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A Tours, des visages et des fiertés

Samedi, 4 000 personnes ont participé à la 14e Marche des Fiertés de Tours. Un défilé coloré et bruyant dans le centre-ville, une fête autant qu’un événement pour revendiquer les droits de la communauté LGBT+. Le thème 2019 : la célébration de 50 ans de fiertés dans la rue en mémoire des émeutes de Stonewall, ce bar new-yorkais où des émeutes ont éclaté après une descente de la police en 1969. L’année suivante, une première pride avait été organisée dans la ville pour célébrer cette révolte. Aujourd’hui, quelles sont les fiertés des personnes venues marcher à Tours ? Nous leur avons posé la question…

Julien :

« Venir à la Marche des Fiertés c’est participer à un combat commun. Un long combat pour la tolérance qu’on soit bi, gay, trans, pansexuel… On est libre de s’affirmer, de le montrer ou pas. Ce sont des choix de vie. »

 

Miguel :

« Je suis fier de marcher pour montrer mon orientation. Il faut être fier de ce qu’on est parce qu’au quotidien il y a beaucoup de discriminations. »

 

Hélène, Clara et Romane :

« Nous sommes ensemble contre les discriminations. Comme une communion. Cette marche existe pour que tout le monde puisse assumer sa sexualité, qu’on puisse gommer les stéréotypes. Ici il n’y a pas de jugement : l’ambiance est festive, tout le monde se parle. »

 

Caro, Julie, Laurine et Sabine :

« Participer à cette marche c’est pouvoir s’affirmer en tant que lesbiennes, et crier fort : ‘aimez qui vous voulez !’. Ça fait penser au slogan de McDo : ‘venez comme vous êtes’. C’est exactement ça. On vient se réunir ici, on est heureuses et impatientes. C’est une fête pour la liberté, pour la tolérance, sans jugement. Le regard des autres est parfois difficile au quotidien, même s’il y a du mieux. A Loches par exemple, on reste discrètes. Ça se sait mais ne se dit pas. Cela dit, on n’est pas embêtées non plus. »

 

Amanda, en provenance de Savoie :

« C’est compliqué de se dire que 50 ans après il y a encore besoin de lutter. Ce qui est important pour moi, c’est de pouvoir être qui je suis quand je veux et où je veux. Par exemple de montrer mes faux ongles, que j’ai fait moi-même. »

 

Pierre-Alexandre et Sand :

« La Marche des Fiertés est un moment de liberté, d’émancipation, où il n’y a pas de jugement quelle que soit la façon dont tu t’habilles. Qu’il y ait une fierté de dire qui l’on est c’est réjouissant même s’il reste beaucoup à faire. »

 

Parwine et Maël, du collectif Troubles :

« C’est une lutte de tous les jours pour la liberté de tous et toutes, de chacune et de chacun. On a beaucoup avancé mais il y a encore beaucoup de chemin à faire pour les droits des personnes LGBT+. Et notre collectif est là pour revendiquer la culture queer lors de différents événements. »

 

Antoine :

« Aujourd’hui on montre au monde qu’on existe. Qu’on est des milliers, des millions. Il faut que ça se voit comme ça ils ne pourront plus rien faire contre nous. »

 

Mathieu et Rahel :

« Cette année c’est très important de venir pour les 50 ans des événements de Stonewall. Il ne faut pas avoir peur de montrer qui nous sommes. Les discriminations se sont atténuées mais ce n’est pas le cas partout : en Corée, pendant la Pride, il y a aussi une marche conservatrice qui s’affiche contre les personnes LGBT+. Il faut donc encore montrer aux gens qu’on est tous issus de la même base, on est normaux comme tout le monde, c’est juste qu’ils ne connaissent pas notre univers. »

Photos : Delphine Nivelet

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