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Sophie Métadier : l’héritière de Sophie Auconie se lance vers la députation

La députée UDI Sophie Auconie a choisi de démissionner de son mandat pour raisons de santé, affaiblie par son cancer aux deux seins. Cette décision va entraîner l’organisation d’une élection législative partielle sur la 3e circonscription d’Indre-et-Loire qui englobe le sud-est de l’agglo tourangelle et du département (en particulier tout le Lochois). Ce scrutin devrait avoir lieu printemps et – à ce jour – une seule candidate a fait connaître son intérêt pour le poste : la maire de Beaulieu-lès-Loches, soutenue par l’élue démissionnaire. L’occasion de faire connaissance avec Sophie Métadier…

Sophie Métadier est mairie de Beaulieu-lès-Loches depuis 13 ans et vice-présidente de la communauté de communes Loches Sud Touraine. Elle prévient : « Jusqu’ici je me suis consacrée à mes mandats locaux, j’ai suivi la politique nationale avec un regard intéressé mais sans me positionner. Il faut me laisser du temps pour creuser les dossiers, je n’aime pas prendre de positions de manière abrupte. » Cette femme de 59 ans se présente pour un poste de députée mais ne se sent pas encore bien à l’aise pour s’exprimer sur les sujets de politique nationale. Au cours de cette première interview, ne pas compter sur elle pour discuter de la réforme des retraites. Néanmoins, elle se fait assez loquace sur des sujets comme la loi Climat actuellement en débat au parlement :

« C’est un texte très ambitieux. Il y a des choses intéressantes qui sont en train d’être discutées comme la question de l’artificialisation, un sujet que je suis de près en tant qu’urbaniste. Il ne faudrait pas que cette loi nous mette des bâtons dans les roues, en faire une nouvelle usine à gaz de normes dont l’excès pose de vrais problèmes. A force d’imposer des choses par la loi ça devient contre-productif. »

Parisienne d’origine, Sophie Métadier s’est installée en Touraine au milieu des années 80 : un coup de cœur pour le territoire après un séjour chez des amis, déjà dans le Lochois (à Ferrière-sur-Beaulieu). Mère de deux enfants « que j’ai eu très jeune », également grand-mère, elle a emménage à Beaulieu-lès-Loches dès 1991, a été 4 ans responsable du service urbanisme de la ville de Loches avant de travailler au sein du cabinet Lacaze (urbaniste et géomètre) puis d’exercer en libéral jusqu’en 2013. Désormais, elle se concentre sur la politique : « J’ai toujours été très engagée sur la vie civile, notamment en fondant et présidant l’association Touraine Insertion en 2006. Je trouve le mandat d’élue locale passionnant et j’espère que cette expérience pourra m’être utile. »

Un engagement contre l’implantation d’éoliennes

La 3e circonscription d’Indre-et-Loire, Sophie Métadier en parle comme d’un territoire « très divers, assez contrasté entre le nord clairement urbain et le sud rural. Il y a de grands défis à relever en termes d’agriculture et d’environnement. » Complètement favorable au test de trains à hydrogènes récemment validé pour relancer la ligne SNCF Tours-Loches, elle s’engage avec vigueur dans le combat contre l’implantation d’éoliennes en Sud-Touraine :

« L’Etat ne tient pas compte de l’avis des maires et de la population ce qui est absolument dramatique. Si on prend l’exemple du projet de Vou et La Chapelle-Blanche-Saint-Martin on risque de se retrouver avec des éoliennes imposées, ce qui parait insensé. Le lobby éolien a presque la mainmise. Dans ce domaine là on n’écoute pas assez les territoires. »

L’aménagement du territoire, voilà justement le genre de sujets que la candidate voudrait porter en priorité en cas de victoire (sa commune a récemment rejoint le programme Petites Villes de Demain qui garantit un soutien de l’Etat sur certains projets locaux). Elle compte aussi œuvrer pour « la revitalisation du patrimoine » qu’elle voit comme « une véritable source de développement. »

Une élue Macron-compatible

Quitter la mairie et la communauté de communes en cas d’élection au Palais Bourbon c’est justement ce qui a fait hésiter Sophie Métadier avant de lancer sa campagne. Elle a tranché dimanche 7 mars et annoncé la nouvelle trois jours plus tard. « Sophie Auconie et le sénateur Pierre Louault sont venus me chercher parce que Gérard Dubois (suppléant de Sophie Auconie) ne voulait pas y aller, ni le maire de Loches Marc Angenault. Tous deux savaient que j’aurais aimé exercer un mandat au-delà du cadre très local. J’ai toujours été animée par l’envie de faire bouger les choses, j’ai eu la chance d’avoir une éducation extrêmement égalitaire et tonique. Mes parents m’ont toujours poussée dans mes objectifs. »

Dans sa jeunesse Sophie Métadier a été militante auprès d’Amis de la Terre avant de rejoindre l’UDI. Indulgente avec la gestion de la pandémie par le gouvernement, elle a eu de la sympathie pour le mouvement des Gilets Jaunes à ses débuts avant de déplorer les violences et blocages qui ont suivi.

Sa vision de la personnalité politique ? « Quelqu’un d’irréprochable ». Se disant complètement Macron-compatible, plus proche d’LREM que des Républicains, elle est aujourd’hui non encartée expliquant qu’elle n’est « pas à l’aise » avec les partis : « J’aime garder mon indépendance de vue. » Selon elle il est encore trop tôt pour dire par quels mouvements elle sera soutenue dans sa démarche électorale (le parti LREM a néanmoins annoncé qu’elle aurait son appui). Si, pour l’instant, personne d’autre ne vient la challenger sur le terrain de cette législative partielle, l’élue locale s’attend à une démarche difficile : une campagne dans un temps très court, en pleine crise sanitaire et dans un contexte où la défiance envers les élus de premier plan ne cesse de s’accroître. Cela dit, elle envisage l’exercice comme un tremplin et s’inscrit déjà pour mener bataille pour la députation lors du renouvellement total du parlement en 2022.