Présidentielle : le cri d’alarme d’un maire d’une commune rurale

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« Je considère que Marine Le Pen peut gagner et que ce serait une catastrophe. En tant que maire, je pense que mes concitoyens attendent de nous, les élus, que nous portons nos convictions, c’est ce que je fais avec cette tribune. »

Soutien d’Emmanuel Macron dès le premier tour, le maire de Génillé, Henri Alfandari ne montre aucune satisfaction aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Dans sa commune, contrairement à d’autres communes rurales, le vote RN n’a pas eu de percée, arrivant en deuxième position (23,10%) derrière Emmanuel Macron (30,06%). Un vote plutôt conforme aux résultats nationaux mais qui l’inquiète malgré tout : « On s’est habitué à la présence du Rassemblement National en en oubliant le danger, or à force de ne pas le voir, on arrive avec une extrême-droite en capacité de prendre le pouvoir. »

Le constat est alarmiste, et il a tenu à le partager dans une tribune ouverte qu’il ouvre par ces mots : « Dimanche dernier, les Français se sont déplacés pour s’exprimer dans les urnes. Et ce qui en ressort, pour beaucoup d’entre eux, c’est de la colère. Un sentiment d’abandon, l’impression d’être déconsidérés par une classe politique jugée déconnectée de la réalité, prompte à dégainer des chiffres pour clore le débat sitôt lancé, plutôt que de prendre le temps d’écouter, de comprendre, d’expliquer, d’entraîner. Le résultat, c’est une société plus divisée que jamais, qui perd peu à peu le sens d’un monde à construire en commun. Ce premier tour aura fait la part belle aux extrêmes. Pour beaucoup de Français, moins par conviction que pour faire entendre leur voix, à tout prix, même déformée. Tous ceux-là, à qui l’offre ne convenait pas, ne pouvaient pas « voter pour ». Mais plutôt que de s’abstenir, ils ont préféré « voter contre ». Tout, plutôt que le silence. »

La tribune complète ici

Le maire de Génillé appelle ainsi à enfin « entendre et écouter les votes de colère » et arrêter de « répondre aux maux par de simples mots dénués d’actions ». Pour Henri Alfandari, les instances nationales doivent mieux écouter et repartir des territoires pour réinstaurer le dialogue avec la population qui ne se sent pas entendue. « Quand on lui parle de grands chiffres, de retours de la croissance, ce n’est pas ce que la population vit ou ressent au quotidien. Il y a une vraie paupérisation qu’il faut prendre en compte » cite-t-il en exemple.

De manière plus générale, il évoque une « illisibilité des institutions » et appelle à les revoir, en intégrant la population aux décisions. « Il faut en redonner voix au chapitre à tous ceux qui croient, à tort ou à raison, l’avoir perdue […] pour accompagner et équilibrer l’action du gouvernement en la nourrissant du terrain. » Restaurer le dialogue, c’est le sens du message qu’il veut envoyer en partant de l’ancrage local, le dernier échelon où il existe encore selon lui.

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