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Joué-lès-Tours : Une affaire dans le tourbillon médiatique

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Il faut bien comprendre que pour connaître les tenants et aboutissants d’une telle affaire, cela demande du temps, celui de l’enquête officielle, d’autant plus que le principal intéressé, en l’occurrence Bertrand / Bilal Nzohabonayo est mort et qu’il n’a rien revendiqué.

Or, c’est comme cela arrive régulièrement, le tourbillon médiatique a malheureusement pris les devants en cédant aux sirènes du sensationnalisme.

Dès le samedi, tout se met en branle, les délégations officielles affluent derrière Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, le parquet anti-terroriste est saisi. Certains médias évoquent alors sans équivoque un attentat terroriste en se basant sur les mots qu’aurait prononcé Bertrand Nzohabonayo : »Allah Akbar ». Le suspect : un immigré d’origine africaine, récemment converti à l’Islam parait avoir le profil idéal.

Sur les réseaux sociaux, cela s’affole également, et certains membres ou proches ou des réseaux d’extrême-droite n’attendent pas longtemps pour annoncer des émeutes à venir à Joué-lès-Tours et se servent de cette histoire pour justifier leurs théories du danger musulman, amalgamé à l’islamisme.

Pourtant, rapidement des zones d’ombre apparaissent, des témoins cités dès le lundi 22 décembre par Libération remettent en cause la version officielle. La rumeur d’une altercation la veille entre un policier (déjà mis en cause l’an passé dans une altercation musclée filmée) et des jeunes pouvant être à l’origine des évènements du samedi se répand. Suite à celle-ci, Bertrand aurait été emmené par des policiers au commissariat le samedi. Une version non-officielle qui va être petit à petit reprise sur les réseaux sociaux puis dans les médias, qui après avoir relayé la version officielle, semblent désormais tempérer et prendre du recul en allant chercher des témoignages.

IMG_7641Cohue médiatique ce matin au tribunal de Tours

Qu’a dit le procureur de Tours ?

Pour couper court à cette version non-officielle, Jean-Luc Beck le procureur du parquet de Tours, a décidé de tenir une conférence de presse ce mercredi 31 décembre.

Pour commencer, le procureur a rappelé la tenue d’une double enquête : Une par le parquet anti-terroriste de Paris et l’autre par le parquet de Tours saisi pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de Bertrand Nzohabonayo. C’est uniquement sur la partie pour laquelle il est saisi qu’il a donc répondu aux questions.

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Quelques éléments à noter :

  • Le procureur lance un appel à témoins, rappelant au passage que l’enquête n’est pas menée par des services du département, mais par la direction régionale de la PJ (Orléans).

« Je fais un appel à témoins parce que je trouve assez déplorable qu’un certain nombre de témoignages plus ou moins anonymes ne soient pas portés à la connaissance des autorités. » 

  • La confirmation d’une altercation entre le policier et des jeunes la veille au soir. Faits n’ayant aucun lien avec les évènements du samedi selon le procureur. Cependant, ce dernier n’a pas caché aux médias présents, la mauvaise réputation que ce commissariat a auprès d’une partie des habitants jocondiens.
  •  La confirmation de la mutation du même policier, selon sa propre volonté vers une brigade canine. Demande qui aurait été faite il y a plusieurs mois par le policier.
  • Se retranchant derrière la double enquête, le procureur de Tours a refusé de confirmer ou d’infirmer la tenue des propos « Allah Akbar » par Bertrand Nzohabonayo.
  • Jean-Luc Beck confirme la version officielle selon laquelle Bertrand est venu de lui-même au commissariat et a agressé plusieurs policiers. L’altercation s’est produite dans le sas du commissariat et a conduit à la mort de Bertrand Nzohabonayo (quatre balles ont été tirées dont deux ont touché mortellement l’agresseur) et à la blessure de plusieurs policiers dont un par arme blanche (le couteau que Bertrand Nzohabonayo portait sur lui).
  • Le commissariat n’est pas muni de caméras de vidéosurveillance pouvant éclaircir les évènements (seules deux se trouveraient à l’arrière du bâtiment). Les éventuelles images des caméras des commerces proches vont être étudiées, sans certitude sur le fait qu’elles aient pu couvrir ce qui s’est passé dans le sas du commissariat.

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Du côté de Maître Assous (de face ci-dessus), l’avocat de la famille de Bertrand Nzohabonayo, ce dernier refuse de parler de rumeurs et lance un appel à témoins également, regrettant au passage le fait que les enquêteurs ne les aient pas encore entendus, alors que les médias ont réussi à les retrouver. Ce dernier, s’exprimant au nom de la famille, demande simplement que les questions autour de la mort de Bertrand Nzohabonayo trouvent des réponses et pour se faire que toutes les pistes soient étudiées.

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