moins de 16 ans devront attendre avant de s’engager dans l’arène. « C’est parfois aussi physique que le rugby », assure l’entraîneur. Cependant pour celui qui veut « catch le snitch » (comprendre « attraper le vif d’or », balle de tennis suspendue derrière un joueur qui met un terme au match en cas d’interception), il sera accueilli avec bienveillance : « la parité est inscrite dans les conditions de formation d’une équipe et on accepte absolument tout le monde. »

Le plus : au grand air dans le parc de la Gloriette.

Le moins : pas de « nimbus 2000 »

Le plus virtuel

VR

L’énoncé de la mission est simple : s’échapper du bâtiment et rester en vie. Ce qui l’est moins, c’est la centaine de gardes armés qui tour à tour tentent de vous déloger de la cachette où vous vous êtes mis à l’abri. Scenario peu probable au 68, rue du Grand Marché à Tours mais bien réel… ou plutôt virtuel. La VR (réalité virtuelle) a pris possession de ce magasin le 7 avril dernier : un projet de son gérant Heni Cherni. C’est dans l’aide à la rééducation que ce dernier a développé sa technologie. Sa boutique est alors la première du genre en France, une plongée dans les univers créés de toutes pièces. L’expérience s’avère assez troublante. Equipé de casques HTC et d’écouteurs, l’utilisateur se retrouve téléporté dans ses jeux vidéo favoris qui autrefois s’exploraient à coup de manettes au fond du canapé. « On peut jouer au ping-pong, incarner Batman ou encore piloter un avion » assure Cyprien, le responsable, « le tout avec la dernière technologie de pointe comme les tapis ». Le joueur est alors capable de se déplacer et d’interagir avec l’environnement qui s’offre à lui. « Il y a aussi des jeux pour les plus jeunes et pour les filles. Mais en fait, ce sont les plus guerrières, » s’étonne-t-il. Loin d’être un gadget insignifiant, le casque permet d’appréhender les technologies de demain à l’heure où Google planche sur ses lentilles numériques et où la réalité virtuelle prendra une place tangible dans notre consommation numérique. Et Cyprien de renchérir : « Demain, les gens voyageront avec ce dispositif, partiront à l’étranger. »

Le plus : La possibilité de jouer connecté avec huit personnes à ses côtés.

Le moins : le week-end à Rome… sans personne.

Le plus intergalactique

Ludosport

« Ce sport te permet de lâcher prise, de te vider la tête. On se prend pour des Jedi pendant deux heures. » Teva et Kevin, sabres laser aux poings, se dévisagent au soleil couchant du lac de la Bergeonnerie. Le geste est encore un peu hésitant mais les pas gagnent en assurance. Depuis quelques années le ludosport gagnent les villes de France pour la plus grande joie des fans de Star Wars. C’est d’ailleurs à la sortie du dernier épisode de la saga que les fondateurs, Edouard et Adrien, se sont rencontrés et ont décidé de se lancer dans l’aventure. Le ludosport n’est autre que le duel au sabre laser et pour acquérir le pouvoir de la Force, c’est en Italie que ça se passe, pays champion en la matière. « On est parti en Italie pendant deux semaines pour apprendre les techniques dans la plus pure tradition des films qui ont posés les codes du combat. Le reste est un mélange de kendo et d’aïkido, avec une influence venue de l’escrime, » explique Edouard sabre argenté à la main. Les Chevaliers de la Terre du Milieu, comme ils se nomment, viennent tout juste d’assister au tournoi le plus important de France. « Mon objectif, c’est de gagner en niveau pour pouvoir participer l’an prochain, » confie Kevin. Et la route est longue. A l’instar du judo, les Obi Wan Kenobi en devenir doivent passer seize étapes avant de devenir un adepte accompli. D’ici là, une licence de 400 euros vous donnera accès aux conseils « yodesques » et avisés de l’instructeur qui suit au plus près les membres de son académie. Et si dans ses rangs se trouvait le futur Paolo, maître italien, incontesté de la discipline ?

Le plus : Pas besoin d’être fan de la saga étoilée pour participer, tout le monde est grandement bienvenu.

Le moins : Le côté obscur de la Force.

Crédit photos : Henry Girard

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