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Wilfried Schwartz officiellement président de Tours Métropole (malgré un coup de théâtre)

 

Depuis plusieurs jours l’affaire semblait entendue : prenant acte du basculement politique à gauche de la ville de Tours après les élections municipales, le président de Tours Métropole Philippe Briand (encarté à droite chez Les Républicains) renonçait à se présenter à sa propre succession. Après négociations politiques, le nom du maire de La Riche Wilfried Schwartz avait émergé pour prendre sa suite. Et c’était le seul.

Cela dit, le président d’une collectivité n’est pas nommé. Il doit être élu par l’assemblée, en l’occurrence les 87 conseillères et conseillers représentant 22 communes de Tours à Villandry en passant par La Membrolle, Chambray, Mettray, Berthenay ou Joué-lès-Tours. Le scrutin s’est déroulé ce vendredi soir à Mame, la Cité de la Création et de l’Innovation qui abrite un consortium de jeunes entreprises. Un lieu plus adapté que le conseil métropolitain des Deux-Lions, pas assez grand pour accueillir tout le monde.

La séance a commencé à 18h avec un propos du président sortant. Maire de Saint-Cyr-sur-Loire, Philippe Briand est revenu sur les dernières années en évoquant la transformation de la communauté d’agglomération Tour(s)Plus fondée avec l’ancien maire de Tours Jean Germain :

« Devenir une Métropole ce n’est pas rien. C’était un rêve. On ne devait pas devenir Métropole, le ministre de l’époque (Jean-Michel Baylet, ndlr) nous avait dit non mais ça avait du sens. C’est important car demain les efforts de l’Etat se concentreront d’abord sur les 22 Métropoles. »

Chaleureusement applaudit, le président sur le départ a remercié les 1 700 agents de l’agglomération et rendu hommage au directeur général des services, Frédéric Baudin-Cullier. Il a conclu en citant notamment l’ancien président Jacques Chirac et un maire historique de Tours (Jean Royer) : Philippe Briand a ainsi noté que « la véritable aventure politique c’est de conquérir le pouvoir pour en faire quelque chose, en dépassant quelques fois ses quelques contradictions » puis que les batailles politiques n’étaient « jamais perdues d’avance. »

Apparemment, il a été entendu par le maire de Saint-Pierre-des-Corps. Elu le 28 juin, Emmanuel François a mis fin à 100 ans de communisme dans la commune. Et il a déclaré sa candidature au poste de président sans avoir annoncé son intention auparavant. Il s’oppose donc à Wilfried Schwartz, qui s’est présenté comme prévu juste avant lui. Prenant la parole, le médecin de profession a déclaré ceci :

« Je propose de faire naître d’autres alternatives. Maire d’une ville où le jeu démocratique a toujours été compliqué, je viens apporter de la fraicheur et un renouveau. N’y voyez pas la remise en question du conseil mais un engagement pour encourager l’expression des opinions diverses. Dans cette assemblée, combien se sentent privés de choix par la désignation de facto d’un candidat unique ? Force est de constater qu’en étouffant le feu on a fini par perdre la flamme. Une élection à plusieurs choix est le gage de la légitimité du futur élu. Je vous propose de choisir. »

Présidée par la doyenne de l’assemblée Francine Lemarié (élue à Saint-Cyr-sur-Loire), la séance s’est donc poursuivie par le vote à bulletins secrets. Résultat : 2 votes blancs, 11 voix pour Emmanuel François et 74 voix pour Wilfried Schwartz qui obtient donc le poste.

A 35 ans, l’ancien socialiste aujourd’hui non encarté a été largement réélu maire dans sa commune dès le 1er tour le 15 mars. Engagé en politique depuis 18 ans et le deuxième tour Chirac-Le Pen de la présidentielle 2002, il était jusqu’ici vice-président en charge de la politique de la ville à l’agglomération. Il prend donc les commandes d’une collectivité de 300 000 habitants pour 6 ans, celle-ci ayant notamment à gérer les transports, la distribution de l’eau, la collecte des déchets, l’enseignement supérieur, l’économie ou le tourisme. « Tu dois cette fonction à tes compétences. Tu es vrai dans tes convictions, tu peux être fier » a salué Philippe Briand.

Emu, Wilfried Schwartz, a d’abord précisé qu’il avait « bien fait » de dire à ceux qui l’avaient félicité avant le vote que « ce n’était pas gagné. » Rendant hommage à ses prédécesseurs Philippe Briand et Jean Germain, il poursuit :

« J’ai conscience des responsabilités que vous m’avez confié et ça m’oblige. Notre Métropole sera collective. Nous devons poursuivre ce travail d’union. C’est en s’appuyant sur les atouts de nos villes que notre territoire pourra relever le défi d’un développement équilibré et solidaire. Je vous proposerai la mise en place rapide de pôles de proximité avec un vice-président ou une vice-présidente délégué.e à l’égalité des territoires. Notre Métropole devra être vigilante à la rentrée pour aider les entreprises en difficulté et nos concitoyens dans la précarité. C’est aussi la Métropole de la transition écologique qui sera le premier des enjeux : nous relèverons ce défi. Je vous proposerai aussi une nouvelle délégation à la transition citoyenne. »

En cadeau de bienvenue, le nouveau président a reçu un stylo signé de l’artiste tourangeau Michel Audiard.

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