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Tours Métropole : un équilibre remis en cause ?

Nouveau maire à Tours, crise au conseil municipal de La Membrolle… Passée l’euphorie du début d’année, la métropole, si récente soit-elle, va-t-elle connaître sa première crise de gestion ?

Jusqu’à présent, la Métropole a gardé son fonctionnement initial, issu de la communauté d’agglomération Tour(s) Plus. Dans ce système choisi au temps de Jean Germain, le poids de la ville de Tours est minoré pour éviter une hégémonie face aux communes voisines. Sur 55 conseillers, la ville centre en a ainsi que 11. Un système dit de cogestion, trans-partisan et trans-communal avec une répartition des rôles équilibrés entre les communes qui satisfaisait tout le monde jusqu’à présent.

La crise de La Membrolle risque de peser lourd sur la métropole

Oui mais à la prochaine élection, la métropole devra se mettre aux normes de la loi qui stipule que chaque commune devra être représentée au prorata de son nombre d’habitants. En clair, demain la métropole passera à 82 conseillers dont 38 pour la seule ville de Tours.

Un cas de figure sensé ne s’appliquer que lors des prochaines élections municipales (qui déterminent également les conseillers métropolitains). Oui mais voilà, la loi stipule également qu’en cas de nouvelle élection dans une seule commune membre, les nouvelles dispositions s’appliqueront automatiquement. Et cela pourrait arriver rapidement.

En effet du côté de La Membrolle, le Conseil Municipal vacille avec une pluie de démissions sous couvert de désaccords avec le maire, Sébastien Marais. Conséquence, la petite commune du nord de l’agglomération risque d’arriver au seuil fatidique du tiers des sièges vacants, avec à la clé de nouvelles élections municipales. De quoi remettre donc en cause l’équilibre métropolitain dans son ensemble avec une nouvelle répartition en son sein.

Image d'archives (c) 37 degrés
Image d'archives (c) 37 degrés

Les ambitions de Tours revues à la hausse

Cette épine dans le pied de la récente métropole est à coupler de plus avec les ambitions revues à la hausse du côté de l’Hôtel de Ville de Tours. Alors que depuis 2014, beaucoup ont observé une perte d’influence de la ville centre au profit d’un Philippe Briand, devenu président de l’intercommunalité et patron tout puissant de celle-ci, l’élection de Christophe Bouchet pourrait changer la donne.

« Tours devra être une ville forte au sein de la Métropole », a d’ailleurs déclaré le maire tourangeau quelques minutes après son élection mardi. Une façon d’affirmer ses prétentions pour la ville et envoyer un signal à qui veut l’entendre.

Un bras de fer risque-t-il dès lors de s’engager ? C’est possible, d’autant plus que beaucoup avaient vu dans la candidature de Xavier Dateu, la main-mise de Philippe Briand en arrière-plan. A ce titre cette phrase de Christophe Bouchet prononcée mardi soir est loin d’être anodine : « La politique de la ville de Tours se fera ici, dans cet Hôtel de Ville et pas ailleurs. C’est une des leçons de ce scrutin ».

Le maire de Tours pourrait profiter de la nouvelle répartition des sièges pour affirmer les prétentions de la ville. Oui mais le vote d’une dizaine de membres de la majorité municipale pour Xavier Dateu pourrait être un frein aux ambitions de Christophe Bouchet. Avec l’augmentation du nombre de représentants à la métropole, le maire de Tours le sait, cela ouvre des sièges au groupe informel autour de Xavier Dateu, avec le risque que ces derniers préfèrent l’option Philippe Briand, véritable mentor pour certains, à celle de la solidarité municipale tourangelle.

Christophe Bouchet en est conscient. Interrogé sur l’avenir de Céline Ballesteros (proche de X.Dateu) au sein de la majorité (ndlr : elle a perdu sa délégation d’adjointe), il n’a pas manqué de stipuler en jouant l’apaisement : « On va avoir besoin d’une réserve de compétences et de disponibilités fortes dans les mois à venir. Il y aura beaucoup de montées de conseillers municipaux dans d’autres structures ». Pas sûr néanmoins que les intéressés s’en contentent…

C’est donc un bras de fer qui pourrait se profiler entre Philippe Briand (mais aussi plusieurs maires de la métropole) et la ville de Tours. Mais avant cela, un premier challenge métropolitain attend déjà Christophe Bouchet. Comme il s’y était engagé, il propose en effet le poste de vice-président de la métropole revenant à la ville de Tours à son adjoint à l’économie Thibault Coulon. Une sorte de ticket entre les deux élus qui ne fait pas non plus que des heureux du côté des élus de la métropole, qui pourraient refuser ce choix. Un premier round qui en dira long sur les lignes de forces au sein de la métropole mais qui jouera également sur la dynamique du début de mandat de Christophe Bouchet.