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A Joué-lès-Tours, la mue du site Michelin se profile enfin

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C’est potentiellement l’épilogue d’un feuilleton qui a débuté il y a 8 ans, lorsque Michelin a annoncé la suppression de 700 emplois à Joué-lès-Tours. Pendant tout ce temps, on s’est demandé ce que la friche de 17ha dépourvue d’activité industrielle allait devenir. Il y a eu des projets autour de la logistique ou des loisirs… Tous retoqués. Jusqu’à la signature d’un compromis de vente le 12 octobre 2021 en vue de construire un quartier d’affaire dimensionné pour 5 000 emplois.

Petits fours et verres à partager… Malgré la 5e vague Covid qui s’intensifie, pas question de bouder le plaisir de fêter une grande étape dans le processus de requalification du site Michelin de Joué-lès-Tours. La salle des mariages de l’Hôtel de Ville jocondien est donc réquisitionnée pour une conférence de presse qui réunit les élus, le service économique de Tours Métropole, la Société d’Equipement de la Touraine, le fabricant de pneus, l’entreprise Axial qui va investir son ancien terrain et l’architecte en charge des plans.

Ça fait plus d’un an et demi que tout ce petit monde discute en coulisses pour finaliser la vente du terrain de 17ha libéré de toute activité industrielle (Michelin garde seulement une petite partie pour une usine qui emploie encore un peu plus de 200 personnes. Les premières tractations ont débuté avant les élections municipales de 2020 et le début de la pandémie. « Je n’aime pas les effets d’annonce donc je n’avais rien dit à personne » commente le maire de Joué Frédéric Augis, pas peu fier de son coup (et qui promet d’autres annonces d’ici quelques jours, cette fois au sujet de la friche Tupperware).

Jusqu’à 280 000m² de locaux à occuper

Alors qu’a-t-il réussi à bâtir ? Pour l’instant rien, à part des promesses aptes à faire saliver les promoteurs, entreprises du BTP et professionnels désireux de s’installer dans des locaux modernes et fonctionnels (ce qui est déjà pas mal). L’élu également président de Tours Métropole promet donc un projet « ambitieux, au top de l’économie du XXIe siècle. On devait à ce site une ambition à la hauteur de ce que Michelin a fait pour la ville » (lorsque le fleuron industriel français y employait jusqu’à 4 000 personnes, faisant exploser sa population passée de 9 000 à 18 000 habitants dans les années 60, pour s’approcher tranquillement des 40 000 aujourd’hui). Et Frédéric Augis de remercier le représentant de la marque au Bibendum pour sa « confiance », épilogue heureux après des échanges parfois tendus par presse interposée ces dernières années.

A première vue, tout le monde semble s’en sortir avec les honneurs. Michelin vend son terrain à la SET et Exial pour « plus de 10 millions d’€ » (le seul chiffre qu’on a daigné nous communiquer) et les collectivités s’offrent un beau projet sur lequel communiquer en période de relance économique. L’ambition est de faire d’ici 15 ans un quartier d’affaire capable d’accueillir environ 5 000 salariés dans 230 à 280 000m² de bâtiments certainement hauts de 3 à 4 étages comprenant environ 180 000m² de bureaux, 30 000m² dédiés à la production, 10 000m² pour des équipements de loisirs… Il est question de crèches, de restaurants, de commerces, de sites sportifs et surtout d’une passerelle piétonne reliant le quartier à l’Espace Malraux et au Lac des Bretonnières pour créer la liaison douce qui manque à Joué-lès-Tours, coupée en deux par le périphérique.

Préfiguration du site tel qu'il sera en 2040.

L’axe de communication est le suivant : les Deux-Lions affichent complet à Tours, alors orientons les entreprises vers le site Michelin de Joué situé au bord de la rocade, à proximité de l’autoroute, de la ville et de la voie ferrée (10 minutes du centre-ville de Tours si un projet de tram-train à hydrogène voit le jour pour la ligne Rémi reliant Tours à Loches). Malgré la tendance au télétravail, le directeur de la SET Clément Minier assure que pour l’instant la demande de bureaux ne faiblit pas à Tours Métropole : « Elle est de 29 000 à 35 000m² par an, y compris en 2020 et 2021. » Sauf que l’agglo peine à fournir les bâtiments nécessaires, ou alors dans des zones vieillissantes qui auraient besoin d’être retapées. Les 17ha jocondiens semblent donc l’opportunité idéale.

Des nouvelles plus précises avant l’été 2022

« Notre seule ambition c’est de faire le meilleur. Nous voulions être une référence pour l’avenir de l’économie dans le département et en Centre-Val de Loire » s’avance Frédéric Augis sans trembler. « C’est le sceau de l’ambition » fanfaronne également Clément Minier. Quant à l’architecte Clément Blanchet, il présente ses premiers plans à la façon d’un pitch de startup week-end promettant « un cœur paysager et des bâtiments agiles selon les besoins », « un lieu de destination pour Joué-lès-Tours », « de tisser des lignes pour connecter le territoire », « de faire mûrir de nouveaux paysages » ou encore « de recréer un territoire fertile ». Concrètement, le site pourrait être organisé autour d’un par central, façon pneu pour l’écho à Michelin. Avec des voies en étoile. Les accès seraient assurés par les deux proches sorties du périphérique, et pourquoi pas par un bus à haut niveau de service à la façon de l’actuelle ligne 2 du réseau Fil Bleu.

Pour l’instant, aucun nom d’entreprise intéressée en vue mais de toute façon les travaux ne commenceront pas avant 2023 pour de premières installations en 2025 et jusqu’en 2038-2040 selon le calendrier dévoilé. Mais le flux d’arrivées « dépendra du contexte économique » reconnait-on face à nos questions. Clément Minier de la SET fait le pari que c’est le genre d’endroit qui peut notamment correspondre aux entités souhaitant fuir les très grandes métropoles « devenues invivables ». Il promet de nouveaux éléments d’ici juin 2022 pour préciser les ambitions du chantier qui promet déjà d’être l’un des plus ambitieux des prochaines années… en « concurrence » avec celui envisagé pour l’aéroport de Tours, friche militaire également à réexploiter.

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