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« En France, tu ne peux plus faire de la photo de rue »

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Tout le mois d’août, nous vous proposons un Best-of des articles publiés depuis septembre dernier sur 37°. Aujourd’hui retrouvez cet article publié le 24 décembre 2014.

 

Nicolas Datiche, photographe originaire de Touraine, vit désormais au Japon, dans la banlieue de Tokyo. De retour à Tours pour les fêtes, nous en avons profité pour discuter autour d’un café, de la profession de photographe de presse, mais aussi de sa vie japonaise.

TOKYO: Shinjuku christmas illuminations

Salut Nicolas, peux-tu nous raconter comment es-tu arrivé à la photographie ?

Je suis arrivé à la photo sur le tard, sans formations. J’étais étudiant à Paris et j’ai commencé par couvrir les manifestations étudiantes contre la loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités). Cela m’a bien plu, j’ai commencé à faire un peu de photos d’actu. Quand j’ai terminé mes études, je n’avais pas envie d’un travail dans un bureau, je me suis dit pourquoi ne pas tenter de vivre de la photographie.

En 2009 j’ai intégré une petite agence qui s’appelle Wostok, puis j’ai intégré l’agence SIPA en juin 2012.

Tu fais également partie d’un collectif nommé Off Source ?

Oui, c’est un collectif que l’on a monté à quatre ou cinq avec pour objectif de mutualiser les efforts et d’avoir une dynamique de travail. Pour l’instant c’est plus informel qu’autre chose mais cela nous permet d’échanger et de se consulter les uns les autres.

Tu fais beaucoup de photojournalisme, en quoi c’est difficile ?

Les journaux tirent les prix vers le bas et les agences suivent le mouvement pour en vendre au maximum. C’est une catastrophe parce que les photographes ne sont pas rémunérés comme ils le méritent. A titre d’exemple, je touche 12 centimes pour une photo dans un diaporama pour un site comme 20 Minutes.

Ce problème s’est-il accentué avec internet selon toi ?

Le problème c’est que sur le net il n’y a rien d’encadré, c’est une espèce de no man’s land.

En France on ne veut pas faire payer l’information sur le net. Moi je pense qu’il faut que la presse aille vers le payant, même si c’est sûr qu’il n’y aura pas de la place pour tout le monde. Là avec le gratuit c’est la course aux clics et personne n’est prêt à payer.

Tu es parti au Japon parce que c’était compliqué d’exercer ton métier à Paris ?

A Paris c’est compliqué parce qu’il y a beaucoup de bons photographes, donc c’est dur de faire son trou. La ville coûte cher, donc il faut rentrer des revenus, mais le marché des photographes est saturé.

Et puis l’atmosphère commençait à devenir pesante, j’avais un visa, je me suis dit : « aller c’est le moment de partir et de tenter l’expérience ailleurs ».

Pourquoi le Japon ?

C’est un pays qui m’intéresse : J’ai étudié à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales où j’avais travaillé sur la culture japonaise et l’économie internationale. Pendant mes études j’étais déjà allé au Japon l’été pour découvrir le pays et pratiquer la langue. Par la suite je suis retourné en Asie en 2010 professionnellement pour couvrir le G20 à Séoul et le sommet de l’APEC au Japon. J’ai fait un autre séjour au Japon en 2012 pour le collectif Off Source pour un sujet sur les un an du Tsunami et enfin fin 2012 pour exposition photographique pour l’UNESCO.

Fukushima: Tomisawa's brewery inside no go zone in Futaba

Tu arrives à travailler au Japon ?

J’arrive à trouver des contrats avec la presse française ou des sujets pour l’agence Sipa, mais c’est fluctuant. Avec la presse japonaise, je n’ai pas de contrats. Je fais de la photo corporate à côté.

Y a-t-il des différences entre le Japon et la France pour un photographe ?

Déjà, au Japon tu peux encore faire de la photo de rue sans avoir de problèmes alors qu’à Paris c’était devenu compliqué. C’est dingue de dire cela alors que c’était la capitale de la photo de rue, mais aujourd’hui Robert Doisneau il pèterait un câble à Paris, parce qu’on ne peut plus faire de photos de rue sans être sans-cesse ennuyé.

J’aime raconter des histoires, j’aime la photo humaniste mais c’est difficile en France. Si on prend l’exemple des ZAD c’est compliqué de travailler pour les photographes. Quand on voit qu’à Notre Dame des Landes on mettait un brassard jaune pour différencier les photographes autorisés aux autres, je me demande où on va.

Parle-nous de ton travail au Japon, sur quels sujets aimerais-tu te pencher ?

Je veux rester au Japon pour continuer mon travail sur le tsunami. J’ai envie de travailler doucement sur la zone qui a été détruite par le tsunami, pas forcément sur la catastrophe nucléaire mais plus sur la zone au Nord. Selon les endroits les travaux y sont colossaux. Au delà du problème nucléaire, il y a toute cette partie Nord qui a été détruite avec 20 000 morts ou disparus. Je ne sais pas si cela sera vendable mais j’ai envie de prendre mon temps pour travailler sur cette région.

Tacloban Haiyan Typhoon aftermath

Crédits photos : Nicolas Datiche/Off Source

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