Environnement : l’association SEPANT tente d’investir tous les terrains

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C’est une structure dont on entend parler régulièrement… sans forcément savoir à quoi elle sert vraiment. L’association tourangelle SEPANT n’est pas qu’un poil à gratter capable de lancer des actions judiciaires pour des projets jugés néfastes pour l’environnement. Au quotidien elle emploie 10 personnes et regroupe 180 membres, dont une quarantaine de bénévoles actifs. Pour quoi faire ? On fait le point à l’occasion de son récent changement de direction.

Un barrage à Descartes, des plantations de haies autour des terres agricoles, le nouvel hôpital Trousseau de Chambray-lès-Tours… La liste des sujets qui (pré)occupent les équipes de l’association SEPANT est assez longue. En même temps, comment pourrait-il en être autrement vu que les questions environnementales prennent de plus en plus de place dans l’actualité et dans nos discussions quotidiennes ? « Aujourd’hui pour être efficace il faut être structuré car il ne nous reste pas des décennies devant nous pour faire bouger les choses » observe Vincent Lévèque, juriste de formation récemment nommé à la direction après une carrière dans le secteur du traitement l’eau ou de l’énergie solaire.

De fait, la SEPANT n’est ni plus ni moins qu’un organisme lobbyiste, sans que le mot soit employé de façon péjorative même si c’est souvent la connotation qu’on lui donne. Membre du réseau France Nature Environnement, et fédérant elle-même 28 structures locales, l’association passe une bonne partie de son temps dans des réunions avec les autorités préfectorales, départementales ou communales. Parmi ses 10 salariés elle a également des spécialistes auprès des entreprises ou du public scolaire pour faire passer ses messages.

« On note une progression de la prise en compte des critères environnementaux et climatiques mais les choses se font encore de manière assez lentes » observe le bureau. Ainsi, la SEPANT se félicite des nombreuses réglementations pour protéger les milieux aquatiques ou les zones humides… tout en déplorant les faibles moyens alloués aux contrôles de ces mêmes dispositions. Et dans le même domaine, elle a dû lutter cet été quand il s’agissait de prendre rapidement des mesures de restrictions d’usage de l’eau vu l’avancée de la sécheresse : « Il y a eu une bataille avec les agriculteurs irrigants qui pensaient qu’il y avait assez d’eau et les pêcheurs disant que la biodiversité était menacée. Le Négron est quand même resté à sec sur plusieurs kilomètres une partie de l’été. Une fois ou deux la préfète a retardé des interdictions prévues » relève l’équipe de militants.

Un schéma local qui ressemble finalement beaucoup à ce qu’on observe au niveau international avec la récente conclusion de la COP27, sommet mondial pour le climat en Egypte. « Les événements internationaux comme la guerre en Ukraine font que l’on trouve toujours, non pas des excuses, mais des contraintes aux actions fortes. Bien sûr on doit les prendre en compte mais si l’on écoute les scientifiques c’est maintenant qu’il faut agir » pointe Vincent Lévèque.

Selon le directeur, tout l’enjeu c’est « d’être dans l’anticipation plutôt que dans l’action », à l’image de ce qui commence à se faire pour les forêts tourangelles potentiellement plus menacées par les incendies : « Les pompiers peuvent passer pratiquement partout, l’Office National des Forêts fait des essais de parcelles laissées à l’état sauvage et on plante plutôt des feuillus. » Mais globalement la SEPANT trouve le département « en retard » voire carrément à côté de la plaque, en témoigne un récent différent avec le CHU de Tours qui l’a consultée pour l’aménagement de mares sur le site de Trousseau en reconstruction à Chambray mais le projet – inadapté – s’est rapidement embourbé. « On nous demandait de verdir le projet sans forcément aller jusqu’au bout et in découvrait subitement des choses comme l’agrandissement d’un parking. Finalement, on a renoncé » nous explique-t-on.

Cependant le tableau n’est pas tout noir, des entreprises commençant à venir plus spontanément vers la structure pour bénéficier de son expertise. Plutôt des sociétés de taille moyenne ou sous format SCOP mais aussi des mastodontes comme Vinci Autoroutes. Parmi les sujets que la SEPANT pourrait travailler avec le gestionnaire autoroutier : la requalification des espaces bientôt libérés par la suppression des grandes barrières de péages au profit de systèmes de facturation automatiques. Soit des recréations de zones naturelles aujourd’hui bitumées.

D’ailleurs, l’équipe associative l’affirme : « On ne défend pas forcément la nature naturelle. On conçoit des milieux riches avec la main de l’homme. » Et quand elle dit ça, elle pense notamment à la plantation de haies sur des exploitations agricoles, dans le but de favoriser la biodiversité. Une dizaine de projets ont déjà été menés et une demi-douzaine d’autres le seront en 2023… aussi bien chez des professionnels bio qu’en conventionnel. « On ne se montre pas sectaires, on a besoin d’échanger pour ne pas rester en vase clos » nous dit-on pour illustrer la démarche… tout en raillant les chantiers similaires qui se font avec du plastique au sol quand la SEPANT installe du paillage.

Les fausses bonnes idées environnementales font ainsi partie des vigilances de l’association, critique envers les mini forêts très denses qui se multiplient en milieu urbain (une bonne nouvelle pour le retour de l’arbre en ville, mais pas terrible pour la densification des végétaux) ou alors la chaufferie biomasse du Menneton à Tours qui n’exploite pas forcément que du bois venant de moins de 100km à la ronde « quand on voit qu’un des partenaires est la région Nouvelle Aquitaine ». En gros, elle n’est pas sûre qu’il n’y ait que du bois de la Vienne dans le lot.

Bref, la SEPANT est une vigie. Son activité principale reste la surveillance de la biodiversité locale (faune et flore) et l’expertise sur différents projets mais elle n’hésite pas, et n’hésitera pas, à élever la voix pour tout ce qui lui semblera aller dans le mauvais sens pour l’avenir, citant pour exemple l’extension d’une zone commerciale pouvant menacer une mare à Ballan-Miré ou un projet à Truyes. Mais chaque fois, l’action juridique reste le dernier recours.

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