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[Histloire] La brasserie Webel Saint-Eloi

HistLoire, c’est une chronique régulière sur 37° où nous vous proposerons un petit focus sur un pan d’histoire tourangelle. Ce mois-ci, replongeons nous dans l’histoire de la brasserie Webel Saint-Eloi à Tours.

Si la Touraine est une terre de vins, elle fut également pendant longtemps une terre brassicole, Tours possédant même une brasserie réputée : la brasserie Webel Saint-Eloi, située en bout du boulevard Béranger et qui ferma ses portes en 1970.

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Comme dans beaucoup de régions céréalières, la bière a en effet été produite pendant plusieurs siècles en Touraine. Des textes du XIIIe siècle mentionnent en effet la production de différentes bières dans les abbayes.

Plus loin dans le temps, au XIXe siècle, la bière continue d’être une spécialité tourangelle avec certaines brasseries réputés comme la brasserie Bosseboeuf située rue des Halles ou encore la brasserie Rothan. Mais la plus connue mais aussi celle ayant la plus longue existence est la brasserie Weber située dans l’enceinte de l’ancien Prieuré Saint-Eloi.

Cette dernière fut créée sous le nom de brasserie de Strasbourg en 1844 par un Allemand de passage en Touraine, Louis Niederaurer. Entreprise familiale elle fut reprise par son neveu Philippe Webel en 1874 et qui lui donna son nom. Elle connut dès lors un bel essor avec une centaine d’employés et environ 40 000 hectolitres produits par an au début du XXe siècle puis 80 000 au début des années 1920 sous la direction du fils de Philippe Webel, Georges Webel.

Situé à l’extrémité du boulevard Béranger, l’entreprise se remarquait par sa taille imposante mais aussi sa grande tour de 40 mètres. Avec une communication efficace, marquée par de nombreuses opérations publicitaires, mais aussi un marketing rodé pour l’époque avec notamment son étoile rouge reconnaissable sur ses capsules de bouteilles, la brasserie Webel va marquer durablement l’imaginaire des Tourangeaux.

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Après la Seconde Guerre Mondiale, face à une concurrence de plus en plus féroce avec le développement de la société de grande consommation, elle va connaître des difficultés successives néanmoins et va connaître plusieurs rachats. En 1960, elle est ainsi rachetée par la brasserie de Basse-Yutz qui la renomme brasserie Saint Eloi-Pantherpils. Finalement de nouveau rachetée en 1967, par l’Union de Brasserie (dont Heineken prendra le contrôle plus tard en 1984), elle est dissoute un an plus tard et le site ferme définitivement ses portes en 1970.

Le site restera à l’abandon neuf ans avant d’être racheté par des banques en 1979. Les bâtiments seront alors détruits en 1981 en prévision d’opérations immobilières, à l’exception de la chapelle que la ville de Tours rachète en 1987 afin d’y installer ses archives municipales contemporaines.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes archives municipales aujourd’hui – Par Arcyon37 — CC BY-SA 3.0,

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