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Les mesures de sécurité du Préfet Le Franc : « Notre département n’est pas à l’abri… »

Aujourd’hui, dans la bibliothèque du tribunal de Tours, les visages et les mines étaient graves. Près d’une semaine après l’attentat de Nice, tous les préfets de France sont sur le qui-vive. L’heure est à la mobilisation des forces de Police et de Gendarmerie mais aussi aux renforts militaires. C’est dans cette ambiance de fortes menaces que l’ensemble des acteurs du dispositif de sécurité dans le département et à Tours ont donné rendez-vous à la presse.

Ce midi, le Préfet Le Franc accompagné du Procureur de la République, du Directeur Départemental de la Sécurité Publique, du Général de Division de la place de Tours et du Colonel commandant le groupement de Gendarmerie d’Indre-et-Loire, a souhaité faire un point sur le renforcement des mesures de sécurité dans notre département. « J’ai demandé à tous les maires du département de me signaler les évènements à fortes affluences » précise le Préfet Louis Le Franc. Tout le monde autour de la table a en tête le carnage de la semaine passée sur la Promenade des Anglais à Nice. L’Indre-et-Loire ne manque pas de festivals, de concerts ou autres évènements culturels tout au long de l’été. Tous ceux qui pourraient avoir une forte affluence dépassant les 2 000 personnes réunies en un même lieu feront l’objet d’une réunion spécifique présidée par le Préfet lui-même. Il estime nécessaire que soient aussi présents le maire de la commune concernée, l’organisateur et un représentant des forces de l’ordre.

Au-delà de la présence policière et des gendarmes, le tout dernier dispositif sera renforcé par l’opération « Sentinelle »

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La question se pose donc à Tours du maintien de certaines manifestations. Quid du festival Aucard is not dead le week-end du 13 et 14 août ? Mais aussi et surtout, au regard de la très forte affluence des années passées, quid de la Grande Braderie de Tours en septembre ? « La question se pose » pour le Préfet. Pour lui : « ma priorité, c’est la sécurité des personnes !». Au-delà de la présence policière et des gendarmes, le tout dernier dispositif sera renforcé par l’opération « Sentinelle ». Dans notre département, les renforts militaires devraient aligner plus de 120 hommes répartis en deux sections. Sur le Grand Ouest, c’est plus de 900 militaires qui viendront prêter main forte aux policiers et gendarmes déployés. Pour le Général Jean-Yves Lauzier, Général de la place de Tours, « cette réponse militaire est une nécessité ». Ce sont plus de 2 500 soldats qui ont été rappelés de permissions depuis la nuit tragique de Nice. A Tours et ailleurs, les militaires feront, aux côtés des policiers, des contrôles de zones. Le but : vérifier, se renseigner et sécuriser les personnes et les biens.

« Le département n’est pas à l’abri. Aujourd’hui une dizaine d’individus nous posent problème… » (Le préfet Le Franc)

8U6A1431Le Préfet Louis Le Franc

Le Préfet insiste : «  La menace terroriste existe en France mais aussi en Indre-et-Loire. Certains individus font l’objet de surveillances beaucoup plus soutenues ! ». Depuis l’arrestation d’un Tchétchène qui préparait une action contre le poste de police du Sanitas, les services de renseignements sont aux abois. « Le département n’est pas à l’abri. Aujourd’hui une dizaine d’individus nous posent problème… ». Derrière ces mots du Préfet, l’ultra-radicalisation de certains ne semble guère faire de doute. « Ces individus ne sont pas des enfants de chœur… » estime le haut fonctionnaire.

Plus d’un an-et-demi après l’attentat de Charlie Hebdo, neuf mois après le Bataclan et une semaine après Nice, les forces de Police sont encore mobilisées. « La santé est bonne mais la fatigue est présente ».  Le Préfet a conscience des efforts demandés à tous les fonctionnaires concernés par la sécurité du territoire. Les Français et les Tourangeaux devront s’habituer à cette menace permanente.

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