L’étoile ferroviaire relancée grâce à l’idée de RER du Président de la République…

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L’annonce d’Emmanuel Macron de vouloir encourager le développement d’une dizaine de RER dans des grandes villes hors région parisienne n’est pas passée inaperçue en Touraine. Si bien que les élus rêvent aujourd’hui d’un réseau ferroviaire efficace et compétent en se basant sur l’étoile ferroviaire à huit branches qui entoure Tours.

Il faut dire que l’étoile ferroviaire tourangelle est une vraie opportunité pour le développement des transports en commun dans l’agglomération tourangelle mais aussi dans tout le département. Avec ses huit branches, elle offre en effet un gros potentiel en terme de maillage du territoire. C’est simple hors-mis Lyon, aucune grande ville de Province ne peut se targuer d’un tel outil. Seul hic, il n’est aujourd’hui pas exploité.

L’annonce du Président de la République de vouloir développer avec le soutien de l’Etat des réseaux de type RER en Province a néanmoins relancé l’intérêt des élus tourangeaux pour cette étoile ferroviaire.  

Ce n’est pas une nouveauté, l’étoile ferroviaire revient régulièrement dans les discours, programmes, etc… des élus et politiques, quand il s’agit de parler des mobilités. « Dès le début de l’année 2021, nous mobiliserons la région et la SNCF pour travailler sur un réseau express dans notre métropole » écrivait ainsi Emmanuel Denis.

Pas étonnant dès lors que le maire de Tours a rapidement communiqué sur la volonté de candidater aux projets de RER métropolitains d’Emmanuel Macron. Un maire de Tours auquel le président de la Métropole Frédéric Augis a emboité le pas avec un courrier commun à l’Etat pour redire l’intérêt tourangeau pour le projet, le tout avec le soutien du président de la Région François Bonneau.

L’intérêt de la Métropole a été rappelé par Frédéric Augis ce lundi soir en conseil métropolitain. Alors que l’élu de Tours, Christophe Bouchet, l’interrogeait sur l’avancée du projet de 2e ligne de tramway, le président de l’intercommunalité a élargi le sujet à l’étoile ferroviaire : « Les études sur le boulevard Royer sont en cours et les choses évoluent favorablement. Au-delà du tramway, il y a le projet RER. Nous avons saisi le gouvernement pour y être inscrit car nous avons la chance d’avoir l’étoile ferroviaire. C’est un projet ambitieux. Au-delà de la Métropole c’est tous les territoires et intercommunalités du département qui doivent être intégrées : d’Azay-le-Rideau à Langeais ou encore Montlouis et Amboise. A l’avenir il y aura des investissements forts et le RER doit en faire partie car on ne peut pas demander aujourd’hui de réduire la voiture sans proposer des alternatives pour se déplacer. »

Tours ne part pas de rien

Si les élus se sont pressés de réagir et prendre le pas de la déclaration d’Emmanuel Macron c’est bel et bien parce que le territoire ne part pas de rien et que le potentiel est connu. L’ATU (Agence Tourangelle d’Urbanisme) avait ainsi fait une étude en 2017 sur cette étoile ferroviaire. Les élus peuvent aussi s’appuyer sur l’expertise de l’association ADTT pour le développement des transports en commun en Touraine, pionnière dans la réflexion puisque ça fait une trentaine d’années qu’elle plaide pour le développement d’un tel service. « On peut ainsi lister comme terminus potentiels : Saint Antoine du Rocher, Monnaie, Amboise, Bléré-La Croix, Cormery, Sainte Maure-Noyant, Azay-le-Rideau, Langeais » écrivait-elle dans une lettre fin 2020.

Pour mener ce projet à bien, et lui assurer une bonne fréquentation, l’association suggère la réouverture de gares fermées comme Fondettes ou de nouvelles gares au Carrefour de Verdun à Tours. Des stations à La Riche, La Ville-aux-Dames, Vouvray, Dierre, Vernou, Mettray-Tours Nord ou Mettray ville pourraient contribuer à densifier le maillage. L’étoile ferroviaire de Tours avec ses 8 branches « permettrait des temps de trajets d’une rapidité incomparable. Les navettes pourraient assurer des liaisons directes de périphérie à périphérie (par exemple de Mettray à La Ville-aux-Dames), en permettant, de plus, des correspondances Grandes Lignes et TGV » lit-on encore dans le texte en faveur du projet argumentant en prime pour une amélioration des liaisons vers Loches, Chinon ou Blois.

Quid de la capacité à mener à bien le projet ?

Le problème d’un tel chantier est qu’il ne se fait pas par simple volonté, d’autant plus qu’il mêle un nombre d’acteurs importants : Ainsi, c’est Tours Métropole qui finance les transports dans l’agglomération tourangelle mais la région Centre-Val de Loire qui s’occupe de payer pour les trains et enfin la SNCF qui octroie les créneaux horaires pour qu’ils puissent s’intégrer dans le trafic existant comprenant les TGV, les Intercités, les TER et le fret. Bref, tant qu’on ne met pas tout ce petit monde d’accord et qu’on ne trouve pas les millions d’euros nécessaires pour financer la création/rénovation des gares, le personnel ou les trains… ce projet reste une utopie séduisante.

C’est pourquoi il faut saisir les opportunités comme le soutien de l’Etat comme suggéré par Emmanuel Macron, ce qui permettrait une réelle avancée. Dans tous les cas, même soutenu par le gouvernement, le RER à la tourangelle ne verra pas le jour avant plusieurs années, voire décennies.

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