Société

Les Tourangeaux vont repasser le bac

Le projet était dans les cartons depuis des années, il vient enfin d’être acté par la nouvelle municipalité : les ponts Mirabeau et Napoléon, bien que nommés d’après d’illustres personnages, vont être démontés pour laisser place à des bacs, les «Loivettes» (mélange de «Loire» et de «navette») qui devraient être en service dès l’été 2016. Une petite révolution en perspective.

DSC_1468

L’inscription du Val de Loire au Patrimoine Mondial par l’Unesco a des conséquences à moyen et à long terme, parfois assez étonnantes. C’est aujourd’hui une nouvelle étape qui se prépare à Tours avec la disparition programmée de deux ponts en béton qui gâchent le paysage ligérien, les travaux devant débuter la semaine prochaine.

«Nous sommes conscients que l’impact quotidien sur les déplacements va être considérable, reconnaît Arnaud Fisch, directeur du S.I.L.U.R. (Syndicat Intercommunal de la Loire Urbaine Révolutionnée), mais le système de bacs qui sera mis en place sera très performant, pouvant aller jusqu’à 4 traversées à l’heure aux heures de pointes.

Entre la queue, le contrôle, l’embarquement et le débarquement, il faudra compter environ 15 minutes de berge à berge.

«Les embarcations seront entièrement en bois et propulsées grâce à des voiles en coton bio, afin de respecter l’environnement au maximum. Il avait été évoqué l’idée d’utiliser des bateaux à rames, ce qui aurait généré pas mal d’emplois supplémentaires, mais la Ligue des Droits de l’Homme s’y est fermement opposée au motif que cela évoquerait trop les galères remplies d’esclaves», regrette Jeanne Ekaye.

Jeanne Ekaye dirige la Sarl Loivettes, futurs exploitants de deux lignes de bacs. Il est à noter que celle du Pont Napoléon permettra aussi de déposer les piétons sur l’Ile Simon où d’ailleurs les principaux marchés alimentaires de Tours seront déplacés pour proposer un marché tous les jours, de 6h à 23h, dans le cadre de la Cité de la Gastronomie.

DSC_1474

«Le démontage du pont de l’A10 est quant à lui programmé pour 2017, le temps de trouver une solution technique pour la traversée des 38 tonnes, qui pourrait prendre plusieurs heures», ajoute Arnaud Fisch. Prêt à faire face aux critiques qui commencent déjà à se faire entendre, à droite comme à gauche, le directeur du S.I.L.U.R. rétorque : «Les gens n’arrêtent pas de dire à tort et à travers qu’on est en train de revenir au Moyen-âge. Nous avons du coup voulu prendre l’expression au pied de la lettre et montrer à la population qu’il y avait aussi du bon, à cette époque !».

Print Friendly, PDF & Email