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[HistLoire] Les automobiles Delahaye à Tours

HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, replongeons nous dans l’histoire des automobiles Delahaye à Tours et dans celle de la rue Delpérier.

Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant Émile Delahaye fait parti de ceux qui à la fin du XIXe siècle ont contribué à l’essor de l’automobile en France. En 1879, il rachète une entreprise située rue du Gazomètre (aujourd’hui rue Delpérier) dont la spécialité est la fabrication de chaudières conçues  pour les industries de la brique et du carreau céramique. Véritable entrepreneur, il se lance en parallèle dans des recherches sur l’automobile alors en plein essor. En 1895 sort de ses ateliers la voiture Delahaye « Type 1 », première voiture à allumage électrique, dont on dit qu’elle fut la première voiture 100 % française.
1895delahaye-type1-BVoiture Delahaye « Type 1 » de 1895 – DR
Il employait alors dans ses ateliers 75 ouvriers. La marque va connaitre une bonne renommée grâce aux différents concours et courses où ses véhicules sont engagés. De plus Delahaye développe également des pompes à incendies qui vont équiper les véhicules de pompiers. Pour faire face au développement de sa société, E. Delahaye s’associera avec deux industriels (Desmarais et Morane) en 1898. Un an plus tard, à l’étroit dans ses locaux, l’entreprise délocalisera ses activités à Paris.
Usine Delahaye _ Tours1Anciennes usines Delahaye à Tours – DR
Des usines Delahaye il ne reste aujourd’hui plus de traces, les ateliers avaient été conservés et utilisés par les laboratoires Solvay mais suite à son rachat du site, l’institution Notre Dame La Riche les a rasés pour faire place à son projet de restructuration. En revanche, la maison d’Emile Delahaye qui était attenante à l’usine est toujours visible.
IMG_6453bAncienne maison d’Emile Delahaye

De la rue du gazomètre à la rue Delpérier

La rue Delpérier fut percée dans les années 1820. D’abord limitée à l’intersection avec la rue de la Bourde, elle fut nommée rue Borgne.
rue borgne(c) Gallica

Elle fut rebaptisée rue du Gazomètre après qu’une usine à gaz y soit implantée en 1836. Celle-ci fonctionnera jusqu’en 1931, date à laquelle une seconde usine à gaz plus importante fut mise en service rue du Général Renault.

rue du gazometreL’usine à gaz en rouge (c) Gallica

A l’emplacement de l’usine à gaz se trouvent aujourd’hui le square Delpérier et l’école maternelle Charles Boutard. Le sous-sol comportant lui, encore de nombreuses cavités qui servaient à stocker le gaz.

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Son tracé actuel, définitif, la reliant au boulevard Béranger, ne date que de la seconde moitié du XIXe siècle. Sur cet extrait d’un plan de 1849, nous voyons que son prolongement (en pointillé) est envisagé pour rejoindre la partie sud reliée au Boulevard Béranger :

prolongement delperier 1849(c) Gallica

Le sculpteur Georges Delpérier vécut et avait son atelier dans cette rue, jusqu’à sa mort en 1936. Pour cette raison, la municipalité de Tours décida en 1941 de rebaptiser la rue en son honneur.

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IMG_6469La maison et atelier de Georges Delpérier

Aujourd’hui cette rue est d’une architecture hétérogène. Les activités sont surtout scolaires puisqu’au nord on y retrouve l’école primaire George Sand et l’école maternelle Charles Boutard. Elle sert également d’axe principal aux différentes structures de l’Institution Notre Dame La Riche.

IMG_6444façade de l’école primaire (aujourd’hui école George Sand)
IMG_6472rue Delpérier

Crédits photos : Mathieu Giua (sauf mentions contraires)

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