Politique

« Tours 2020 » : un petit air de déjà vu…

Ce samedi, au centre de vie du Sanitas, l’opposition municipale s’est rassemblée autour d’élus et de citoyens. Le but : lancer l’association Tours 2020 en vue de la reconquête, par la gauche, de la mairie de Tours. Une stratégie et un lancement qui rappellent un temps pas si lointain…

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Printemps 2008. Renaud Donnedieu de Vabres vient de perdre largement les élections municipales devant Jean Germain. Au lendemain de cette cuisante défaite, Serge Babary, élu de l’opposition municipale aux côtés de l’ancien Ministre de la Culture, démissionne. Un an plus tard, il décide de rassembler des élus de droite et des citoyens au sein de son association toute naissante, « Evolu’Tours ».

Janvier 2016. Jean-Patrick Gille, député et conseiller municipal d’opposition, démissionne. Chantre du principe du non-cumul, le tout nouveau conseiller régional et député, dit au revoir pour un temps du moins, à ses collègues de gauche à la mairie. Quelques semaines plus tard, ses « amis » de l’opposition décident de créer « Tours 2020 » pour repartir à la conquête de la mairie. Les similitudes entre ces deux « instants » de la vie politique tourangelle pourraient faire sourire. Pourtant, il convient de constater que c’est dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures soupes.

Il n’est pas étonnant de voir que la droite et la gauche tourangelle utilisent les mêmes armes

La tactique visant à se rassembler en marge de ses mandats au sein d’une structure associative est aussi vieille que notre République. Dans ce cas, il n’est pas étonnant de voir que la droite et la gauche tourangelle utilisent les mêmes armes. Certains diront que c’est faire de la politique sans ambitions novatrices, d’autres au contraire y verront là l’exemple parfait d’une démocratie participative entre élus de base et citoyens. Avec pour maîtres-mots : « faire de la politique autrement » …

Peut-être est-ce ce qui anime aujourd’hui les amis de feu Jean Germain. Amis et élus sentant que le vent souffle dans leur direction depuis les résultats des élections régionales. Pour cela, les bras sont tendus vers des citoyens qui veulent encore croire que les « politiques » ont des idées et que le débat est encore possible. Pour Cécile Jonathan, Pierre Commandeur ou Nicolas Gautreau, samedi, quatre prérequis à cette main tendue aux citoyens et militants présents au centre de vie du Sanitas : Respect de chacun, écoute, bienveillance et attitude positive et constructive… Quatre mots comme une incantation à chasser les mauvais esprits qui rôdent aujourd’hui dans les partis de gouvernement. Ce qui semble aller de soi doit être rappelé, comme si cela n’existait plus.

Pistes cyclables, délinquance, nouvelle ligne de tramway, déjections canines, etc… autant de sujets mis sur la « table »

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Pour accompagner les élus à l’origine de cette nouvelle association, deux coachs venus dynamiser autour d’un jeu appelé « le débat mouvant » pour favoriser la participation. Pour cela une question était posée : « Les changements climatiques sont-ils dramatiques par ici ? ». Au sol, deux grandes feuilles opposées l’une de l’autre : « Oui » et « Non ». La trentaine de participants est invitée à se placer sur le « oui » ou sur le « non » pour répondre à la question. S’ensuit un débat et des argumentations des participants pour pousser ceux qui ont fait le choix du « oui » à passer de l’autre côté et vice-et-versa. Pour Cécile Jonathan, le but c’est que « tous types de sujets soient abordés par les citoyens ». Puis ensuite, les participants se sont rassemblés autour de trois tables représentant les parties de la ville de Tours : le Nord, le Centre et le Sud. Le but : proposer des mesures concrètes pour améliorer la vie dans les quartiers. Pistes cyclables, délinquance, nouvelle ligne de tramway, déjections canines, etc… autant de sujets mis sur la « table ».

Comme « Evolu’Tours », « Tours 2020 » veut travailler sur les sujets municipaux et rassembler au-delà des militants. La société civile est une cible. C’est même société civile qui boude et maudit de temps en temps les élus… Des élus qui pour la plupart font de leur mandat un sacerdoce au service de l’intérêt général.

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