Société

Déportation homosexuelle : la Touraine avance

Suite à la polémique soulevée en fin de semaine dernière à Tours en raison du refus du préfet d’Indre-et-Loire d’accorder au Centre LGBT Touraine une présence officielle à la commémoration des déportés de dimanche dernier, une réunion d’urgence a réuni les associations concernées lundi matin à la Préfecture. Réunion qui s’est avérée fructueuse.

«Menée avec conviction par le préfet, cette réunion a été constructive et nous sommes très satisfaits de son déroulé et de son issue», s’est réjouit Sébastien Tuller du Centre LGBT de Touraine joint au téléphone par 37°, «le Centre LGBT Touraine sera bien admis aux commémorations d’avril 2016 au même titre que les autres associations représentant les déportés.»

Le préfet avait justifié son refus en s’appuyant sur une règle du Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants qui stipulait que pour être admis dans les cérémonies de commémoration officielles, il fallait que l’objet principal d’une association soit justement la commémoration des déportés et que cette participation fasse consensus auprès de l’ensemble des autres associations. Or, au delà du caractère très discutable de cette règle, il se trouve que le Centre LGBT Touraine est affilié à l’association «Le mémorial de la déportation homosexuelle» qui, comme son nom l’indique sans ambigüité, entre totalement dans ce critère de «sélection».

Une réunion hier matin a donc réuni quatre associations, dont la section d’Indre-et-Loire de l’Unadif qui avait refusé la présence officielle du Centre LGBT de Touraine aux cérémonies de 2015. Cette reconnaissance est bien tardive et à 24 heures près elle a encore empêché une reconnaissance officielle pour la cérémonie de 2015, mais on ne peut que se réjouir de cette avancée qui fait entrer Tours dans la (petite) liste des villes françaises où les homosexuels persécutés pendant la Seconde Guerre Mondiale sont commémorés comme les autres déportés. Ni plus, ni moins.

Print Friendly, PDF & Email