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[Comment ça marche ?] A Nazelles-Négron, un camping à l’heure du déconfinement

Ce week-end de l’Ascension est vécu comme une libération pour beaucoup de couples, amis ou familles bloqués depuis des semaines… Jour férié + fin des limites kilométriques encouragent à bouger, à réserver un hôtel, un gîte ou un camping. Malgré une météo instable et la fermeture prolongée des châteaux, c’est le rush chez les professionnels du tourisme en Indre-et-Loire. Exemple dans un camping situé tout près d’Amboise…

Pendant la discussion, Jean-Yves Bellet salue régulièrement des clients. L’activité est au beau fixe. « Ce week-end, les hébergements sont quasi tous complets » raconte le directeur du camping Les Patis, situé dans le bas de Nazelles-Négron, tout près de la mairie. « Ça se remplit bien. Il y a pas mal de monde en caravane, en camping-car et même en tente » liste l’homme qui a repris l’affaire en 2019 dans l’optique de booster ce camping municipal désormais placé en délégation de service public par les élus de la commune.

Ex-directeur financer de groupe scolaire, ce Normand d’origine découvre le milieu touristique autant que la Touraine (il dirige par ailleurs un second camping dans la Sarthe). Malgré la crise sanitaire, il ne regrette pas sa réorientation professionnelle : « 2019 était une très bonne année, 2020 s’est bien passée. » Pour 2021, il n’a rien fait avant le 3 mai mais a tout de suite senti l’effet déconfinement sur son carnet de réservation :

« J’ai eu du monde dès le 4. Je le vois les gens bougent, viennent de Normandie, de Bretagne, des Pays de Loire. Souvent pour des randonnées sur la Loire à Vélo, dans un sens ou dans l’autre… même s’ils font plus souvent Saumur-Blois pour avoir le vent dans le dos. J’ai aussi vu deux jeunes parisiennes venues faire le tour des caves en vélo. »

Des duos, des familles, des groupes jusqu’à 10 personnes… L’affluence est hétéroclite. Jean-Yves Bellet gère seul, avec une stagiaire. Il compte 60 emplacements et développe les hébergements insolites, notamment une tiny-house, une mini maison fraîchement arrivée et immédiatement louée (il en commandera d’autres si le succès s’avère durable). Ajoutez à cela des tentes bivouac « adaptées pour les randonneurs vélo avec une cuisine » ou les chalets en bois tout équipés et ça fait un panel « pour tous publics, avec différentes gammes de prix » (jusqu’à 110€ la nuit pour les produits les plus onéreux).

Cette orientation, l’entrepreneur la juge essentielle pour booster l’activité dans un secteur concurrentiel. La présence sur Internet a déjà permis d’attirer d’autres publics, pas seulement les gens de passage. Néanmoins, vu le contexte, les réservations se font surtout à la dernière minute. Pas de quoi inquiéter Jean-Yves Bellet : « L’an dernier, je n’avais aucune visibilité à plus de 3 jours » se souvient-il, avec au final un bon chiffre d’affaire. De quoi le motiver pour décrocher une 3e étoile cet été, après avoir déjà obtenu le label écoresponsable Clef Verte. Et pour multiplier les activités.

Des stages de fauconnerie tout l’été

« C’est un camping qui est très tourné sur la nature. C’est aussi mon cas : j’ai fait du scoutisme, de l’ornithologie, j’ai beaucoup voyagé pour voir des oiseaux à droite et à gauche » raconte le directeur pour justifier son choix d’accueillir tout l’été une spécialiste de la fauconnerie. Pendant plusieurs week-ends, la professionnelle de Montrichard va initier la clientèle qui dort sur place ou qui vit dans le coin. « Les gens vont pouvoir faire voler les oiseaux, des rapaces nocturnes ou des bus. Ils seront dans un espace réservé pour le faire. » Le premier stage est prévu lors du week-end de Pentecôte.

« J’essaie de proposer des activités originales autour de ce que j’aime et de ce que j’ai pu découvrir » poursuit Jean-Yves Bellet qui s’active notamment pour proposer des produits locaux à la carte du food truck du camping ou en petite épicerie (yaourts de brebis, planches de fromages, biscuits, bières). Pour sa clientèle cycliste, et pour tout le monde, il projettera gratuitement le film Alaska-Patagonie : la grande traversée samedi 24 juillet, l’aventure d’un couple qui a parcouru les deux Amériques du Nord au Sud en pédalant. Autres projets : l’accueil d’un kiné pour des massages et ateliers santé dans le courant de l’été « pour apprendre à récupérer et bien s’étirer en randonnée » mais aussi une dégustation de vin hebdomadaire le mardi, avec un domaine amboisien. « Je veux que mon camping soit intégré dans le village » conclut son directeur.

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