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Tours : Les mesures phares du projet culturel

C’est tout le gratin du milieu culturel, toutes disciplines et tous types de structures confondus qui s’est donné rendez-vous hier matin dans le grand hall lumineux de la flambant neuve Ecole Supérieure des Beaux-Arts pour écouter l’annonce des grandes lignes de la politique culturelle de l’ère Babary.

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DSC_2418Tours, cité de la musique

Parmi de nombreux projets, on notera une avancée importante côté musiques anciennes, avec la création historique d’un grand festival à l’automne 2016 qui devrait enfin rassembler et mettre en valeur localement cinq ensembles tourangeaux de renommée internationale. Un label « Tours Cité de la Musique » bien que très embryonnaire, devrait compléter cette dynamique en incluant notamment le Conservatoire, Le Petit Faucheux, Jazz à Tours et – mais c’est encore flou – les groupes locaux de musiques actuelles. Interrogée par nos soins sur l’aspect concret de ce label, Christine Beuzelin a évoqué qu’il était pour le moment au stade de la réflexion mais espère qu’il servira à « une reconnaissance pour ceux qui seront labélisés, notamment lors de concerts hors de la Touraine ». Quant à savoir si ce label servira à une mise en avant en local des ensembles retenus, notamment par des espaces de diffusion à Tours, l’adjointe à la culture est plutôt restée floue à ce sujet.

En revanche, Christine Beuzelin a annoncé que la ville de Tours allait dégager 10 000 euros en fin d’année pour rejoindre le Groupe d’Intérêt Public Cafés Cultures. Ce fonds d’aide national à l’emploi artistique dans les cafés doit favoriser la diffusion d’artistes locaux dans les lieux de vie de la ville. Dans les faits, les 10 000 euros versés par la ville serviront à prendre en charge une partie de la rémunération des artistes à la place des cafés qui les accueillent. Ce dispositif incitatif doit ainsi favoriser la diffusion artistique en ville en encadrant cette pratique.

Une biennale « Matière et mouvement » à partir de 2018

Au revoir Rayons Frais, bonjour « Matière et Mouvement ». Si le premier est passé sous forme de label depuis cette année avec comme axe le soutien à la création et à la diffusion, une nouvelle biennale devrait voir le jour à l’horizon 2018. Nommé « Matière et mouvement », cet évènement entend en collaboration avec l’Ecole des Beaux-Arts notamment, mettre en avant la « production sculptée, théâtralisée ou dansée ».

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Le théâtre, parent pauvre de la culture ?

Le théâtre a été la discipline la moins citée dans cette présentation. Simple oubli ? Le Directeur des Affaires Culturelles Bruno Lonchampt nous a rappelé par la suite qu’entre la Salle Ockegheim, le Petit Faucheux, Thélème, le Volapük et le Conservatoire (dont la chapelle sera prochainement restaurée) il existait à Tours des lieux de création et/ou de diffusion d’art dramatique non négligeables, même si lui comme les élus reconnaissent que Tours manque de lieux de spectacle de taille moyenne. Manque que la riche offre culturelle de l’agglo (qui a été citée à plusieurs reprises hier matin) ne saurait tout à fait combler, l’accessibilité à la culture passant aussi par une certaine proximité géographique.

Lieux en stand-by

Pas de déclaration fracassante sur le Bateau Ivre ou Le Plessis : quand pour l’un on n’en finit plus de constater que les travaux vont coûter cher, que l’agglo pourrait peut-être racheter la chose, mais peut-être pas, pour l’autre on attend avec apparemment beaucoup d’intérêt le résultat d’une étude d’un « bureau de contrôle » avant de savoir ce qu’il pourrait advenir des lieux. Quant au départ de la Compagnie Cano Lopez, pas de changement : il est prévu au 1er janvier 2016, « sauf que Monsieur Cano Lopez a dit qu’il ne partirait pas » a rappelé une Christine Beuzelin mi-dépitée mi-dubitative. Serge Babary au sujet du Bateau Ivre a rappelé qu’il restait attaché à ce lieu « symbolique », qui représente de plus « un intérêt de conservation » qui doit si possible « préserver sa destination culturelle ». A l’est tourangeau, rien de nouveau, donc.

Le CCNT va déménager

Après l’inauguration pour cette rentrée de l’Ecole des Beaux-Arts, les deux futurs grands aménagements structurels sont l’extension du Musée des Beaux-Arts et le déménagement du CCNT sur le site de Beaumont-Chauveau pour permettre enfin à ce centre national de haut-niveau de pouvoir donner une nouvelle dimension à son potentiel, que ce soit en terme de formation que de création ET de diffusion. Un projet qui contribuera sans aucun doute encore davantage à placer Tours sur une place de choix côté danse (ce à quoi contribue aussi l’exceptionnelle programmation de l’Espace Malraux cette année). « Pour ce projet, nous n’en sommes qu’à l’étude de faisabilité et à un travail autour d’un cahier des charges avec les différentes collectivités impliquées et l’Etat » nous a dit Christine Beuzelin, qui n’a pas souhaité s’engager sur une date d’ouverture pour l’instant.

Nous aurons évidemment l’occasion de revenir en détails sur l’ensemble de ce projet dans les semaines à venir.

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