Société

« Bêtise crasse »

La Rédaction de 37° tient à réagir et affirmer son soutien à Laurent Geneix, victime d’une campagne de dénigrement de militants contre la Loi Travail suite à son article « Signes des Temps #63 Rébellion souillon sous le Pont Wilson ».

Quel est le tort de notre collègue ? Simplement d’avoir osé critiquer dans sa rubrique hebdomadaire « Signes des temps », les tags inscrits sur une pile du pont Wilson. Pire encore, avoir écrit dans cette chronique personnelle « tout le bien » qu’il pensait des jeteurs de pierre de l’hôpital Necker. Il n’en fallait pas plus pour s’attirer les foudres de cerbères gauchisants du numérique.

La critique des médias fait partie du jeu et elle est d’ordinaire saine. En revanche dans le lot de critiques, certaines sont difficilement justifiables. Passe encore la vision étriquée et la lecture manichéenne des propos de notre collègue, tout le monde ne peut comprendre les nuances d’un texte (ne remettant pas en cause au passage le mouvement contre la Loi Travail en tant que tel). Passe encore d’être catalogué comme média « réac », après tout c’est un point de vue et on est tous le réac de quelqu’un. Passe encore les théories du complot sur les journalistes achetés par on ne sait qui pour délivrer la bonne parole au peuple,  après tout chacun est libre de croire aux théories les plus farfelues qu’il soit…

En revanche nous avons décidé de réagir face au lynchage public, aux intimidations et surtout aux menaces reçues par notre collègue. Nous ne publions pas ce communiqué pour répondre aux agités du clavier et autres trolls, cela fait bien longtemps qu’on a compris que tout dialogue constructif est impossible avec ce genre de personnes, mais nous écrivons ce communiqué simplement  pour dénoncer publiquement des attitudes trop courantes à l’heure des réseaux sociaux.

Loin de nous l’idée de jouer le chapitre des grands dangers des méchants réseaux sociaux. Nous le savons, nous en sommes persuadés, nous en sommes nous mêmes utilisateurs et acteurs, les réseaux sociaux sont la plupart du temps de formidables outils d’échanges, de découvertes et de rencontres. Mais il arrive aussi que ces mêmes réseaux sociaux soient le lieu idéal de ces quelques agités du clavier pour y déverser leur prose au mépris de tout respect et de toute éthique.

Dénigrement, intimidations et menaces

Mais pourquoi répondre ? Pourquoi ne pas laisser couler la chose ? C’était en effet notre intention première, après tout ce cercle militant-troll (ou troll-militant) a tendance à se parler à lui-même, à penser en vase clos et finalement à ne pas être signifiant. Nous nous doutions d’ailleurs que la chronique incriminée allait faire réagir, les chroniques « Signes des temps » étant souvent sur un fil, dans une zone de frottement permanente afin de créer le débat. Tantôt légères, humoristiques, ironiques voire sarcastiques, elles ne sont en revanche jamais haineuses, ni méchantes.

Seulement voilà, aux premiers messages critiques sur les réseaux sociaux mercredi, ont succédé des messages de plus en plus acerbes et dénigrants qui se sont accentués ce jeudi après la sortie sur le site militant La Rotative, d’un billet (anonyme comme dans la grande majorité des billets publiés sur ce site) s’attaquant de nouveau à Laurent Geneix.

La Rotative n’en est pas ici à son coup d’essai et il n’est pas rare sur ce site de voir des billets à charge, des attaques personnifiées envers les journalistes ou autres. Et si La Rotative dans son rôle de média critique, bien que teinté d’un militantisme assumé, peut par moment s’avérer utile avec notamment un travail d’analyse souvent approfondi, les attaques personnelles, les propos caricaturaux et méprisants sont également une marque de fabrique moins glorieuse de ce site. Cette fois ces propos auront eu effet d’une caisse de résonance envers une partie de leur lectorat qui visiblement n’attendait que cela pour déverser sa haine envers ceux ne rentrant pas dans leur case idéologique, étant du mauvais côté de leur pensée binaire,  à commencer par des journalistes forcément suspects (voir coupables) de connivences douteuses. Nous vous le disions, entre le dénigrement et les insultes, des menaces se sont également glissées par messages privés. Et même si ce genre de menaces est rarement suivi d’actes, elles restent des intimidations qui méritent d’être dénoncées en démocratie. Nous les gardons évidemment précieusement en attendant de savoir quelles suites nous donnerons à cela.

En attendant, Laurent Geneix avait finalement raison, la bêtise crasse s’étale bien sur les murs, notamment virtuels et elle n’a visiblement pas de limites.

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